Grégoire Surdez
Silhouette impeccable, tempes à peine grisonnantes, Youri Djorkaeff ne semble pas être un champion du monde du siècle passé. L’ancien attaquant des Bleus de 1998 était à Genève ce samedi à l’occasion de la première journée du Rolex Switzerland SailGP. En tant que passionné de voile, bien sût. Mais également en tant qu’investisseur de l’équipe française de Quentin Delapierre, DS Automobiles France. Blick lui a tendu le micro juste avant le décollage des F50.
Youri Djorkaeff, c’est un plaisir de vous voir ici à Genève. Qu'est-ce qui vous a convaincu d'investir dans le SailGP , et plus précisément dans l’équipe française?
Beaucoup de choses. La première, la plus importante, c'est l'envie de relever un nouveau défi. de faire partie de l’aventure. J’aime la voile depuis très longtemps et je suis le SailGP depuis ses débuts. Plus globalement, j'ai été l'un des parrains du bateau français lors de la Coupe de l'America en 2000. Et j’avais même eu l’honneur et la chance d’y participer en étant à bord lors de la demi-finale contre le bateau Prada. Ce fut l’une des plus belles expériences que j’aie jamais vécues dans le sport. En France, nous sommes entourés de héros de la mer, de champions de la voile. C’est un milieu qui me fascine pour tout ce qui se passe à bord mais également en dehors du bateau.
Mais pourquoi le SailGP?
La valeur de cette ligue est unique. C’est un championnat mondial qui permet de naviguer partout dans les plus beaux endroits. Mais pour moi, le plus important, c’est de pouvoir investir dans un projet français. C’est rare de pouvoir investir dans une structure qui porte la marque de la France. Là, c’est un bateau français arborant le drapeau français. Cela signifie beaucoup pour moi de m’impliquer dans l’histoire sportive de la France. Et c’est le SailGP qui m’a offert cette opportunité.
C’est aussi une histoire de famille, juste?
Oui absolument. Avec mon fils ainé, Sasha, nous avons créé une structure pour investir dans le sport. C’était notre premier investissement et, pour nous, c’est très important car le fait que père et fils s’impliquent dans ce bateau français signifie beaucoup.
Ce format avec des équipes qui représentent des pays vous a particulièrement séduit?
Il y a 13 - bientôt 14 - bateaux identiques, avec des équipes mixtes. Il y a cette énergie propre à la voile, mais aussi la technologie. C’est un sport très compétitif, très exigeant. En tant que spectateurs, j’apprécie autant de regarder les courses à la télévision que d’être sur place, comme ici à Genève. Les courses sont de mieux en mieux filmées, expliquées. C’est un sport qui gagne régulièrement en popularité. Mais il faut que cela continue de s’améliorer car malgré tout, la voile reste pour l’instant un sport très marginal. Mais les choses changent justement avec une ligue comme le SailGP. Petit à petit, la voile se fait une place dans le paysage des médias et c’est très bien.
En voile, mais dans le sport en général, ce sont toujours les humains qui font la différence. La valeur du sport en live devient une valeur refuge.
Aller voir du sport en live, ici ou dans un stade, c’est pour cela que plus que jamais, on est prêt à payer sa place. Pour vivre ce moment en direct, unique, que personne ne peut prédire à l’avance et qui restera à jamais gravé dans notre mémoire. C’est ça qui fait la beauté du sport.
Quand vous étiez footballeur, auriez-vous imaginé qu’un jour, des bateaux courraient dans des stades pleins comme celui qui est installé ici à Genève?
Certainement pas! et c’est absolument incroyable de voir ça. La voile dans un stade, ça ne pouvait que me séduire. C’est nouveau. Il y a quelque chose qui se construit avec le SailGP, c’est ce lien avec les supporters. Avant, il y avait le départ et l’arrivée de la course. Mais entre les deux, rien. Ici, on peut presque toucher les bateaux du bouton de doigts. C’est unique.