Première victoire sur Ferrari
Le paddock congratule Lewis Hamilton

Avec sa première victoire au volant de sa Ferrari, Lewis Hamilton est entré dans l'histoire. Il est devenu le plus vieux vainqueur d'un Grand Prix depuis 56 ans. Ses concurrents ne tarissent pas d'éloges à son sujet.
1/4
Lewis Hamilton rayonne après sa première victoire en Grand Prix depuis 686 jours.
Photo: Lukas Gorys
Roger Benoit, Barcelona

La Formule 1 tient son conte de fées estival. Et l’Italie peut de nouveau célébrer une victoire de Ferrari, après une interminable attente de 596 jours. Le dernier succès de la Scuderia remontait au Grand Prix du Mexique 2024, remporté par Carlos Sainz. Cette fois, c’est Sir Lewis Hamilton qui a offert ce triomphe tant attendu à Maranello.

Le septuple champion du monde a répondu de la plus belle des manières à ses détracteurs à Barcelone. Pour une fois, les critiques qui l’avaient déjà enterré prématurément se sont tues. Dans des conditions particulièrement exigeantes, avec 32 degrés sur la piste, la stratégie à trois arrêts adoptée par Ferrari s’est révélée payante. Seul Max Verstappen, finalement quatrième, avait opté pour la même approche. Une nouvelle fois, la gestion des pneus a joué un rôle déterminant.

Le rêve d'un huitième titre

Depuis plusieurs semaines déjà, Lewis Hamilton affiche un niveau de performance impressionnant. Deuxième au Canada, deuxième à Monaco, il décroche désormais sa 106e victoire en Grand Prix, la première sous les couleurs de Ferrari. Il s’agit également de son premier succès depuis Spa 2024, lorsqu’il pilotait encore pour Mercedes. Entre ces deux victoires, 40 courses et 686 jours se sont écoulés.

«Lorsque j’ai rejoint Ferrari il y a 18 mois, j’avais un rêve. Aujourd’hui, une première partie de ce rêve est devenue réalité», a confié le Britannique, qui n’a manifestement pas renoncé à l’idée de conquérir un huitième titre mondial.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Au championnat, Lewis Hamilton occupe désormais la deuxième place, même s’il accuse encore 51 points de retard sur le leader Andrea Kimi Antonelli. Le jeune Italien semblait bien parti pour renforcer son avance avant d’abandonner à cinq tours de l’arrivée alors qu’il roulait en deuxième position, peu après avoir dépassé son coéquipier George Russell. Pour la première fois de la saison, Antonelli a été victime d’une panne de puissance électrique à l’arrière de sa monoplace, un problème similaire à celui rencontré par George Russell quelques semaines plus tôt à Montréal.

Le plus vieux vainqueur depuis Jack Brabham

George Russell s’est finalement satisfait de sa deuxième place et des 18 points récoltés. «Quand on partage le podium avec son ancien coéquipier et l’un de ses modèles, difficile de ne pas être heureux», a déclaré le Britannique.

À 41 ans, Hamilton devient par ailleurs le plus vieux vainqueur d’un Grand Prix depuis Jack Brabham. L’Australien avait remporté en 1970, à Kyalami, sa 14e et dernière victoire en Formule 1 à près de 44 ans, au volant de sa propre voiture.

Stratégie parfaite de Ferrari

Jusqu’à la mi-course des 66 tours, le Grand Prix avait pourtant tout d’une procession. Les choses se sont animées lorsque Kimi Antonelli a commencé à mettre une énorme pression sur George Russell. Les deux Mercedes se sont livrées un duel roue contre roue qui a enfin réveillé les spectateurs.

Pendant ce temps, Leris Hamilton gérait sa course avec sérénité. Le Britannique savait que son choix de pneus – tendres, durs, mediums puis durs – était le bon. Et, fait suffisamment rare pour être souligné, Ferrari n’a commis aucune erreur stratégique ni provoqué de confusion par radio. Tout a parfaitement fonctionné.

Ce succès change aussi la hiérarchie interne chez Ferrari. Charles Leclerc, jusque-là considéré comme le leader naturel de l’écurie, se retrouve désormais sous pression. Le Monégasque a vécu un week-end compliqué: accident en qualifications samedi, puis abandon dimanche après une sortie de piste spectaculaire causée par une défaillance hydraulique et un problème de direction.

Résultat: Charles Leclerc accuse désormais 40 points de retard sur son coéquipier. De quoi s’interroger sur sa capacité à gérer psychologiquement cette nouvelle situation, un peu comme George Russell face à l’émergence d’Antonelli chez Mercedes.

Championnat relancé

Malgré les nombreuses adaptations destinées à corriger les imperfections du nouveau règlement technique, la saison 2026 prend une tournure particulièrement passionnante.

Pour Max Verstappen, en revanche, la défense de son titre semble désormais compromise. Le Néerlandais accuse déjà 101 points de retard sur Kimi Antonelli et doit progressivement réfléchir à son avenir. Même constat pour le champion du monde en titre, Lando Norris. Le pilote McLaren a terminé troisième à Barcelone, mais avec un retard de 24 secondes sur Lweis Hamilton. Un écart qui réduit considérablement ses ambitions.

Podium britannique

Trois Britanniques sur le podium: un événement devenu extrêmement rare. La dernière fois qu’un tel scénario s’était produit remonte au 8 octobre 1968, à Watkins Glen, aux États-Unis. Jackie Stewart s’était imposé devant Graham Hill et John Surtees. Le vainqueur de ce jour-là a fêté ses 87 ans il y a quelques jours.

Articles les plus lus