La fronde se poursuit avec de nouvelles critiques concernant le projet de Gianni Infantino de vendre la Coupe du monde à des investisseurs privés. Après plusieurs fédérations nationales (Angleterre, Allemagne, France, Pays-Bas et Espagne notamment), continentales (l'UEFA, l'AFC et la Concacaf), c'est au tour des supporters de pousser leur coup de gueule.
«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour combattre cette nouvelle décision et toutes celles qui mettent gravement en péril l’avenir du football au profit de gains commerciaux à court terme, explique l'Association des supporters de football (FSA) dans un communiqué. Ce projet ne doit pas devenir une nouvelle étape dans la tentative de Gianni Infantino de remodeler le football sans tenir compte des supporters ni de l’intérêt général du jeu».
Pour rappel, la FSA avait déjà été l’une des principales voix de l’opposition au projet de Super League européenne, dénonçant alors une compétition «impopulaire», «illégitime» et dangereuse pour l’équilibre du football européen. Après l’échec du projet en 2021, l'association britannique avait même pesé dans le débat politique britannique sur la gouvernance du ballon rond.
L’Association des clubs de football européens (EFC) s'est également manifestée. «L’EFC prend note avec une vive inquiétude des articles de presse et de l’annonce soudaine par la FIFA d’une éventuelle nouvelle société pour la commercialisation de certaines compétitions. Comme institution qui représente plus de 850 clubs, il serait approprié que l’EFC soit consultée sur un projet d’une telle importance».
Même aux Etats-Unis, Gianni Infantino en a pris pour son grade. «Il semble que le faux Prix de la paix et le bail géant conclu avec la Trump Tower n’étaient pas suffisants, ont estimé des élus démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants au Capitole. Maintenant, Gianni Infantino tente la passe de trois en cherchant un accord de plusieurs milliards de dollars avec le frère de Jared Kushner pour vendre des parts des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Les intérêts d’oligarques et de grandes entreprises vont maintenant encore plus ternir la beauté de ce jeu.»