La chronique de Marie-Bertrande Duay
Paillasson ou neutralité: la réponse nous appartient

Sanctions contre la Russie, avions F-35 américains, absence de mesures contre Israël: la Suisse est-elle encore neutre? Dans sa nouvelle chronique, Marie-Bertrande Duay milite pour une vrais neutralité.
Marie-Bertrande Duay milite pour une vrais neutralité suisse.
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Marie-Bertrande Duay
Marie-Bertrande DuayPrésidente des Femmes UDC Romandes - Chroniqueuse Blick

Notre Suisse, nous l’aimons. Nous l’aimons car elle nous a permis de nous épanouir dans un pays en paix, un pays qui a su échapper à tant de guerres, une nation qui nous a permis de ne pas vivre les deux premières guerres mondiales, contrairement à nos voisins qui en ont lourdement souffert.

Néanmoins, aujourd’hui, tant d’incertitudes rythment le développement de ses relations internationales. Tel un paillasson, notre Suisse se laisse piétiner et salir par les nations puissantes et les entités internationales qui l’entourent. Les Etats-Unis (USA) disent, l’Union européenne (UE) dit, la Suisse fait: telle est la politique de soumission de la Suisse.

Malgré les évidences, nos autorités essaient de nous convaincre que la Suisse reste neutre. O douce utopie, qu’une partie de la population avale en niant la vérité. Car oui, les faits démontrent incontestablement le contraire.

Rappelons-nous: en 2022, les USA ont ordonné, l’UE a suivi, la Suisse a sanctionné la Russie. Bien que le Conseil fédéral prétende avoir sanctionné la Russie en parfaite autonomie, en raison de sa violation du droit international à l’encontre de l’Ukraine, ces sanctions ont été prises sous la haute surveillance de la sacro-sainte Washington.

Nos autorités nous démontrent que la Suisse n’est pas neutre

Je ne nie pas que la Russie soit accusée de violer le droit international et qu’un pays neutre a parfaitement le droit, de manière totalement autonome, de sanctionner un pays qui viole le droit international.

Toutefois, un pays neutre, pour le rester, doit tout de même adopter une ligne cohérente en condamnant toutes les violations du droit international ou en n’en condamnant aucune. Or, à ce jour, la Suisse n’a pris aucune sanction contre l’Etat d’Israël, qui est lui aussi accusé de violer le droit international. Cohérence?

En moins d’une décennie, l’actualité et les décisions de nos autorités nous démontrent que la Suisse n’est pas neutre, mais n’est devenue que le paillasson des USA. Il est loin, le temps où la Suisse offrait ses bons offices aux pays en guerre pour négocier la paix.

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Inscrivons la neutralité dans la Constitution et oublions ces dernières décennies d’hypocrisie!
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Rappelons-nous la blague de la Conférence pour la paix au Bürgenstock, à laquelle l’Ukraine a été invitée, sans la Russie… Aujourd’hui, mieux vaut aller négocier la paix au Pakistan, où Islamabad tente actuellement de jouer les médiateurs entre les Etats-Unis et l’Iran…

Le plus intéressant dans tout cela est que les politiques qui vouent une confiance aveugle à ce comportement de soumission adopté par la Suisse mettent en avant le fait que plus on plaît à l’Oncle Sam, plus celui-ci sera enclin à nous retourner ses bons offices.

Que nenni!

Notre Suisse a beau adopter toute la courtoisie possible pour plaire à la Grande Amérique, cette dernière non seulement lui impose des droits de douane élevés, au motif que nos entreprises sont meilleures que les siennes pour vendre chez l’autre, mais augmente encore le prix des avions F-35 que nous avons choisi de lui acheter, de manière unilatérale, bafouant ainsi le contrat initial.

Paix et cohérence

Cela ne signifie pas que la Suisse doit tourner le dos aux Etats-Unis: elle doit simplement les traiter comme un partenaire, et non comme un maître en défendant ses intérêts et son indépendance plutôt qu’en se vouant à un amour à sens unique.

Pour cela, la Suisse doit mettre en avant ses forces et redevenir un Etat véritablement neutre! Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra être respectée par la communauté internationale. Notre Confédération reste l’une des plus grandes places financières mondiales, malgré la fin du secret bancaire imposée par son amour perdu du grand Ouest, car elle demeure synonyme de fiabilité. Pour préserver cette confiance, il est indispensable qu’elle redevienne neutre et cohérente.

Une vraie neutralité nous assurerait paix et cohérence. Une vraie neutralité empêcherait nos citoyens engagés dans notre armée de milice de devoir mourir au bout du monde pour des causes étrangères à la Suisse. Une vraie neutralité permettrait à la Suisse d’offrir ses bons offices et de militer pour la paix dans le monde.

Ainsi, inscrivons la neutralité dans la Constitution et oublions ces dernières décennies d’hypocrisie! Oui à l’initiative sur la neutralité le 27 septembre 2026!

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