«Nous n'en pouvons plus de nous taire.» Mardi, les footballeuses du championnat de France ont tiré la sonnette d'alarme pour exiger la signature d'une convention collective avant le début de la saison prochaine. S'en est suivie une mobilisation sur les réseaux sociaux pour dénoncer leurs conditions de travail. Les internationales helvétiques évoluant en D1, Ana-Maria Crnogorcevic, Eseosa Aigbogun et Meriame Terchoun, y ont également participé.
Plus tôt dans la journée, les capitaines des équipes des deux premières divisions françaises avaient publié un communiqué commun. «Nous ne demandons pas un traitement particulier. Nous demandons un cadre équitable. Une convention collective, ce n’est pas un avantage. C’est une base essentielle: pour protéger la santé, encadrer les conditions de travail, sécuriser les carrières et faire vivre un véritable dialogue social», expliquent-elles. A l'initiative de l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), de très nombreuses joueuses professionnelles ont ensuite, simultanément, relayé le message sur les réseaux sociaux. Un mouvement d'une ampleur inédite à cette échelle.
«On ne parle pas de salaire»
«Le football ne peut pas avancer à moitié», regrette l'UNFP. Alors qu'en à peine quelques mois, le cadre d'une convention collective a fait plusieurs bonds en avant concernant la future Ligue 3 masculine, les négociations au sujet du football féminin n'ont pratiquement pas évolué depuis trois ans. «Ce n'est pas une question de priorité. C'est une question de choix, déplorent les capitaines. Ce décalage interroge. Il n'est plus acceptable.»
En France, en 2026, les footballeuses professionnelles ne disposent toujours pas d'un cadre de protection via une convention collective. «Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques, ajoutent-elles. Nous méritons les mêmes droits.» Et de préciser: «On ne parle pas de salaire. On parle principalement de protection sociale.»
L'exemple de Dijon, où évolue Meriame Terchoun, est particulièrement éloquent pour illustrer ce manque de considération. Les dirigeants, qui cherchent à faire quelques économies, ont déjà annoncé qu'en l'absence de repreneurs ou de soutiens financiers, ils envisageaient de retirer leur équipe professionnelle. Leurs homologues masculins, qui évoluent en National 1, leur ont apporté leur soutien vendredi dernier en se présentant sur le terrain avec un t-shirt noir: «Soutien à la section féminine». Suffisant pour faire changer d'avis le président du DFCO?