«L'efficacité a fait la différence aujourd'hui.» Arnaud Vialatte n'a pas voulu pointer du doigt les directeurs de jeu à l'issue de la défaite d'Yverdon Sport contre Thoune (0-2), dimanche au Stade municipal, malgré une faute non-sifflée à l'origine de la deuxième réussite bernoise et plusieurs décisions litigieuses. «C'est nous qui avons perdu le match, ce n'est pas à cause des arbitres», résume l'entraîneur nord-vaudois. Le public, qui n'a pas manqué de les critiquer, n'est peut-être pas tout à fait de son avis.
La frustration de ne pas avoir exploité sa supériorité dans le jeu prédominait chez les pensionnaires du Stade municipal. «Il a manqué de la précision dans la zone 3, un peu de chance et de la lucidité», poursuit le coach. Les Oberlandaises, comme la semaine précédente contre Sion, ont fait preuve de beaucoup de roublardise et d'expérience. Les absences de Tanja Bodenmann, Valentine Rahm, Elisa Zeller et surtout Maéva Clémaron se font fortement ressentir dans ces matches où la pression est très grande. «Il nous a peut-être manqué un peu de malice. On a une équipe jeune, il ne faut pas l'oublier. Vous avez beau être meilleurs sur le plan du jeu, sur les schémas, sur la tactique, au final, ce sont elles qui ont gagné le match.» Pourtant, YSF était clairement l'équipe qui avait le mieux entamé cette partie. «En deuxième période, le jeu n'est que de leur côté, mais on n'arrive pas à planter des buts», ajoute Maeva Sogan.
«On va devoir garder notre calme»
«Le football ne gagne pas toujours», affirme Arnaud Vialatte. Fidèle à sa philosophie, la meilleure équipe de la saison régulière de LNB (19 victoires, trois nuls, zéro défaite) n'a pas renié ses principes basés sur la circulation du ballon. «Les gens (ndlr: 812 personnes dimanche) passent un bon moment ici car on propose du jeu», relève l'entraîneur. Mais la réussite rapide des visiteuses (Céline Schmid, 10e) a quelque peu coupé l'allant des Vertes. Durant ce tour de promotion/relégation, YSF, qui s'était imposé dans l'Oberland puis à Sion, n'a toujours pas gagné dans son antre. Elles n'auront pas d'autres choix que de relever la tête samedi prochain contre les Valaisannes (18h). Et le coach de prévenir: «On va devoir garder notre calme, trouver des meilleures opportunités et frapper plus au but.»
En raison de cette défaite, Yverdon passe du mauvais côté de la barre. Lucerne, qui a réalisé un sans-faute, occupe la première place avec 12 points. Thoune et YSF suivent avec six unités. Mais les Bernoises sont devant grâce à une différence de buts favorable (+2 contre 0). Selon l'article 48 du Règlement de Jeu de l'ASF, en cas d'égalité de points, c'est d'abord le goal average général, suivi du plus grand nombre de buts inscrits, qui départage les équipes. Dans les têtes nord-vaudoises, il faudra profiter de la venue de la lanterne rouge sédunoise pour marquer. Si possible, beaucoup. L'an dernier, les Yverdonnoises avaient manqué la promotion pour un petit but.
Un derby explosif
En plus de devoir digérer une défaite qui «donne un coup au moral», les pensionnaires du Stade municipal devront également composer avec un autre coup dur. Expulsée pour un mauvais geste en fin de match, Inès Khiri, meilleurs buteuse d'YSF cette saison (20 réalisations en championnat) ne sera pas présente. De quoi, très probablement, donner du temps de jeu à sa remplaçante habituelle, Maeva Sogan. «Je vais me donner à fond, je suis déterminée. On va retourner demain (ndlr: lundi) sur les terrains et mettre les bouchées doubles. Il faudra tout donner pour ne pas avoir de regrets.» D'autant plus qu'Yverdon ne va pas pouvoir compter une supposée solidarité romande contre le FC Sion Féminin, qui s'était incliné 0-1 il y a deux semaines, malgré quatre montants.
«Elles vont venir pour nous battre, elles n'ont pas envie qu'on monte», rappelle Arnaud Vialatte. Un contentieux existe entre les deux équipes, en plus de l'aspect «derby romand». Le 28 février dernier, les Valaisannes, faute d'avoir assez de joueuses à disposition, n'avaient pas pu se déplacer au Stade municipal, entraînant une défaite par forfait (3-0). Elles avaient demandé de reporter ce match, une requête refusée par les Nord-Vaudoises, car survenue «trop tardivement» et qui entraînait des préjudices sportifs, économiques, en termes d'image et de crédibilité, avait expliqué Yverdon au quotidien «24 Heures». Les retrouvailles avec Inès Aymon et ses coéquipières s'annoncent palpitantes.