Aurélien Mioch est prostré sur l'un des fauteuils moelleux et vert de l'un des bancs du stade Municipal, après la lourde défaite de son Stade Nyonnais face à Yverdon Sport. Ses yeux bleus dans le vague, l’entraîneur nyonnais refait le match avec son assistant. La saison dernière, c’était lui qui occupait ce rôle d’assistant. Pas à Nyon, non, mais bien à Yverdon, d’abord aux côtés d’Adrian Ursea (29 matches), puis de Martin Andermatt (12 matches). Le Français retrouvait donc dimanche un environnement qu’il connaissait bien à Yverdon-les-Bains, en changeant juste de banc de touche.
«Ça fait plaisir de revoir certaines personnes que je n’avais pas revues depuis plusieurs mois et avec qui j’étais proche. C’était ce côté sympa d’avant-match. Mais une fois que ça a commencé, on oublie tout ça», commence-t-il. Du moins jusqu’à la 6e, moment choisi par Aurélien Mioch et Martin Andermatt pour s’offrir une belle accolade entre les deux zones techniques. «C’est toujours super de revoir un ancien assistant. Ce n’est pas le premier, j’en ai croisé beaucoup dans ma carrière», rigole le dernier nommé, toujours entraîneur d’YS. L’énergie de son ancien bras droit lui manque-t-il sur son banc? «Je ne vais pas parler des choses du passé. Je peux seulement dire qu’on a fait un bon travail ensemble et qu’il est maintenant sur un autre banc», répond Martin Andermatt, toujours aussi expansif.
Nouveau rôle, même objectif de progression
Aurélien Mioch est donc sur un autre banc, celui de Nyon, aussi et surtout avec un autre rôle à assumer: celui d’entraîneur principal. Un poste qu’il a déjà connu chez les juniors et les féminines, mais jamais chez les pros. «Ce qui change, c’est que c’est à moi de prendre les décisions et d’avoir les responsabilités. D’un point de vue personnel, c’est énormément d’expérience, beaucoup de boulot et de problèmes à résoudre», explique le coach de 45 ans.
À la tête du Stade Nyonnais, il a l’avantage (si c’en est un) de retrouver des similarités avec ses anciens jobs. «C’est vrai que je suis dans mon élément avec tous ces jeunes. Je retrouve beaucoup de similitudes avec ce que j’ai pu faire dans mes années à la formation, à Xamax ou Sion. Et même en tant qu’assistant, j’avais beaucoup ce rôle de faire progresser les jeunes», détaille Aurélien Mioch.
Il aura fort à faire au Stade Nyonnais, où l’âge moyen de son effectif se chiffre à 21,3 ans, de loin le plus jeune de Challenge League. «Le contexte est différent de beaucoup de clubs de SFL. On est dans un projet avec beaucoup de jeunes, qui n’étaient pas des contrats professionnels l’année dernière. Il faut les faire progresser, collectivement, individuellement», ajoute-t-il. Sans oublier le seul objectif sportif du club: «Tout faire pour éviter la dernière place».
Des baskets, pas des claquettes
Une mission compliquée, qui «va demander du temps» au coach et à son groupe. «Il ne faut pas oublier que quand on a repris l’entraînement, il n’y avait pas de joueurs, pas d’équipe. Ce sont des joueurs qui n’ont pas de vécu en professionnel, qui n’ont pas de vécu commun. On ne peut pas aller plus vite que la musique. Donc on construit, on a espoir, il faut avancer», déclare Aurélien Mioch.
Le Français est loin de se laisser abattre, et ce même quand il se voit obligé de réprimander l’un de ses jeunes joueurs (dont on taira le nom), qui agit… comme un jeune, après une lourde défaite. «Quand on perd un match, on ne se balade pas en claquettes sur la pelouse, devant les gens qui sont venus vous voir, soupire Aurélien Mioch. C’est tous les jours des choses comme ça. Ça fait partie du job. C’est de l’énergie qu’on préfèrerait mettre ailleurs, mais ça fait partie de leur éducation, terrain et hors-terrain.»
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