Le monde du football est en colère. Gianni Infantino a présenté mardi un projet prévoyant la création d’une société, la Fifa Forward Enterprise (FEE), ouverte à des investisseurs extérieurs et chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, sponsoring, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.). Avec, comme carotte, une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du sport le plus populaire de la planète. Mais cela n'a pas suffi.
Depuis, les critiques pleuvent contre le président de la FIFA. Les différentes fédérations européennes de football tiennent d’ailleurs une réunion d’urgence mercredi sous l’égide de l’UEFA, où la question d’un éventuel boycott pourrait être évoquée. «La FIFA ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir et enrichir ses amis», a notamment dénoncé l’instance européenne.
Mais la FIFA semble prête à aller au bras de fer. Selon le quotidien «The Times», qui avait révélé ce projet mercantile, Gianni Infantino a envoyé une lettre aux fédérations pour leur proposer de l’argent en échange de leur soutien. En cas d’adhésion au projet avant le 19 septembre, chacune toucherait 20 millions de dollars de financements supplémentaires dès le 1er janvier 2027. «Ça dit tout de ce projet», a commenté l’UEFA mercredi. Selon le journaliste d’investigation français Romain Molina, l’objectif serait d’obtenir suffisamment de soutiens pour permettre une «approbation express» du Conseil de la FIFA.
Des élections en mars
C’est en effet lui qui doit valider la création de cette société commerciale. Concernant la FFE, la FIFA travaille avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Toujours d’après «The Times», Gianni Infantino, qui affiche régulièrement sa proximité avec le président américain, pourrait à terme devenir directeur général de la FFE, avec à la clé des revenus personnels qui pourraient être décuplés.
La FIFA affirme que, dès cette année, la FFE pourrait lever 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés. Elle ajoute que les bénéfices nets de cette nouvelle société seraient ensuite réinvestis dans le football, avec des retombées économiques pour ses fédérations membres. Cette promesse, qui a de quoi appâter, tomberait peu avant les élections à la présidence de la FIFA, pour lesquelles Gianni Infantino était, avant l’avalanche de scandales, le grandissime favori.