Ramon Zenhäusern pense à la retraite
Swiss-Ski fera-t-elle preuve de clémence envers Ramon Zenhäusern? La question se pose après le slalom de Kranjska Gora. Avec une 24e place, le Valaisan a largement manqué la qualification pour la finale de la Coupe du monde et n’occupe que le 36e rang au classement de la discipline. Le skieur, vainqueur de six courses de Coupe du monde entre 2018 et 2023, a confié dimanche à Blick: «Après cette saison, je vais m’asseoir autour d’une table et examiner quelles sont les options qui s’offrent à moi. Une option sera aussi de prendre ma retraite».
Ramon Zenhäusern pourrait en effet mettre un terme à sa carrière si la direction sportive de Swiss-Ski lui retirait son statut de cadre. En principe, les athlètes de plus de 29 ans qui ne figurent pas dans le top 30 de la Coupe du monde sont exclus du cadre national et renvoyés vers leur association régionale.
Or Ramon Zenhäusern, qui fêtera bientôt ses 34 ans, ne remplissait déjà pas les critères de sélection l’an dernier. Il avait toutefois conservé sa place grâce à une décision de l’encadrement et obtenu un statut dans le cadre C. Cette fois encore, le chef du slalom, Matteo Joris, prend la défense du médaillé d’argent du slalom olympique 2018. «Nous ne devons pas oublier que Ramon a réalisé le deuxième meilleur temps lors de la deuxième manche à Adelboden. De plus, nous n’avons actuellement pas beaucoup de jeunes talents en slalom en Suisse. C’est pourquoi je ne laisserais pas tomber un athlète aussi expérimenté que Ramon», explique Matteo Joris.
L’entraîneur se montre même optimiste: «Au vu des fortes performances que je vois de lui à l’entraînement, je le crois capable de monter encore une fois sur le podium l’hiver prochain». Que pense Hans Flatscher, chef du département de ski alpin de Swiss-Ski, du cas Ramon Zenhäusern? «Indépendamment du fait que Ramon reste ou non dans notre cadre, il y aura des possibilités d’obtenir notre soutien».
La grande réconciliation
Atle Lie McGrath vient probablement de vivre les pires semaines de sa carrière. Peu après le décès de son grand-père bien-aimé, le Norvégien a été éliminé du slalom olympique alors qu’il était en tête à mi-parcours. Dans la foulée, l'entraîneur suisse Thierry Menet a été désigné ennemi public par les médias norvégiens. La raison: l’entraîneur a exulté sous les yeux d’Atle Lie McGrath juste après son élimination. Interrogé plus tard sur la scène, le Norvégien s’était contenté de secouer la tête: «Je n’ai rien à dire à ce sujet, ce que j’en pense est clair».
Depuis, la situation s’est apaisée. Dimanche, Atle Lie McGrath a fêté sa sixième victoire en Coupe du monde lors du slalom de Kranjska Gora. Et la réconciliation avec l'entraîneur suisse de slalom semble désormais proche. «J’ai téléphoné à Atle peu après le slalom olympique», explique Thierry Menet. «Je lui ai assuré que j’avais beaucoup de respect pour lui. J’étais déjà entraîneur lorsque son père Felix McGrath courait pour les Etats-Unis dans les années 1980. Mais si j’ai réagi avec autant d’émotion après son abandon, c’est parce qu’il a permis à Loïc Meillard de devenir champion olympique. Et je rêvais depuis longtemps d’un succès aussi grand.» Les deux hommes pourraient bientôt tourner définitivement la page. «Nous avons convenu avec Atle que nous prendrions bientôt un café ensemble», conclut Thierry Menet.
La star du slalom boycotte les chaînes de télévision
Bien que l’Allemand Linus Strasser ait obtenu son deuxième meilleur résultat de la saison avec une cinquième place, ses fans ont attendu en vain une interview de leur spécialiste du slalom sur la chaîne publique allemande ZDF. La raison est particulière: les skieurs n’ont pas le droit d’apparaître devant la caméra avec une gourde portant le logo d’un sponsor lors d’une interview.
Pour marquer son désaccord, Linus Strasser a donc choisi de ne pas accorder d’interview à la deuxième chaîne allemande lors de l’étape slovène. L’Autrichien Vincent Kriechmayr avait déjà boycotté la ZDF pour la même raison en décembre 2019. A l’époque, le manager grison Giusep Fry, qui a notamment représenté Beat Feuz et Carlo Janka, avait vivement critiqué ce type d’action: «Je ne trouve pas cela bon, car en boycottant de la sorte, un athlète pénalise avant tout son sponsor principal et son équipementier, qui paient beaucoup plus d’argent que le sponsor figurant sur la gourde».
Braathen est-il avantagé dans son duel avec Marco Odermatt?
Un véritable thriller se profile dans la lutte pour le petit globe du géant. Après la cinquième place de Marco Odermatt à Kranjska Gora et la victoire de Lucas Pinheiro Braathen, le Nidwaldien ne compte plus que 48 points d’avance sur le Brésilien avant le géant final à Hafjell. La légende allemande du ski Felix Neureuther (13 victoires en Coupe du monde) estime que ce duel s’annonce très serré pour Marco Odermatt: «Lucas Pinheiro Braathen a l’avantage. En tant qu’ancien membre de l’équipe de Norvège, il s’est très souvent entraîné sur la piste d’Hafjell.» L’an dernier, lors du géant disputé sur cette même piste, Marco Odermatt avait toutefois pris la deuxième place derrière Loïc Meillard, environ cinq dixièmes plus rapide que Lucas Pinheiro Braathen.
L’entraîneur de Marco Odermatt, Helmut Krug, reste lui aussi relativement serein. «Je suis convaincu que les conditions du Grand Nord conviendront bien mieux à Marco que la neige printanière de Kranjska Gora», explique-t-il. Lorsque le Tyrolien Helmut Krug a pris la tête du groupe suisse de géant, il avait fait venir l’Autrichien Hannes Hassler comme entraîneur adjoint.
Les nombreux succès de Marco Odermatt en géant au cours des six dernières années témoignent de l’excellente entente au sein du staff. Il n’est toutefois pas exclu que Hannes Hassler quitte prochainement le groupe de Marco Odermatt. Selon plusieurs sources au sein de Swiss-Ski, ce dernier serait en effet pressenti pour devenir l’entraîneur de Wendy Holdener.
Emma Aicher: «Je n’ai que des conneries dans la tête»
Franche et directe ou insolente et irréfléchie? Pendant longtemps, le grand espoir du ski allemand Emma Aicher a été saluée pour son caractère sans détour. Avant son abandon lors du super-G, l’expert de la ZDF Marco Büchel semblait déjà pressentir ce qui allait se passer: «Je m’inquiète toujours un peu de la rapidité avec laquelle Emma inspecte le parcours. Je me dis souvent qu’il vaudrait mieux le regarder deux ou trois fois.»
Quelques minutes plus tard, Emma Aicher manquait une porte et sortait de la course. Il s’agissait déjà de son quatrième abandon en huit super-G disputés. Interrogée pour savoir si elle ne devrait pas prendre plus de temps lors de la reconnaissance du parcours, Emma Aicher a répondu sans détour: «Si je reste plus longtemps, je n’ai de toute façon que des conneries dans la tête. Pour moi, c’est parfait comme ça.»
Encore une mauvaise nouvelle pour l'Autriche
Il n’y a rien de réjouissant dans cette série noire. Une nouvelle skieuse autrichienne a été gravement blessée. Leonie Zegg a chuté lors de la deuxième descente disputée à Val di Fassa, en Italie. La vice-championne du monde junior de super-G a lourdement atterri après un saut. Elle est tout de même parvenue à franchir la ligne d’arrivée, avant de s’allonger dans l’aire d’arrivée en hurlant de douleur. Le diagnostic posé à Imst, en Autriche, est sévère: rupture des ligaments croisés et déchirure du ménisque interne.
Il s’agit déjà de la cinquième blessure grave au sein de l’équipe féminine autrichienne cet hiver. Avant Leonie Zegg, Ricarda Haaser (fracture du plateau tibial), Magdalena Egger (rupture du ligament croisé), Katharina Liensberger (déchirure du ménisque et fracture du plateau tibial) et Maja Waroschitz (rupture du ligament croisé et du ligament interne) avaient déjà été touchées.
Suter : «J'ai pensé à me retirer, mais ...»
Après treize saisons en Coupe du monde et cinq podiums, Joana Hählen a décidé de mettre un terme à sa carrière. À l’occasion de sa dernière apparition, ses coéquipières ainsi que plusieurs athlètes internationales lui ont offert une ovation. Corinne Suter a tenu à lui rendre hommage: «Je suis arrivée dans le cadre C avec Joana, et maintenant elle arrête. C’est difficile d’imaginer comment ce sera sans elle. Mais si c’est la bonne décision pour elle, je suis heureuse.»
La Schwytzoise a-t-elle déjà songé à mettre elle aussi un terme à sa carrière? Corinne Suter répond en souriant: «Oui, quelques fois, quand j’étais lente. Mais à chaque fois pendant cinq minutes seulement.» Sa motivation reste en tout cas intacte, comme en témoigne sa troisième place lors de la deuxième descente de Val di Fassa. «Mon objectif est clairement d’être encore là la saison prochaine.»
L’avantage du terrain existe bel et bien
Trois courses, trois victoires italiennes. Laura Pirovano s’est d’abord imposée à deux reprises – alors qu’elle n’était encore jamais montée sur un podium en Coupe du monde. Puis, dimanche, Elena Curtoni a remporté la course à son tour, signant sa première victoire en Coupe du monde depuis près de quatre ans.
En janvier déjà, Nicol Delago avait décroché sa première victoire. Où cela s’est-il produit? A Tarvisio. La Squadra Azzurra a ainsi remporté trois de ses quatre courses disputées à domicile. A cela s’ajoutent encore les deux médailles d’or de Federica Brignone aux Jeux olympiques de Cortina. Le fait que les Italiennes s’entraînent régulièrement sur leurs propres pistes de Coupe du monde semble clairement porter ses fruits.
Pourquoi deux entraîneurs? Hans Flatscher répond à Bernhard Russi
Avant le week-end à Åre (Suède), Wendy Holdener et Camille Rast se retrouvent toutes deux à la recherche d’un entraîneur. Une question se pose alors: pourquoi ne pas travailler avec un seul et même coach? C’est précisément la proposition avancée par le journaliste de Blick Marcel W. Perren et la légende du ski Bernhard Russi. «Si elles s’entraînaient ensemble, ce serait la combinaison parfaite. Les deux pourraient profiter l’une de l’autre, car elles ont des points forts différents», a estimé Bernhard Russi.
Swiss-Ski envisage-t-elle cette solution? Pas vraiment. Le directeur du secteur alpin, Hans Flatscher, défend l’organisation actuelle: «Si elles veulent programmer un entraînement à court terme ou travailler individuellement sur un point précis, c’est bien d’avoir deux entraîneurs.» Il rappelle également que leurs priorités sportives ne sont pas identiques: Camille Rast met davantage l’accent sur le géant, tandis que Wendy Holdener reste avant tout spécialiste du slalom. Hans Flatscher conclut: «Camille et Wendy s’entraînent ensemble une grande partie du temps. Nous voulons offrir aux deux une structure qui leur permette de donner le meilleur d’elles-mêmes.»