«Le projet n'a pas changé»
Servette a des ambitions à court terme, mais assure ne pas oublier ses jeunes

Même si le Servette FC a des ambitions européennes cette saison et que de nombreux espoirs ont été prêtés en Challenge League, le «projet jeunesse» entamé la saison dernière n'est pas mis de côté, assure Jocelyn Gourvennec, démonstration et arguments à l'appui.
Jocelyn Gourvennec l'assure: sa mission consiste encore et toujours à développer les joueurs qui feront le Servette FC de demain et d'après-demain.
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

De nombreux départs en prêt en Challenge League, des ambitions européennes à court terme, des compositions d'équipes sans jeunes formés au club en ce début de saison... Les raisons objectives de s'interroger quant à un éventuel recul du «projet jeunesse» mis en place par le Servette FC existent bel et bien.

La saison dernière, la première de Jocelyn Gourvennec à Genève, six joueurs formés à l'académie avaient fait leurs débuts avec les professionnels: Jamie Atangana, Mardochée Miguel, Malik Ishuayed, Téo Allix, Thomas Lopes et Alonzo Vincent, ce qui représentait une éclaircie et un réel motif de satisfaction au coeur d'une saison ratée sur le plan du résultat.

Non, le projet n'a pas changé

Or, voilà que les trois premiers passeront la saison en Challenge League, au SLO, à Nyon et à Kriens, tandis que les trois derniers n'ont pas encore joué une seule minute depuis le mois de juillet. Alors, Jocelyn Gourvennec, le beau projet entrevu à vos débuts est-il mort-né?

La réponse à cette question posée par Blick à l'entraîneur du SFC fuse comme les passes claquées qu'il distribuait en tant que numéro 10: «Non!» Et les arguments suivent aussitôt.

«On a envoyé des jeunes s'aguerrir en deuxième division, mais justement parce qu'ils avaient montré des choses et qu'on croit en eux. Le but de ces prêts, c'est qu'ils reviennent plus forts, plus mûrs, avec plus d'expérience. Ils s'inscrivent dans le projet du Servette FC, et il y en a d'autres qui arrivent. Et je vous fais remarquer que Téo Allix est toujours là, tout comme Alonzo Vincent, qui commence à avoir un niveau très intéressant. Jarell Simo, Sylvain Djoho et Tristan Nunez font partie du contingent, on compte sur eux. N'oubliez pas non plus Ivan Izquierdo. Alors oui, il y a de la concurrence et il n'y a pas beaucoup d'espace pour l'instant au coeur du jeu, mais ils sont là. Je ne suis pas d'accord pour dire que le projet jeunesse a dévié», contre Jocelyn Gourvennec, en citant également Tiémoko Ouattara et Thomas Lopes.

«Ce travail-là, on le continue»

«Tiemoko, il a très peu existé depuis quatre ans et il est de retour avec une approche un peu différente avec lui, qui est en train de porter ses fruits, en tout cas je l'espère. Thomas est de retour de blessure. Et on a encore deux 2009 qui sont venus à l'entraînement dernièrement. Cela, vous ne le voyez pas, mais ça compte. Ce travail-là, on le continue, simplement vous ne connaissez pas encore ces joueurs-là, qui ont 16 ou 17 ans, mais qui, à un moment donné et vu leurs qualités, vont taper à la porte et jouer. Après, la loi du football de haut niveau, c'est que certains auront de l'espace, d'autres un peu moins. En fonction de la concurrence, des blessures, de leur niveau...», continue le Breton, lequel a acquis une certaine expérience dans ce domaine en France.

La progression des jeunes Servettiens passe par l'entraînement. Encore plus que les matches.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

Car il ne suffit pas d'avoir une politique jeune pour que tout se passe bien, surtout si l'on veut avoir des résultats en parallèle. «C'est évident qu'on ne peut pas décréter qu'on met des jeunes sur le terrain pour faire plaisir à tout le monde. Il faut beaucoup de séances d'entraînement et beaucoup de travail invisible du grand public pour permettre à un jeune de débuter en Super League. Je prends l'exemple de Tristan Nunez, il est entré lors des deux premiers matchs, il a beaucoup de qualité, mais il y a aussi encore beaucoup de travail pour qu'il maîtrise un certain nombre de choses. Et ce travail-là, on continue à le faire», assure Jocelyn Gourvennec, avec un message clair. «Donc non, le projet n'a pas changé. Et vous allez continuer à voir des jeunes chez nous.»

Une stratégie d'anticipation, aussi

Et puis, bien sûr, cette stratégie a pour but d'anticiper l'avenir et de répondre aux inévitables départs, comme celui de Loun Srdanovic cet été en direction de Lille. «On ne peut pas rivaliser économiquement avec les grands clubs français, italiens ou allemands. Le but, c'est de garder nos meilleurs jeunes le plus longtemps possible et pour cela il faut qu'on soit le plus compétitifs possible. Mais si l'un veut partir et que tout le monde s'y retrouve, lui en salaire et le club en indemnité de transfert, alors il faut qu'on ait un coup d'avance», enchaîne Jocelyn Gourvennec. Et c'est là que le Servette FC veut changer d'ère.

Thomas Lopes s'est révélé au printemps dernier et sera bientôt de retour sur le terrain.
Photo: Roger Albrecht/freshfocus

«Notre job, c'est d'avoir un temps d'avance et de préparer d'autres joueurs pour que, quand l'un s'en va, il y en ait un autre derrière qui soit prêt. Ce n'est pas facile comme travail, et ça suppose une ouverture d'esprit et de s'intéresser aussi à ce qui se passe en dessous. Je gère l'équipe pro et je prépare la Super League et la Coupe de Suisse, mais je suis attentif à tout ce qui se passe en dessous. Les joueurs, je vais les voir. J'en ai découvert cette année encore et on va les suivre, les accompagner. C'est ça une politique tournée vers les jeunes», explique Jocelyn Gourvennec.

Lucerne a toujours un coup d'avance

C'est d'ailleurs exactement ce qu'arrive à faire le FC Lucerne sur le plan suisse, sans la puissance financière et l'attractivité du SFC. Le tableau fait envie: si le club grenat arrive à implanter cette philosophie, à former des joueurs du talent d'Ardon Jashari, Pascal Loretz et Andrej Vlasovic et à les faire jouer en première équipe, puis à les remplacer lorsqu'ils sont partis, alors un vrai pas aura été franchi. Les cas de Johan Manzambi, Roggerio Nyakossi, Zeki Amdouni et Winsley Boteli ne seront jamais rattrapés, mais, au moins, la direction du SFC a identifié le problème et tente désormais d'y répondre.

Un vrai suivi pour les joueurs prêtés

Les joueurs prêtés ne sont d'ailleurs pas lâchés dans la nature, loin de là. «Le responsable est Piero Costantino, il le suit de près. En ce qui me concerne, j'ai déjà vu plusieurs de leurs matches depuis le début de la saison, tout comme Jon Williams, et on confronte très volontiers nos avis. Il y a des rapports réguliers sur chaque joueur prêté, il y a un suivi très précis, y compris sur le plan médical. Quand il y a de petites blessures, c'est important de bien communiquer, vu que ce sont des joueurs sous contrat chez nous. Les préparateurs physiques sont également impliqués, mais les staffs des clubs de Challenge League ont leur autonomie, c'est évident. On n'est pas là dire combien de temps et à quel poste ils doivent jouer.»

Le nom de Piero Costantino avait d'ailleurs été cité lors de la présentation de John Williams, preuve que le Britannique est aussi là pour développer ce projet jeunesse. «Aujourd'hui, mon plus proche collaborateur à Servette, avec Jocelyn Gourvennec bien sûr, est Piero Costantino», avait-il assuré. «C'est une grande fierté pour moi d'être à Genève et de faire comprendre aux talents de l'académie qu'il y a désormais un chemin pour eux. J'en ai déjà rencontré plusieurs, qui sont courtisés par d'autres clubs, et je leur ai expliqué ce que nous voulions faire. Et qu'aujourd'hui, il y avait une place qui était faite pour eux», avait-il encore ajouté. Le chemin semble tracé, et la route est encore longue.

Brack Super League 2026/27
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Young Boys
Young Boys
4
10
10
2
FC Lugano
FC Lugano
3
9
9
3
FC Bâle
FC Bâle
4
3
9
4
FC St-Gall
FC St-Gall
3
2
7
5
FC Sion
FC Sion
3
2
6
6
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
4
0
5
7
FC Lucerne
FC Lucerne
4
-4
4
8
Servette FC
Servette FC
3
-1
3
9
FC Thoune
FC Thoune
3
-6
3
10
FC Zurich
FC Zurich
4
-6
3
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
3
-4
1
12
FC Vaduz
FC Vaduz
4
-5
0
Tour final
Tour de relégation
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