Stephan Lichtsteiner est à la tête du FC Bâle depuis plus de 200 jours. Et rares ont été les journées vraiment calmes depuis qu'il a remplacé Ludovic Magnin. Dès son arrivée, l’ancien capitaine de l’équipe de Suisse s’est retrouvé sous le feu des critiques. Certains estimaient que passer de la 1re ligue Classic au banc d’un club aussi exposé que le FC Bâle représentait un défi trop important. Depuis, Lichtsteiner n’a pas vraiment réussi à faire taire les sceptiques. Pourtant, son bilan comptable depuis la reprise reste positif: trois victoires en quatre matches officiels, entre championnat et Coupe de Suisse. Mais l'incendie couve.
L’entraîneur bâlois répète qu’il ne se laisse pas déstabiliser par la pression, qu’il connaît bien pour l’avoir vécue comme joueur dans les plus grands championnats européens. Il se dit en revanche agacé par le climat négatif qui entoure le club rhénan, accusant en partie les médias. «Ils cherchent toujours à semer la zizanie. Mon équipe et moi méritons un peu plus de respect», a-t-il déclaré après la victoire contre Thoune.
Mais selon plusieurs sources internes, ainsi que d'après des personnes proches du club, la situation serait plus préoccupante qu’il n’y paraît. Et le mandat de Stephan Lichtsteiner sur le banc bâlois pourrait s'achever plus tôt que prévu.
Le vestiaire l'aurait lâché
L’ancien défenseur est reconnu pour sa grande compréhension du football et son sens du détail. Son éthique de travail est également saluée. En revanche, sa gestion du groupe serait beaucoup plus contestée. Plusieurs sources indépendantes affirment que Stephan Lichtsteiner a presque perdu le soutien du vestiaire.
En privé, plusieurs joueurs critiqueraient son management. Ses relations avec certains cadres de l’équipe seraient rompues. Des doutes existeraient aussi chez plusieurs recrues prometteuses, qui regretteraient un manque de reconnaissance. Stephan Lichtsteiner n’aurait même pas pris le temps de rencontrer individuellement certaines d’entre elles après leur arrivée.
A ces tensions internes s’ajoutent des difficultés dans sa communication publique. Ses sorties médiatiques sont de plus en plus perçues comme un problème d’image, non seulement pour lui, mais aussi pour le club. Avant le match contre Thoune, sa déclaration selon laquelle «nous n’avons pas une équipe faite pour gagner, mais une équipe censée progresser» avait été mal perçue du côté de Saint-Jacques.
Peu de remises en question
Dans l’entourage du club, certains estiment aussi que l’entraîneur ne montre guère de signes de remise en question. Lichtsteiner, lui, accuse une nouvelle fois les médias d’avoir sorti ses propos de leur contexte. Il avait déjà tenu un discours similaire après avoir évoqué la température du stade de Saint-Gall, 15 degrés, comme l’un des facteurs ayant pesé dans la défaite concédée début mars.
Au-delà de sa relation avec les médias, c’est aussi sa capacité à accepter les conseils qui interrogerait en interne. Ces dernières semaines, le FC Bâle aurait constaté que Stephan Lichtsteiner se montrait peu réceptif aux remarques. Des discussions à huis clos auraient eu lieu pour accompagner un entraîneur encore inexpérimenté à ce niveau. Mais ces échanges n’auraient débouché ni sur de réels changements ni sur des mesures concrètes.
Une histoire de timing?
Une question revient donc chez de nombreux supporters: pourquoi Lichtsteiner est-il toujours en poste? Les avis divergent. L’explication la plus plausible tient au précédent Ludovic Magnin. Avant la trêve hivernale, le FC Bâle avait publiquement renouvelé sa confiance à son ancien entraîneur, avant de s’en séparer après seulement trois matches après la reprise. Le timing de cette décision, prise après une spectaculaire victoire 4-3 contre le FC Zurich au Letzigrund, avait suscité de nombreuses critiques. Patrick Rahmen avait lui aussi été limogé quatre matches après la trêve hivernale, tout comme Alex Frei en 2023.
Se séparer de Stephan Lichtsteiner après la défaite 1-0 contre Lausanne-Sport, lors de la deuxième journée de l'exercice, aurait sans doute paru prématuré. D’autant que le club lui avait réaffirmé sa pleine confiance durant la préparation estivale. Après les victoires convaincantes contre Thoune et en Coupe contre Courtételle, un licenciement aurait probablement été difficile à justifier. Ironie du calendrier: le FC Bâle retrouvera samedi le Letzigrund pour y affronter le FC Zurich.
1,26 point par match de moyenne
Contacté par Blick, le FCB est catégorique. «Le FC Bâle réfute catégoriquement les diverses accusations et insinuations non fondées portées contre son entraîneur. Par ailleurs, le club ne fera aucun commentaire sur ses procédures internes ni sur les spéculations concernant d’éventuelles tensions. Le fait que Blick se sente obligé de lancer une campagne diffamatoire après seulement quatre matches cette saison, dont trois remportés par le FC Bâle sous la direction de Stephan Lichtsteiner, est considéré par le club comme journalistiquement discutable et extrêmement honteux.»
Reste que le bilan global de Stephan Lichtsteiner sur le banc du FC Bâle demeure fragile. Avec seulement six points en trois matches de championnat cette saison, l’ancien international affiche, depuis son arrivée, la plus faible moyenne de points pour un entraîneur bâlois depuis 29 ans, avec 1,26 point par match. Si l’on y ajoute les tensions supposées dans le vestiaire et au sein du club, le déplacement de samedi à Zurich pourrait bien devenir un rendez-vous décisif pour son avenir.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lugano | 3 | 9 | 9 | |
2 | Young Boys | 3 | 8 | 7 | |
3 | FC St-Gall | 3 | 2 | 7 | |
4 | FC Sion | 3 | 2 | 6 | |
5 | FC Bâle | 3 | 2 | 6 | |
6 | FC Lausanne-Sport | 3 | 1 | 5 | |
7 | Servette FC | 3 | -1 | 3 | |
8 | FC Zurich | 3 | -5 | 3 | |
9 | FC Thoune | 3 | -6 | 3 | |
10 | Grasshopper Club Zurich | 3 | -4 | 1 | |
11 | FC Lucerne | 3 | -5 | 1 | |
12 | FC Vaduz | 3 | -3 | 0 |

