Verdict de l'audit
Une nouvelle gouvernance pour le Béjart Ballet Lausanne

Le rapport mené sur le Béjart Ballet Lausanne a révélé de «sérieux problèmes». Le Conseil de fondation revoit la gouvernance de la compagnie et crée un poste de directeur général. Gil Roman reste chorégraphe et de directeur de ballet, mais il sera désormais encadré.
Publié: 29.10.2021 à 14:08 heures
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Dernière mise à jour: 29.10.2021 à 17:54 heures
Gil Roman reste de chorégraphe et directeur artistique de la compagnie (archives).

Mis à jour

Le Conseil de fondation a annoncé vendredi une série de mesures pour répondre aux carences relevées dans l'audit. L'objectif est d'arriver à une meilleure distribution des rôles où les responsabilités artistiques et administratives sont mieux délimitées.

Gil Roman, dont les qualités créatives sont reconnues, poursuit sa mission de chorégraphe et directeur de ballet, mais avec un soutien et un encadrement spécifiques. L'audit a révélé des «dysfonctionnements» en matière de ressources humaines et de communication, parlant d'attitudes «inacceptables et vulgaires, parfois impulsives, colériques voire injurieuses».

Pour y remédier, un encadrement «solide» est mis en place. Le directeur artistique travaillera notamment «en collaboration étroite avec un nouveau maître de ballet», indique un communiqué de presse.

Le Conseil de fondation crée en outre un poste de directeur général qui chapeautera l'ensemble de l'institution. Plus un poste de responsable des ressources humaines, lui reportant directement.

Le syndicat suisse romand du spectacle réagit

Le syndicat suisse romand du spectacle (SSRS) salue la reconnaissance des souffrances des personnes qui ont été entendues pendant l'audit du Béjart Ballet Lausanne. "Ce n'était pas un fantasme de la part des personnes qui nous ont contactées", a relevé Anne Papilloud, sa secrétaire générale.

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"Ce qui me semble essentiel, c'est que le Conseil de fondation a eu des mots très forts, puisqu'il reconnaît les dommages et les souffrances que ces comportements inadéquats ont causés", a dit vendredi à Keystone-ATS Anne Papilloud. Car ce qu'il y a de pire dans ces situations, c'est quand les victimes prennent la parole et qu'elles ne sont pas entendues."

Les mots pour qualifier le comportement "inadéquat" du directeur artistique Gil Roman dans le rapport d'audit sont également "assez forts", estime-t-elle. Et les écarts dénoncés vont donner lieu à une redistribution des rôles à l'intérieur de l'organisation.

Le Conseil de fondation fait un "pari", selon elle: "c'est qu'avec une autre structure et un autre encadrement, le BBL peut fonctionner dans de bonnes conditions". Une revalorisation des conditions salariales est également évoquée.

Le SSRS plébiscite encore la nouvelle politique de tolérance zéro par rapport à toute attitude inadéquate, "dégradante, humiliante, harcelante". "Cela nous semble sans doute le plus important. Il faudra bien sûr que cela soit suivi d'effets dans le cas, ce qu'on ne souhaite pas, où il y aurait de nouveaux problèmes."

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(ATS)

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