Déjà sa dernière course?
Après la débâcle de Kranjska Gora, une star suisse du slalom pense à tout plaquer!

Alors que les Norvégiens fêtent un doublé en slalom grâce à Atle Lie McGrath et Henrik Kristoffersen, l'ambiance est tout autre chez les Suisses à Kranjska Gora. La frustration est particulièrement profonde chez le Valaisan Ramon Zenhäusern.
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Tanguy Nef a fait une grosse faute au slalom de Kranjska Gora.
Photo: IMAGO/Sports Press Photo
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Marcel W. Perren

À première vue, le bilan suisse du slalom de Kranjska Gora a de quoi décevoir. Après l’élimination du champion olympique Loïc Meillard dès la première manche — alors qu’il détenait le meilleur temps intermédiaire — un seul skieur helvétique, Tanguy Nef, s’est classé dans le top 10.

Pour Swiss-Ski, il s’agit du deuxième pire résultat de la saison dans la discipline, après le slalom de Levi (Finlande), où seul Loïc Meillard avait réussi à se glisser dans le top 15 (14e).

La vitesse de Tanguy Nef impressionne

Mais en regardant la course de plus près, un élément incite à l’optimisme pour les slaloms à veni: l’énorme vitesse de base de Tanguy Nef.

«Si Tanguy n’avait pas commis une grosse faute avec le ski intérieur juste après le deuxième temps intermédiaire, il aurait gagné la course», estime Thierry Meynet, l’entraîneur adjoint.

Le Genevois a en effet signé les meilleurs temps lors de la deuxième manche, avant et après cette erreur. Au final, il concède une demi-seconde au Norvégien Atle Lie McGrath, qui décroche sa cinquième victoire en Coupe du monde après son abandon douloureux aux Jeux olympiques. «Tanguy a perdu au moins huit dixièmes dans cet incident», estime Thierry Meynet.

«La course la plus étrange de ma carrière»

De son côté, le slalomeur genevois parle de «la course la plus étrange de ma carrière». Le skieur de 29 ans explique qu’après cette faute, il n’était même pas certain d’avoir correctement franchi les portes. «Tout s’est passé si vite. Pendant un court instant, j’ai même pensé à m’arrêter.»

Finalement, il a continué à skier sans trop réfléchir. «Je me suis relâché et j’ai continué. Et mon temps très rapide sur le bas de la piste me montre que je devrais toujours skier aussi vite.»

Ramon Zenhäusern très frustré

Ramon Zenhäusern vit en revanche une saison compliquée. À Kranjska Gora, le Valaisan de 33 ans termine 24e, juste derrière Daniel Yule. Et il ne cache pas sa frustration.

«À l’entraînement, je skie régulièrement mieux que durant la meilleure période de ma carrière. Mais en course, je n’arrive tout simplement pas à reproduire ces performances.» Classé 36e du classement de slalom, le géant valaisan — vainqueur de six courses de Coupe du monde entre 2018 et 2023 du haut ses deux mètres — ne participera pas à la finale de la Coupe du monde à Hafjell, en Norvège.

«Il est très probable que je participe plutôt à la finale de la Coupe d’Europe», explique-t-il.

Tout est ouvert pour la suite

Le vice-champion olympique de slalom en 2018, deuxième Suisse le plus titré de l’histoire dans la discipline derrière Daniel Yule (7 victoires), ne cache pas ses interrogations pour la suite.

«Après la saison, je vais m’asseoir et examiner attentivement les options qui s’offrent à moi. La retraite en fait partie. Surtout si je devais reculer trop loin dans la liste des dossards.»

Une petite note d’espoir subsiste toutefois. À Kranjska Gora, Ramon Zenhäusern ne concède «que» 1’’30 au meilleur temps, ce qui lui permet de marquer des points FIS importants.

Une chute vertigineuse dans la liste de départ de la Coupe du monde pourrait donc être évitée. En revanche, il est très probable que le Valaisan perde sa place dans le cadre de Swiss-Ski. La suite de sa carrière reste donc ouverte.

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