Meriame Terchoun et Laia Ballesté à Genève
«Aujourd’hui, il est possible d’être professionnelle en Suisse»

Vendredi, les Servettiennes affrontent les championnes du Kazakhstan à Aktioubé pour une place au 3e tour qualificatif de la Champions League. Avec deux internationales suisses revenues cet été au bout du lac.
Meriame Terchoun, ici lors d'un match amical remporté 12-0 contre Sion, est de retour en Suisse.
Photo: IMAGO/Sports Press Photo
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Le championnat suisse progresse et les conditions s’améliorent.» Dans la lignée de l’Euro, plusieurs clubs ont de réels projets pour leur équipe féminine. «Aujourd’hui, il est possible d’être professionnelle en Suisse sans devoir travailler à côté, ajoute Meriame Terchoun, nouvelle recrue de Servette Chênois. C’est un signal positif, aussi bien pour les joueuses que pour le développement de la ligue.» Les retours au pays des internationales Sandrine Gaillard, ex-Mauron (Yverdon), Laia Ballesté (Servette) et Luana Bühler (Zurich), qui retrouvent Ramona Bachmann (YB) et Coumba Sow (FC Bâle), s’inscrivent dans ce sens.

Terchoun est bien placée pour savoir de quoi elle parle puisque, malgré des succès à la pelle au bord de la Limmat, elle avait quitté la Suisse à l’été 2022 pour pouvoir vivre du ballon rond. Après quatre années passées à Dijon, dont des derniers mois compliqués à gérer, elle a dû partir. «Nous devions constamment nous battre pour faire avancer le football féminin, alors que notre rôle est avant tout de jouer. C’était important de défendre notre discipline, mais la situation est devenue très pesante», explique la Zurichoise de 30 ans. L’équipe féminine, pourtant 6e de D1, a finalement été retirée au profit de l’équipe masculine, néopromue en deuxième division. Ce transfert à Genève lui permet de tourner la page.

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«Le club fait le maximum»

«Servette m’a offert une opportunité très intéressante avec la Champions League, explique l’internationale aux 46 sélections. Le club investit dans le football féminin et fait preuve d’un vrai professionnalisme. C’est quelque chose d’important pour moi.» À Dijon, malgré une 4e place lors de la saison 2024-25, les dirigeants n’ont jamais eu d’ambition pour la section féminine, tout le contraire du SFCCF qui, après avoir réalisé les doublés en 2024 et 2026, souhaite ne laisser que des miettes à ses adversaires. «Je suis venue à Genève pour gagner des titres», reconnaît celle qui peut jouer comme attaquante, milieu de couloir ou latérale.

Si le staff est «très professionnel», les infrastructures, en Suisse, ne rivalisent pas encore avec celles de nos voisins. «On ne peut pas vraiment comparer les deux situations, explique Meriame Terchoun. À Dijon, nous avions la chance de disposer d’un centre d’entraînement appartenant au DFCO. Ici, c’est différent. Le club fait le maximum avec les moyens dont il dispose.» Et le projet grenat attire, comme en atteste la signature de la gardienne Enith Salon, championne du monde avec l'Espagne en 2027.

Ces moyens pourraient toutefois augmenter si le SFCCF arrive régulièrement à se qualifier pour la Champions League, une participation à la phase de la Ligue rapportant 505’000 francs. Mais, pour cela, il faudra déjà s’imposer vendredi (16h en Suisse) contre les joueuses du FC Aktobe, championnes du Kazakhstan, afin d’accéder au 3e tour qualificatif.

«Un défi qui m'a beaucoup motivée»

La Champions League, c’est également l’un des éléments qui ont conduit Laia Ballesté à signer au SFCCF. «C’est un défi qui m’a beaucoup motivée, reconnaît la Neuchâteloise, qui a toujours vécu en Espagne.» Quitter le pays de Cervantès n’a toutefois pas été une décision facile. «Une grande partie de ma famille y vit. J’y ai beaucoup réfléchi. Mais le football est notre métier et notre passion. Il faut parfois saisir ce type d’opportunité. Et cela me permet de me rapprocher de la famille de ma mère.» Au bout du lac, la Neuchâteloise n’arrive toutefois pas en terre inconnue, puisqu’elle avait déjà côtoyé Enith Salon et Asun Martinez du côté de Valence, ainsi que l’entraîneur Cristian Toro.

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En Espagne, il est pratiquement impossible de soulever des trophées si l’on ne porte pas les couleurs du FC Barcelone. «C’est aussi très difficile de disputer la Champions League lorsqu’on ne joue pas dans l’un des tout grands clubs», ajoute Laia Ballesté. La défenseure de 27 ans a donc été attirée par les ambitions grenat, «un club qui travaille très bien pour devenir une référence dans le football féminin». Un détour par Genève qui peut aussi lui permettre de monter dans l’avion pour le Brésil l’été prochain.

Objectif Mondial 2027

Meriame Terchoun comme Laia Ballesté figuraient dans la liste des 23 de Pia Sundhage pour disputer l’Euro 2025 en Suisse. Mais, lors des deux derniers rassemblements de la Nati, elles n’étaient que réservistes. L’un de leurs objectifs est donc de briller sur la scène internationale pour espérer faire leur retour avec la sélection nationale lors des barrages pour le Mondial cet automne. «C’est évidemment un objectif. Il y aura la Coupe du monde et j’aimerais en faire partie», affirme la Neuchâteloise.

«Avec Servette, j’espère désormais retrouver ma meilleure forme et le plaisir de jouer, poursuit Terchoun. Lorsqu’on ne se sent pas bien dans son club, il est difficile d’être performante en sélection. Cela fait partie du football. Nous avons eu une discussion très ouverte avec Rafel Navarro et j’ai apprécié son approche humaine. Cela m’a aidée à avancer.» Mais la route jusqu’au Brésil est encore longue. Avec une première escale importante à franchir au Kazakhstan.

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