«Elle me distrayait trop!»
Corinne Suter a sacrifié Céline Dion au profit de sa concentration

Corinne Suter est de retour! Sa troisième place à Val di Fassa confirme son excellente forme, qui s'explique par différents facteurs. Dont celui d'avoir renoncé à Céline Dion au départ de la course!
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Corinne Suter (à droite) termine troisième, Laura Pirovano (au centre) gagne et Cornelia Hütter (à gauche) termine deuxième.
Photo: Getty Images
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Mathias Germann

Vous souvenez-vous de la descente des Mondiaux 2021? Ce jour-là, Corinne Suter avait créé la sensation en décrochant l’or, le plus grand succès de sa carrière.

Dans la foulée, un autre sujet avait fait les gros titres — de manière plus anecdotique. Pourquoi? Parce que la Schwytzoise avait confié à Blick un rituel bien particulier: «J’aime bien Céline Dion. Ma chanson préférée est My Heart Will Go On, celle de Titanic. Je la connais par cœur et je la chante… mais seulement quand il n’y a personne autour.» L’anecdote avait fait le tour des médias étrangers, qui n’avaient cessé de l’interroger à ce sujet.

Depuis, beaucoup de choses se sont passées: un titre olympique, une rupture des ligaments croisés, des hauts et des bas. Et en ce samedi ensoleillé à Val di Fassa, un nouveau chapitre positif s’ajoute à l’histoire. Corinne Suter termine troisième de la descente. «Je suis très contente», sourit-elle. Une nouvelle performance solide, confirmée par ses cinq derniers résultats: 1re, 3e, 4e, 8e, 3e.

Aucune trace de blues olympique: Corinne Suter est de retour parmi l’élite mondiale. Son corps tient enfin le coup et la confiance revient peu à peu. Et au départ, aujourd’hui? Rien de spécial. «Je n’écoute plus de musique. Ça me distrait trop», explique-t-elle en riant. «Je suis déjà une grande rêveuse. Avec de la musique, je serais encore plus déconcentrée.»

Et ce dossard numéro 18?

La grande force de Corinne Suter, c’est son calme. Mais cela ne signifie pas que le départ se déroule dans un silence absolu. «Je préfère discuter avec les gens au départ. On plaisante, comme à l’entraînement.»

Cette fois, un détail l’a pourtant interpellée: «J'ai reçu le dossard 18 et il ne me disait rien de bon. Je n'avais jamais couru avec»

Ce n’est pas tout à fait exact: il y a quatre ans, elle avait déjà couru avec ce numéro. Qu’importe. La skieuse a alors demandé à sa physiothérapeute, Julia Winkler, si ce chiffre avait une signification pour elle. Effectivement: autrefois, Julia Winkler jouait au unihockey avec le numéro 18. «Je trouvais ça sympa. J'ai pris le départ juste après.»

Contrairement à la veille — «J'étais vraiment énervée», reconnaît-elle — éa Schwytzoise a été très solide dans les passages techniques. «Je savais que je pouvais faire mieux. J’ai skié beaucoup plus directement.»

Les cinq centièmes qui la séparent de la victoire ne la frustrent pas. «Après tout ce qui s’est passé ces derniers temps, je suis très contente. Le plus important, c’est que ma vitesse de base soit revenue.»

Même constat pour Jasmine Flury. Cinquième au dernier intermédiaire, elle termine finalement 12e. La faute à un saut d’arrivée complètement manqué.

«Je dois déjà être contente d’être encore en un seul morceau», souffle-t-elle. Trop en arrière sur la réception, la Grisonne évite de justesse la chute. Son genou droit et son tibia gauche sont néanmoins douloureux, même si rien ne semble cassé. «Mentalement, ça fait plus mal. J’ai laissé passer un très gros résultat.»

Suspense total pour le globe de descente

Et sinon? Stefanie Grob continue sa progression et se classe 18e. Mais l’héroïne du jour s’appelle une nouvelle fois Laura Pirovano. Comme vendredi, l’Italienne s’impose — encore une fois avec un seul centième d’avance. Incroyable.

Grâce à ce nouveau succès, Laura Pirovano prend la tête du classement de la descente. Mais rien n’est encore joué: avant les finales de la Coupe du monde, quatre skieuses peuvent encore remporter le globe de cristal.

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