Cinq «nouveaux» sur vingt-deux
La Nati prépare sa relève, sans écarter ses cadres

Murat Yakin a convoqué cinq joueurs presque sans expérience avec la Nati. Entre premières chances et cadres vieillissants, la relève suisse commence à prendre forme.
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Ce jeudi, Murat Yakin a présenté une liste de 25 joueurs pour le rassemblement de septembre-octobre.
Photo: keystone-sda.ch
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Bastien FellerJournaliste Blick

L’équipe de Suisse a passé un cap ce jeudi. À Muri, Murat Yakin a annoncé une liste pour les matches de septembre et d’octobre comprenant, parmi les 22 joueurs de champ, cinq éléments qui n’ont pratiquement aucune expérience avec la Nati. Deux d’entre eux, Alvyn Sanches (23 ans) et Adrian Bajrami (24 ans), n’ont disputé que quelques minutes (respectivement 97 et 14). Les trois autres, Zachary Athekame (21 ans), Winsley Boteli (20 ans) et Sascha Britschgi (20 ans), affichent encore zéro sélection. Si le premier avait été appelé en renfort en Slovénie l’automne dernier, les deux autres n’avaient jamais été convoqués auparavant.

Sascha Britschgi et Zachary Athekame, qui occupent tous deux le poste de latéral droit, ont été retenus ce jeudi grâce à leurs performances en club, à Parme et à Lyon. Mais aussi parce que Silvan Widmer a décidé de mettre un terme à sa carrière après la dernière Coupe du monde, ouvrant ainsi une place à ce poste. «Nous sommes très heureux d’avoir deux jeunes joueurs qui ont montré leurs qualités à l’étranger. Nous pouvons leur donner l’occasion de faire leurs débuts et les aider à progresser», commente le sélectionneur national, qui peut se réjouir de leur polyvalence. «Ils nous offrent des possibilités des deux côtés.» À gauche, la relève de Ricardo Rodriguez reste à construire. Miro Muheim, autre candidat à ce poste, n’a pas été convoqué: il a récemment repris l’entraînement avec Hambourg, mais n’a pas encore disputé de match. Murat Yakin estime qu’une convocation n’aurait donc pas eu de sens à ce stade, tout en gardant la possibilité de rappeler un joueur d’ici dimanche.

«C’est au joueur de saisir sa chance»

Plus haut sur le terrain, Alvyn Sanches retrouve l’équipe de Suisse, avec laquelle il entretient une histoire contrariée. Lors de sa première sélection, en mars 2025 en Irlande du Nord, le Lausannois s’était déchiré le ligament croisé. Une blessure qui avait repoussé son départ à l’étranger. Ce printemps, après deux entrées moyennes face à l’Allemagne et à la Norvège, il n’avait pas été convié à participer à la Coupe du monde en Amérique du Nord.

Winsley Boteli, lui, pourrait connaître ses premières minutes avec la Nati lors de l’un des quatre matches à venir. Murat Yakin a toutefois prévenu qu’il ne ferait aucun cadeau aux nouveaux venus, même à ceux qui peuvent encore représenter une autre nation. «Nous pouvons seulement leur offrir une plateforme. C’est au joueur de saisir sa chance et de la concrétiser», explique-t-il, en faisant référence à Johann Manzambi, qui a explosé depuis sa première sélection en juin 2025. «C’est un cas exceptionnel: en très peu de temps, il a montré par ses performances qu’il pouvait évoluer à ce niveau. D’autres joueurs ont peut-être encore besoin de quelques matches dans les jambes.»

La succession d’un duo très installé

Reste que la Nati doit aussi préparer la relève de ses cadres, sans perdre de nouveaux talents. Trois titulaires du Mondial 2026 (Granit Xhaka, Remo Freuler et Ricardo Rodriguez) ont en effet la trentaine bien entamée (33, 34 et 33 ans). Et si Manuel Akanji a 31 ans, Denis Zakaria, Breel Embolo, Djibril Sow et Michel Aebischer fêteront tous leur 30e anniversaire dans quelques mois. La question de l’avenir se pose donc, d’autant que plusieurs joueurs prometteurs, dont Leon Avdullahu et Alessandro Romano, tous les deux milieux de terrain, ont opté pour d’autres sélections ces derniers mois.

«C’est un processus continu. Si je me souviens bien, il y a trois ans, six ou sept joueurs disputaient encore l’Euro M21. Il ne s’agit pas simplement de dire que nous rajeunissons l’équipe. Ce qui compte, c’est d’intégrer régulièrement les bons joueurs et de voir s’ils sont déjà prêts», explique Murat Yakin. La question de la relève au milieu de terrain finira toutefois par se poser.

Ses deux piliers, Granit Xhaka et Remo Freuler, ne seront pas éternels et la prochaine grande compétition n’arrivera qu’en 2028. Ardon Jashari (24 ans), Fabian Rieder (24 ans) ou encore Cheveyo Tsawa (19 ans, international M21) postulent pour les remplacer à moyen terme. Mais pas tout de suite: Murat Yakin compte encore beaucoup, et à juste titre, sur ses deux cadres. «Ce n’est pas leur âge qui compte, mais leur état de forme, leurs performances et le fait que les complémentarités au sein de l’équipe fonctionnent. Tant qu’ils jouent régulièrement et sont performants en club, ils restent importants pour l’équipe nationale», assure le sélectionneur, qui attend d’eux qu’ils facilitent l’adaptation des nouveaux. «Les joueurs plus âgés ont maintenant la responsabilité d’intégrer les jeunes, de les aider et de les soutenir.» Avant de leur céder leur place, comme le voudrait l’ordre des choses.

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