Ce tracé est-il complètement fou? C’est la question que se posent certains entraîneurs et coureurs lors du géant de Kranjska Gora, en observant la deuxième manche extrêmement rapide du Norvégien Ole Masdal.
L’incertitude est particulièrement grande dans le camp de Loïc Meillard, même si le Valaisan occupe la troisième place à mi-parcours derrière le Brésilo-Norvégien Lucas Pinheiro Braathen et l’Autrichien Stefan Brennsteiner.
«Nous ne nous sommes jamais entraînés sur un géant aussi rapide, même à l’entraînement. Je ne suis donc pas certain que Loïc s’en sorte», admet son entraîneur Julien Vuignier, qui accompagne Loïc Meillard depuis l’enfance.
Dans le même temps, la confiance grandit dans le clan de Marco Odermatt. Le Nidwaldien n’est que cinquième après la première manche, avec près d’une seconde de retard sur le temps de référence du champion olympique Lucas Pinheiro Braathen. Mais cette seconde manche très particulière, qui rappelle par endroits un super-G, semble taillée pour le champion du monde de la discipline. Et de fait, les temps y sont environ neuf secondes plus rapides que lors du premier tracé.
À l’arrivée, pourtant, ce n’est pas Marco Odermatt qui exulte, mais son rival norvégien, vainqueur avec cinq dixièmes d’avance sur Loïc Meillard. «Dans ces conditions, la deuxième place de Loïc vaut presque une victoire», jubile Julien Vuignier.
Le Valaisan se montre d’ailleurs particulièrement détendu lors du marathon d’interviews qui suit. «Monter sur le podium procure toujours un sentiment très agréable. Surtout après une manche aussi particulière. Heureusement, tous les géants ne ressemblent pas à celui-ci. Mais ce ne serait pas bon non plus que tous les géants soient aussi tournants.»
«Je suis assez perplexe»
Marco Odermatt, lui, doit se contenter de la cinquième place finale. «J’ai commis trop de petites erreurs et je n’ai pas réussi à atteindre la vitesse que je voulais dans les deux manches. Je suis donc assez perplexe», reconnaît le skieur de 28 ans.
Le responsable du géant chez Swiss-Ski, Helmut Krug, explique que les Suisses s’étaient préparés dans des conditions différentes de celles rencontrées sur le Podkoren, baigné par un soleil printanier. «Je dois admettre que cette semaine, nous nous sommes entraînés à Reiteralm sur une piste peut-être un peu trop dure en vue de cette course.»
Helmut Krug souligne aussi que la concurrence autour de Marco Odermatt s’est nettement renforcée. «Il y a trois ans, Marco pouvait encore gagner un géant même après une grosse faute. Aujourd’hui, ce n’est plus possible.»
«Nous ne partirions jamais en vacances ensemble»
C’est pourquoi Marco Odermatt devra lutter jusqu’au bout pour remporter le petit globe du géant. Avant la finale de Hafjell, en Norvège, il possède encore 48 points d’avance sur Lucas Pinheiro Braathen, le skieur Atomic, au classement de la discipline.
Concrètement, si le Brésilien d'origine norvégienne – qui a grandi dans la région d’Oslo – s’impose également à domicile, Marco Odermatt devra au minimum terminer troisième pour conserver le cristal.
Autre désavantage pour le Suisse: alors qu’il lui reste encore cinq courses de vitesse au programme avant ce dernier géant, Lucas Pinheiro Braathen, spécialiste des disciplines techniques, pourra se consacrer entièrement à ce duel pour le globe après le slalom de Kranjska Gora dimanche. Loïc Meillard (89 points de retard) possède lui aussi encore une chance théorique.
«J’aurais bien aimé régler l’affaire ici, à Kranjska Gora», soupire Marco Odermatt.
Reste une dernière question: quelle relation entretient-il avec son rival en dehors de la piste? «C’est très respectueux. Mais nous ne partirions jamais en vacances ensemble.»