«Il est temps que Servette revienne en haut de l'affiche.» En une phrase, John Williams s'est mis une pression qu'il assumera volontiers au cours des prochaines années. Le nouveau directeur sportif du club grenat est visiblement un homme qui n'a pas peur d'énoncer des objectifs et d'être jugé là-dessus. «Cela fait vingt-sept ans que Servette n'a pas remporté de titre de champion. C'est trop long pour un club qui en a gagné dix-sept. Il est temps que ce club lutte sérieusement pour un titre», a-t-il également assuré ce lundi lors de sa présentation officielle à la presse, au Stade de Genève.
L'Europe à l'été 2027, un objectif clair
Assis à côté de lui, le président Hervé Broch s'est montré lui aussi très précis. «L'objectif du Servette FC à long terme, c'est de nous qualifier pour une phase de ligue de la Coupe d'Europe», a-t-il assuré, sans préciser laquelle. «Nous avons pour ambition de ramener un titre, que ce soit un championnat ou une coupe», a-t-il ajouté, avant de fixer l'objectif à court terme, c'est-à-dire à l'été 2027. «Nous voulons nous qualifier pour l'Europe, soit via le championnat, soit via la Coupe.» En clair: la gagner. Ou terminer sur le podium en Super League.
Les principaux dirigeants du club grenat ont donc parlé de manière très claire ce lundi et fixé une vraie feuille de route, concrète et mesurable, à Jocelyn Gourvennec.
Et puis, en parallèle de ces objectifs sportifs et de résultats, John Williams a également été engagé avec une mission claire: rajeunir un effectif vieillissant et, enfin, faire de Servette un club non seulement performant dans la formation, mais aussi et surtout dans l'intégration de ces talents en première équipe. Jocelyn Gourvennec a initié le processus cette saison, essayant de rattraper tout le temps qu'avait perdu René Weiler sur ce trajet pourtant essentiel. Mardochée Miguel, Thomas Lopes, Téo Allix, Malek Ishuayed, Alonzo Vincent et Jamie Atangana font désormais partie de l'effectif et ont débuté en Super League cette saison. Et l'envie claire est que les suivants arrivent très vite.
Le chemin pour les jeunes, il faut le créer
Pour ce faire, John Williams assure que l'effectif de la première équipe sera resserré, par le biais des départs «naturels» et des fins de contrat. «Si vous avez un noyau dur de 22, 23 ou 25 joueurs expérimentés, c'est trop dur d'intégrer les jeunes. Si vous avez moins de joueurs matures, alors la place se fait mécaniquement. Il ne faut pas qu'ils arrivent en première équipe parce qu'il y a une suspension ou pour boucher un trou, il faut qu'ils viennent parce qu'il y a un chemin pour eux», explique le Britannique, dans un français parfait. Et ce chemin, il veut le créer.
«Cela fait un mois que je suis là, et je prends beaucoup de plaisir à ce que je fais. C'est une grande fierté pour moi d'être à Genève et de faire comprendre aux talents de l'académie qu'il y a désormais un chemin pour eux. J'en ai déjà rencontré plusieurs, qui sont courtisés par d'autres clubs, et je leur ai expliqué ce que nous voulions faire. Et qu'aujourd'hui, il y avait une place qui était faite pour eux», a-t-il assuré ce lundi. Histoire que les futurs Johan Manzambi et Winsley Boteli décident de rester à Genève et d'y jouer en première équipe plutôt que de partir à l'étranger en pleine adolescence. «Aujourd'hui, mon plus proche collaborateur à Servette, avec Jocelyn Gourvennec bien sûr, est Piero Costantino», détaille John Williams, en faisant référence au responsable des talents du Servette FC.
La data aura toute son importance à Servette
Si Servette veut promouvoir ses talents, il veut aussi recruter de manière plus efficace, ce qu'a confirmé le président Hervé Broch. «Nous avons vu que nous avions une équipe vieillissante et qu'il fallait réagir. Le Conseil d'administration a échangé avec la commission sportive et, au terme de cette discussion, il a été convenu de revenir à un modèle déjà connu par le passé, celui d'un directeur sportif, et nous avons établi son profil, lequel comportait notamment des compétences liées à la data, un domaine dans lequel nous devions progresser. Conseillé par deux personnes externes avec une grande compétence, nous avons établi une short-list et John Williams est la première personne que nous avons rencontrée. Il n'avait pas le CV le plus impressionnant de tous les candidats, je le dis honnêtement, mais après une heure et demie de discussions, nous avons été impressionnés par ses compétences, son attitude et son leadership. Il répondait parfaitement à tous nos critères.»
Quelques petits tacles glissés quand même
En plus de l'intégration des jeunes, John Williams est donc attendu sur le recrutement et la data. «Nous voulons recruter des joueurs qui correspondent beaucoup plus à ce qu'on veut faire pour atteindre nos objectifs», glisse-t-il, dans un petit tacle indirect à ce qui a été fait avant lui. «Si un joueur vient ici, il doit être bon et payé au juste prix, pas surpayé.» Deuxième tacle, tout en douceur. «Dans l'effectif actuel, il y a un trou générationnel qui concerne les joueurs qui ont entre 20 et 25 ans. Nous allons en recruter, ce qui correspond aussi bien à une ambition sportive qu'à un modèle économique vertueux. Ce qui me plaît beaucoup à Servette, et qui tranche avec ce que j'ai connu ailleurs peut-être, c'est qu'un joueur qui marque un but n'est pas forcément vendu tout de suite. Il peut rester, en marquer un deuxième, puis l'année d'après, en marquer un troisième, un quatrième et bien d'autres. On peut construire une aventure ensemble.» Et atteindre les objectifs fixés.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 36 | 33 | 74 | |
2 | FC St-Gall | 36 | 23 | 66 | |
3 | FC Lugano | 36 | 13 | 63 | |
4 | FC Sion | 36 | 23 | 61 | |
5 | FC Bâle | 36 | 3 | 56 | |
6 | Young Boys | 36 | 6 | 51 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lucerne | 36 | 6 | 47 | |
2 | Servette FC | 36 | 4 | 47 | |
3 | FC Lausanne-Sport | 36 | -10 | 42 | |
4 | FC Zurich | 36 | -20 | 38 | |
5 | Grasshopper Club Zurich | 36 | -29 | 27 | |
6 | FC Winterthour | 36 | -52 | 23 |

