L'Anvers du décor
Yann Sommer doit faire face à des critiques en Belgique

Deux sorties ratées en cinq jours, deux buts encaissés dans la foulée: les débuts de Yann Sommer au Club Bruges font grincer des dents. Après le match contre Anvers, ses coéquipiers et son entraîneur, eux, refusent d'en faire une affaire d'État.
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Photo: IMAGO/Photo News
Blick Sport

Il avait été recruté cet été pour apporter de la sérénité. Cinq matches plus tard, Yann Sommer est surtout devenu un sujet de discussion en Belgique. Arrivé libre au Club Bruges après trois saisons à l'Inter Milan et un doublé Championnat-Coupe, le gardien de 37 ans a commis samedi sa deuxième bourde en l'espace de quelques jours.

La scène se déroule à la 19e minute, au stade Jan Breydel. Bruges mène 1-0 face à Anvers quand le gardien adverse Taishi Nozawa expédie un long ballon vers l'avant. Brandon Mechele laisse filer, Sommer sort de sa cage, mais aucun des deux ne tranche vraiment. Le Bâlois attend une fraction de seconde de trop, Snayder Porozo glisse un pied devant lui et pousse le ballon dans le but vide. Sur «DAZN», le consultant Gert Verheyen a résumé l'action d'un seul mot: inexplicable. Quelques minutes plus tôt, Sommer avait déjà offert un ballon dans les pieds de Xander Dierckx, sans conséquence cette fois.

Cinq jours auparavant, en Ligue des champions contre Aston Villa (2-3), il était sorti pour intercepter un ballon en profondeur. Il l'a manqué, laissant Nicolas Jackson conclure dans le but vide pour le 1-3. Dans le même match, il avait aussi percuté un coéquipier en relançant et récupéré le ballon à la main hors de sa surface. Il avait reconnu sa faute après la rencontre.

Sur X, les supporters brugeois n'ont pas fait dans la nuance, certains se demandant si le club n'avait pas engagé le frère de Yann Sommer par erreur, d'autres suggérant d'aller rechercher Simon Mignolet, qui a pourtant rangé les gants au printemps dernier.

Dans le vestiaire, le discours est tout autre. Le défenseur Joaquin Seys explique que le but encaissé vient d'un malentendu entre le gardien et Mechele, et rappelle que Sommer a déjà souvent sauvé son équipe. «Ce n'est pas maintenant qu'il faut se mettre à douter de lui», a-t-il lancé, cité par «Het Laatste Nieuws». Ivan Leko tient la même ligne: l'entraîneur croate, qui avait qualifié l'ancien international helvétique de meilleur transfert de son été en insistant sur sa mentalité et son leadership, se dit serein et ne voit aucune raison de revoir son jugement.

Reste à comprendre pourquoi un gardien de ce calibre accumule les approximations. Dans le «Nieuwsblad», le chef des sports Ludo Vandewalle balaie les explications les plus faciles, celles qui pointeraient la vision en profondeur ou le déclin physique. «La vraie cause se situe dans le système», écrit-il, avant de se demander si Sommer est vraiment la bonne pièce dans un dispositif qui va à l'encontre de tout ce qu'il a connu pendant treize ans. «Il a du mal à s'adapter.»

Son argument: en treize saisons, Sommer n'a joué qu'environ six mois dans une structure comparable à celle du Club Bruges. Il doit désormais évoluer derrière une défense très haute, qui défend vers l'avant, laisse des espaces dans le dos et ne compte pas parmi les plus rapides du pays. Autrement dit, un gardien longtemps habitué à protéger sa ligne se retrouve à devoir couvrir trente mètres de terrain à chaque ballon en profondeur. C'est exactement le scénario des deux buts encaissés contre Aston Villa et Anvers.

Si l'analyse tient, la solution ne passe pas seulement par le gardien, mais aussi par Leko. Le contexte laisse un peu de temps: contrairement à la soirée européenne, l'erreur de samedi n'a pas coûté de points, Hugo Vetlesen ayant redonné l'avantage à Bruges avant que Virgili ne scelle le 3-1. Et avec 94 sélections, quatre titres de champion de Suisse, un passage par le Bayern Munich et un contrat de trois ans en poche, le portier natif de Morges a largement les moyens de renverser la tendance. Mais à Bruges, le compteur des erreurs tourne.

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