Il y a les coaches lâchés par leurs joueurs. Pour ceux-ci, il n’y a rien à faire. Qu’ils soient bons ou non, ils ont perdu le vestiaire. La fracture peut survenir après un mois, une année ou cinq ans. Quand elle survient, c’est fini.
Il y a ensuite les coaches qui sont en guerre avec leur direction. Eux peuvent tenir avec les résultats, mais dès que les victoires disparaissent, la porte de sortie apparaît. Au premier prétexte: adieu, merci pour rien.
Et puis, il y a Luka Elsner. Un coach estimé par sa direction, qui valorise son travail, son implication et son professionnalisme et un homme apprécié en interne dans les bureaux du club. Le communiqué de ce mardi après-midi, tout sauf laconique - et même plutôt élogieux -, vient le confirmer: ce n’est pas par plaisir que le LS lui a demandé de partir après une ultime discussion, tôt mardi matin, pour savoir ce qu’il avait dans le ventre.
Luka Elsner n’est pas non plus un coach qui a fait l’objet d’une fronde de la part de ses joueurs. Il n’avait pas perdu le vestiaire. Mais il a été trahi dimanche après-midi, durant vingt minutes parmi les plus honteuses de l’histoire du club, pourtant vieille de 130 ans, on finira par le savoir, tant cet anniversaire est entré dans la légende, du mauvais côté. Il y aura un avant et un après 1er novembre et le couperet est tombé. Adieu Luka Elsner, qui s’en va dans la foulée de cet horrible dimanche.
Pas question ici d’exonérer le coach de ses fautes et de sa responsabilité: si le Lausanne-Sport compte six points au mois de novembre, il n’y est pas pour rien. Même contre Thoune dimanche, je l’ai écrit quelques heures à peine après le match, il peut être critiquable sur certains changements, qui ont conduit, au moins indirectement, à la friabilité de son équipe en fin de rencontre.
Mais les vrais responsables, ceux que Luka Elsner assurait être «loin du pardon» dimanche soir, eux seront là l’entraînement mercredi matin. Qu’ont-ils dit à leur désormais ex-entraîneur dans le secret du vestiaire mardi lorsque celui-ci est venu leur dire au revoir? Ont-ils osé le regarder dans les yeux en lui serrant une dernière fois la main? Tous? Vraiment tous? Un homme a perdu son travail, une partie de sa réputation aussi, et ils en sont les premiers responsables. Cela doit être dit, ils doivent le savoir.
Les dirigeants du LS ont pris cette décision, d’un commun accord avec leur coach, et cette expression un peu passe-partout dit pourtant bien ce qu’elle veut dire: lui non plus ne le sentait plus et sans doute a-t-il cherché pendant deux jours les mots qu’il allait bien pouvoir dire aux joueurs mardi matin, sans les trouver (existent-ils seulement?). Il va reprendre sa route, il est peut-être même déjà dans sa voiture en ce moment même, et un autre (Ludovic Magnin?) va lui succéder.
Quel que soit le profil du nouveau coach, qu’il soit un aboyeur, un tacticien, un gars du cru ou un technicien venu de loin, le LS ne se sauvera que si les joueurs prennent conscience de ce qu’ils ont fait, que les leaders tirent le groupe, et qu’ils montrent dès samedi au Letzigrund face à GC qu’ils sont des professionnels, des vrais, ce qu’ils ont été jusqu’à la 72e minute dimanche. Olivier Custodio a du boulot ces prochaines semaines et, bonne nouvelle, il est de taille à l’assumer. Mais le capitaine du LS s’en serait bien passé.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lugano | 12 | 26 | 34 | |
2 | Young Boys | 12 | 15 | 25 | |
3 | FC Sion | 12 | 7 | 23 | |
4 | FC Zurich | 12 | -1 | 20 | |
5 | FC St-Gall | 12 | -3 | 19 | |
6 | Servette FC | 12 | 1 | 16 | |
7 | FC Bâle | 12 | -4 | 14 | |
8 | FC Lucerne | 12 | -6 | 13 | |
9 | FC Thoune | 12 | -10 | 13 | |
10 | FC Vaduz | 12 | -1 | 10 | |
11 | Grasshopper Club Zurich | 12 | -13 | 10 | |
12 | FC Lausanne-Sport | 12 | -11 | 6 |