T'as où les produits?
Dans les combats de reines, on lutte aussi contre le dopage

Depuis 1996, certaines vaches de la race d'Hérens sont contrôlées contre le dopage lors de la finale nationale. Jusqu'à maintenant, aucun contrôle n'est encore ressorti positif.
Publié: 09.05.2022 à 18:38 heures
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Dernière mise à jour: 10.05.2022 à 09:16 heures
Shita (à gauche) a remporté la finale nationale à Aproz dimanche.
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Matthias DavetJournaliste Blick

Quel est le lien entre Lance Armstrong et Vanda, la reine victorieuse de la 3e catégorie de la finale nationale d’Aproz (VS)? Le passage par la case anti-dopage. Mais contrairement au septuple vainqueur déchu du Tour de France, la vache était «clean» et pourra conserver sa couronne.

C’est un aspect plus méconnu des fameux combats de reines qui vous est révélé dans cet article: certaines vaches doivent être contrôlées contre un éventuel dopage. Rassurez-vous, elles ne doivent pas uriner dans une petite (ni une grande) éprouvette – une prise de sang fait l’affaire. «Mais il n’y a jamais eu de cas positif», souligne d’emblée Fabien Sauthier, président de la Fédération Suisse d’élevage de la race d’Hérens (FSEH). C’est à ce moment que l’analogie avec le cyclisme prend fin.

Shita a été la grande gagnante en Valais.

Fabien Sauthier était bien évidemment à Aproz ce week-end pour observer le point d’orgue de la saison royale. Et assister à la victoire de Shita.

Tigresse et Vanda, les élues

Revenons à nos moutons… Enfin, à nos vaches. Shita n’a pas fait partie des heureuses élues qui ont dû être testées dimanche. Elle a laissé cet honneur à Tigresse et à Vanda, les reines des 2e et 3e catégories. Parmi les quatre gagnantes des catégories, deux sont tirées au sort et doivent passer devant la vétérinaire.

Cette pratique a été instaurée en 1996 afin de prouver que les éleveurs ne dopaient pas leurs animaux aux amphétamines pour les combats. «Mais on a diminué le nombre de contrôles», précise Fabien Sauthier. Car ceux-ci ont un prix: «Chaque contrôle coûte environ 300 francs», explique Eric Krichmeier, le vétérinaire cantonal du Valais. Additionnés au défraiement du vétérinaire de piquet pour le week-end (700 francs), les frais de santé sont plutôt élevés.

Des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques

Quels sont les produits illégaux recherchés dans le sang des vaches? Au sein de la FSEH, cela semble flou et on préfère nous renvoyer auprès du médecin cantonal. La réponse d’Eric Krichmeier est claire comme l’eau d’un abreuvoir: «La plupart des traitements médicamenteux sont interdits et ne doivent donc pas être détectables lors des analyses ou des contrôles anti-dopages effectués. […] L’administration de substances destinées à stimuler les capacités physiques d’animaux en vue de joutes sportives est interdite.»

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Depuis 1996, les reines sont testées.

Plus loin, le vétérinaire cantonal nous apprend qu'il y a des exceptions à la règle: «certains médicaments, comme, par exemple, des antibiotiques ou antiparasitaires, peuvent tout de même être autorisés.» Il précise également pourquoi la plupart des autres substances sont interdites: «il s’agit de protéger les animaux afin qu’ils ne puissent pas se blesser ou subir de préjudice en participant à des combats sous l’emprise de médicaments qui pourraient masquer des blessures, ou un mauvais état de santé, tout en veillant aussi à ce que l’équité de la compétition soit assurée.»

«On ne donne rien de spécial»

Comment expliquer toutefois qu’aucune vache n’ait jamais été testée positive? Pour Fabien Sauthier, c’est bien simple: «On ne donne rien de spécial aux vaches.» Pour le résident de Vollèges, le seul risque viendrait d’une éventuelle maladie quelques jours avant la compétition, qui obligeraient les éleveurs à soigner leurs bêtes. «Mais si quelqu’un donne un antibiotique à une vache, c’est qu’elle n’est pas bien et donc, il ne l’amènera pas au match», précise-t-il.

Autant dire que dans les combats de reines en Valais, on a pris le taureau de la lutte contre le dopage par les cornes. Mais pas trop fort quand même.

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