Quelle ascension en douze mois!
Leila Wandeler n'a qu'un seul problème à Londres

En une année, Leila Wandeler a complètement changé de vie. La Fribourgeoise de 19 ans découvre une nouvelle vie à Londres dans la foulée de ses entrées fracassantes à l'Euro. Avec un seul danger: le shopping! Pour le reste, l'ascension fulgurante est maîtrisée.
Quelle année 2025 pour Leila Wandeler!
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«Leila? Elle adore danser, elle écoute toujours de la musique, est toujours à fond et de bonne humeur. Et sur le terrain, techniquement elle assure. Elle est très douée avec le ballon.» Voici, pour Blick, comment Noelle Maritz définit sa jeune coéquipière Leila Wandeler en deux phrases. Qu'en pense la Fribourgeoise de 19 ans? «C'est pas mal, elle m'a bien cerné», rigole-t-elle franchement, à l'heure de faire, toujours pour Blick, le bilan de son année 2025 qui a été celle d'une folle ascension, de l'anonymat à une gloire naissante en Suisse dans la foulée de ses débuts en équipe nationale et de son transfert à West Ham.

«C'est vrai que si je regarde un an en arrière, ça fait un saut énorme!», s'étonne-t-elle presque. Comment a-t-elle fait pour le digérer? «En profitant de chaque instant, tout simplement! C'est ça la clé. Je ne banalise surtout pas le simple fait d'être professionnelle, de pouvoir m'entraîner tous les jours et ne faire que ça. C'était un rêve depuis longtemps et chaque matin je me réveille en me disant que j'ai de la chance. C'est pour cela que je garde les pieds sur terre», répond-elle en toute franchise, elle qui habite depuis cet été à Londres.

Les dangers de Londres côté shopping

«Ce qui est difficile, c'est pour le shopping! J'avoue que je suis un peu dépensière, il faudra bien que je m'arrête au bout d'un moment (rires). Je rigole, mais c'est quand même un peu vrai, je profite bien de la ville, surtout que je n'habite pas trop loin du centre. Après, je n'ai pas tout le temps de sortir non plus», sourit-elle, heureuse de sa nouvelle vie et du chemin parcouru en douze mois.

«Je me sens bien à West Ham, je suis très très contente de pouvoir jouer en Angleterre. Le style est différent, ça prend un bon temps d’adaptation, parce que ça change du foot français, c’est plus physique et ça demande plus de force. Le niveau est beaucoup plus élevé, surtout que je jouais beaucoup avec la réserve en France. Et là, tout d’un coup, en championnat, tu te retrouves en championnat avec des filles qui ne te laissent pas respirer, ça change énormément, mais je m'adapte», confie-t-elle.

Souffre-t-elle encore à l'entraînement? «Oui, c'est dur, mais aujourd'hui, cela fait quelques mois que j'y suis, donc j’ai de plus en plus mes repères, mes appuis et tout. Je me sens de mieux en mieux.»

La jeune Fribourgeoise se sent bien à Londres.
Photo: WSL Football via Getty Images

Le rythme change aussi grandement, que ce soit sur les terrains d'entraînement ou dans l'enchaînement des matches. «Oui, typiquement cet hiver, on ne coupe que dix jours puisqu'on rejoue déjà contre Chelsea le 11 janvier, un match très important. Les vacances sont courtes, mais quand on est footballeuse professionnelle, on sait que ce n’est pas ce qu’il y a plus de important. Je vais essayer d’en profiter, mais sans perdre la forme pour autant.»

Joker, c'est bien... pour l'instant

Les axes de progression sont déjà identifiés pour 2026: changer petit à petit de statut, tant en club qu'en équipe nationale (sept sélections, aucune titularisation). «J’ai encore beaucoup de choses à améliorer, j'en suis consciente. A l’Euro, j’étais une joker, qui rentrait et qui cherchait à amener de l’énergie pendant les matches. Dans les prochaines années, j’ai envie de me faire ma place dans cette équipe. Et pour ça, je dois m’améliorer, avoir plus de temps de jeu en club aussi. J’ai été intégrée très vite à la Nati, les filles ont toutes été très sympa avec moi. Il s’est passé beaucoup de choses, mais je veux continuer à avancer.» Le message est clair: elle a déjà les prochaines étapes en tête.

Leila Wandeler compte sept sélections en équipe nationale, toutes constituées d'entrées en jeu.
Photo: keystone-sda.ch

Que fait Leila Wandeler de son temps libre à Londres, outre le shopping un peu trop outrancier? «Comme l'a dit Noelle, j’adore danser, m’amuser. Et la musique bien sûr! Le matin, quand on fait la gym, je vais souvent danser, mais je travaille aussi. C’est difficile parfois de faire comprendre que je fais les deux en même temps», sourit-elle avec son naturel désarmant.

Prend-elle des cours d'anglais? «Non, ça va, je me débrouille déjà assez bien. Sur mon temps libre, j’aime beaucoup écouter de la musique, en jouer aussi, surtout du piano et de la guitare. Et puis sortir un peu, visiter.»

Des études de psychologie dans le viseur

Quand elle sera encore mieux installée et qu'elle aura trouvé sa routine, elle n'exclut pas de reprendre ses études. «J’ai commencé l’année dernière, j’ai fait un semestre de psychologie à Lyon. J’aurais aimé continuer, mais le système est adapté pour la France, il fallait que je m’y rende pour les examens et c'était compliqué. Mais j’ai envie de continuer, je le garde dans un coin de ma tête, j’aime bien l’aspect psychologique.»

Les choses pourraient s'accélérer bientôt d ce point de vue. «Je dois m’organiser un peu. Depuis le début de la saison, les choses se sont passées un peu vite. J’avais la tête un peu partout. Et c’est vrai que je n’ai pas eu le temps de me poser, de me dire: maintenant il faut que je m’inscrive, il faut que je fasse tout ça. Mais j’ai envie de poursuivre.»

Les débuts à West Ham sont plus qu'encourageants.
Photo: Getty Images

Le début du mois de décembre a été pour elle l'occasion de quitter quelques jours Londres, cette ville qu'elle adore, pour retrouver l'environnement de l'équipe nationale et découvrir le style de Rafel Navarro, le nouveau sélectionneur.

Un nouveau style avec la Nati

«C'est tout nouveau bien sûr. Il nous a vite expliqué son plan de jeu et on l'a bien compris. Il va prendre un peu de temps à mettre en place, mais on apprécie, il y a beaucoup de jeu, c'est très axé technique. En ce qui me concerne, ça me convient parfaitement, j'ai passé beaucoup de temps à l'académie de l'Olympique lyonnais, où on jouait un style relativement similaire.»

Ce stage à Jerez de la Frontera a également permis de voir le soleil, ce qui a fait du bien à tout le monde. «Ça faisait un petit moment qu'on ne s'était pas croisés lui et moi, donc j'en ai profité!».

Objectif Brésil 2027

En parlant de soleil, l'été 2027 sera celui de la Coupe du monde au Brésil. Rien que d'en parler, le visage de Leila Wandeler s'illumine. «C'est l'objectif numéro 1 pour tout le monde. On est capables d'y aller, il faudra qu'on utilise chaque instant à disposition pour nous améliorer. Une Coupe du monde, tu n'as jamais envie de la rater.»

La route de l'année 2026 est déjà toute tracée pour la jeune Fribourgeoise: améliorer son statut en club et en sélection et aider la Nati à rejoindre le Brésil. Quel programme! 

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