Un SailGP très spectaculaire
Même au pied du podium, la Suisse a mis le feu au lac

Qualifié pour la finale à quatre du Rolex Switzerland SailGP à Genève, le bateau suisse a répondu aux attentes de son public.
Le SailGP a tenu ses promesses ce week-end.
Photo: keystone-sda.ch
Grégoire Surdez

Impossible de faire grise mine. Même une place au pied du podium ne peut venir gâcher le plaisir d’avoir pu mettre le feu au lac. Le deuxième Rolex SailGP de l’histoire a tenu finalement ses promesses. Après un samedi paresseux. Le vent s’est invité par intermittence, dimanche, sur le stade nautique installé le long des quais à Genève. De quoi offrir au public quelques joutes de haut-vol. «On se souviendra longtemps de notre deuxième manche du jour, s’exclame Sébastien Schneiter, le talentueux barreur d’Explora Journeys Swiss. C’est une course que nous devions absolument gagner pour être certains de laisser les Kiwis derrière nous et nous qualifier pour la finale. On a fait le bon choix dans cette manche en allant chercher le bon côté du plan d’eau pour revenir sur la tête de la course et prendre l’avantage. Tout cela devant les tribunes pleines qui faisaient un maximum de bruit.» Le temps de cette manche, donc, disputée dans des conditions favorables au foiling, la foule a pu prendre la véritable mesure de ce que peut proposer de mieux le SailGP. Des régates intenses, des croisements au cordeau, et des vitesses qui grimpent très vite lorsque les F50 se mettent à voler sur leur foils. «Que cela vole ou pas, c’est définitivement deux sports différents, souligne Julien Di Biase, directeur opérationnel du SailGP. Heureusement que le vent s’est levé aujourd’hui pour nous offrir ces beaux moments car après les courses de l’an passé, et celles de samedi, cela aurait été très dur de ne pas pouvoir offrir un peu de spectacle au public. Cela aurait été d’autant plus rageant que dès lundi, et pour trois jours, on annonce de la bise et un grand soleil à Genève!»

Du monde sur les quais.
Photo: keystone-sda.ch

Pas de regret donc pour l’organisateur, tout heureux d’avoir vu le régional de l’étape se qualifier, comme l’an dernier, pour une nouvelle finale (la 3e lors de 5 derniers GP). «Nous ne serons pas au calendrier en 2027, mais l’envie de revenir dès 2028 est bien réelle, poursuit Julien Di Biase. Tant la ligue que Rolex, sponsor titre du SailGP, veulent travailler dans ce sens avec les autorités pour inscrire cet événement genevois dans la durée. C’était déjà le cas l’an passé: les retours des équipes et des partenaires sont excellents. Les gens adorent vraiment venir ici.»

Un coup de frein inévitable, mais fatal

A commencer sans doute par les Espagnols de Los Gallos qui ont décroché la victoire devant l’Australie et le Danemark dans une finale à quatre qui s’est jouée comme souvent lors de la phase de départ. Après sa qualification spectaculaire, la Suisse a pris un risque pour ne pas avoir de regrets. Un risque qui n’a pas payé lorsque le Danemark a forcé Sébastien Schneiter à modifier une trajectoire qui semblait parfaite. Un coup de frein inévitable qui a eu des conséquences irréversibles.. Le train du podium est parti sans le bateau suisse. Impossible, sur des manches aussi courtes (moins de 10 minutes), d’espérer revenir. C’est donc sans regret que la Suisse conclut son week-end à domicile. «Il nous reste deux Grand Prix cette saison pour essayer d’aller enfin chercher cette première victoire en SailGP, explique Sébastien Schneiter. Et quoi qu’il arrive, nous sommes vraiment sur une bonne dynamique. C’est de très bonne augure pour la suite et la saison prochaine.»

Même l’absence d’un Grand Prix de Suisse en 2027 ne vient pas ternir la joie d’un week-end qui aura finalement tenu ses promesses.

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