Des casseurs qui brisent des vitrines, mettent le feu à des voitures, vandalisent des commerces, sèment la violence et la désolation partout où ils passent. Ils viennent pour casser. Ils n’ont ni scrupules ni état d’âme. Et ils affirment haut et fort qu’ils ne sont coupables de rien. C’est la faute au capitalisme.
Quand des manifestants «joyeux et pacifiques», qui n’ont soi-disant pas remarqué la présence de centaines de black block parmi eux, se font contrôler, ils portent plainte contre la police. Ils dénoncent une répression démesurée des violences policières et une atteinte au droit de manifester. C’est la faute aux policiers.
Ce scénario digne des pires séries s’est passé ce week-end à Genève. Un événement qui n’est pas isolé. En automne, Berne a été le théâtre de violents débordements, lors d’une manif pro-palestinienne non autorisée. Plusieurs policiers ont été blessés, certains grièvement. Le feu a été bouté à un restaurant historique en plein centre-ville, alors que des convives étaient à table. Les dégâts se sont chiffrés par millions.
Cela suffit! Inacceptables, ces comportements irresponsables qui rejettent la faute sur nos forces de l’ordre, qui les discréditent, les dénigrent, les insultent et les menacent, alors que les actes de violence augmentent partout autour de nous.
Loi sur les renseignements adaptée
La Suisse s’est longtemps crue à l’abri des milieux extrémistes. Nous avons eu tort de les sous-estimer. D’autant plus que le contexte géopolitique ainsi que la radicalisation des jeunes – par le biais des réseaux sociaux notamment – accentuent encore les risques.
Les groupes extrémistes violents, quel que soit leur mobile, qu’ils soient de gauche ou de droite, religieux ou non, anti-étatique ou encore en extrémistes du climat doivent être davantage surveillés. Pour éviter des drames. C’est ce que j’ai demandé dans une motion, pour la commission de politique de sécurité du National.
Le Conseil national a suivi. Il a adapté la loi sur les renseignements qui datait d’une autre époque. En effet, la législation actuelle n’autorise une surveillance que s'il existe des infractions de terrorisme, de prolifération des armes nucléaires ou des dangers contre les infrastructures critiques. Pour l’extrémisme violent par contre, notre Service de renseignements n’a accès qu’à des sources qui sont à la disposition du public. Ce qui est largement insuffisant et met en péril notre sécurité intérieure.
Prévenir les débordements
La majorité du National, à l’exception de la gauche et des Verts a donc comblé cette lacune: à l’avenir, l'extrémisme violent pourra être inclus dans le catalogue des menaces pour lesquelles des mesures de renseignement – soumises à autorisation, comme les écoutes téléphoniques – seront permises.
Ce qui permettra de détecter les risques de violences à temps et de prévenir des débordements, ainsi que d'améliorer la poursuite des infractions. Car c’est grâce à l’anonymat que les groupes de casseurs continuent de frapper en toute impunité. Et en toute lâcheté. Il faut encore le feu vert du Conseil des Etats. Et il n’est pas à exclu qu’un référendum soit lancé. Les milieux de gauche vont nous réchauffer l’affaire des fiches. On en est pourtant loin.
Le droit de manifester n’est pas remis en cause. C’est un droit fondamental et il doit le rester. De sérieux garde-fous ont été mis en place pour s’en assurer. Pour préserver l’équilibre entre la protection des droits fondamentaux et la protection contre les menaces, l’élargissement des compétences du Service de renseignement sera accompagné d’un renforcement de la surveillance indépendante. Nous devons combattre la violence sous toutes ses formes. Elle n’a pas sa place dans notre pays.