Plus de 4000 contaminations
Face à la quatrième vague, que pouvons-nous faire?

La vague automnale de Covid tant redoutée par les experts se profile de plus en plus. Mercredi, l'Office fédéral de la santé publique signalait 4150 nouvelles infections. Que peut-on faire pour briser la vague? Blick fait le point sur les solutions possibles.
Publié: 11.11.2021 à 08:12 heures
|
Dernière mise à jour: 11.11.2021 à 17:11 heures
1/8
Porter un masque et maintenir un peu de distance au bureau? Not a big deal.
Sermîn Faki

La situation évolue vite. Mardi encore, les médias se demandaient si le nombre de cas Covid journaliers passerait la barre des 3000, alors que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en signalait 2986.

Mercredi, c’est la barre des 4000 cas qui a été dépassée. La dernière fois que les chiffres étaient aussi élevés, c’était le 5 janvier. «Les chiffres sont inquiétants», a déclaré le président Guy Parmelin lors de la conférence de presse du Conseil fédéral.

Cette forte augmentation n’est pas une surprise si l’on observe les pays environnants ces derniers jours. L’Allemagne a enregistré près de 40’000 nouvelles infections mercredi, plus que jamais auparavant dans cette pandémie. En Autriche, on a recensé 11’300 cas, en France plus de 12’000 mardi.

Contenu tiers
Pour afficher les contenus de prestataires tiers (Twitter, Instagram), vous devez autoriser tous les cookies et le partage de données avec ces prestataires externes.

Le nombre d’admissions à l’hôpital reste stable

La bonne nouvelle est que le nombre de cas graves nécessitant un traitement hospitalier n’augmente pas en Suisse. Mercredi, l’OFSP a signalé 55 hospitalisations, des chiffres assez stables depuis des semaines. Le taux d’occupation des unités de soins intensifs est de 75,9%. Un patient sur cinq souffre du Covid.

Toutefois, la situation pourrait évoluer: les formes graves de la maladie n’apparaissent que quelques jours ou semaines après l’infection. Les unités de soins intensifs autrichiennes pourraient par exemple atteindre la limite critique du système en deux semaines seulement, avertit le ministère de la santé. En Allemagne, les hôpitaux peinent déjà sous cette charge supplémentaire.

«Il est grand temps d’agir»

Le virologue vedette de la région, Christian Drosten, se montre par ailleurs particulièrement alarmiste, évoquant une «situation d’urgence». «Nous sommes dans une situation pire qu’il y a un an», martèle-t-il. Compte tenu du taux de vaccination plutôt faible, il craint même 100’000 décès supplémentaires et déclare: «Il est grand temps d’agir.»

Publicité

La seule question qui se pose est la suivante: agir oui, mais comment? Quelles sont les options qui permettent de tenir à distance la vague montante de l’automne?

  • La vaccination: La vaccination est la solution la plus efficace contre le Covid. Elle permet de se protéger soi-même et renforce l’immunité de masse de la société. À court terme, l’avantage personnel de la vaccination est limité, puisqu’il faut quatre à six semaines pour acquérir une protection en anticorps suffisante. Ceux qui se font piquer aujourd’hui pourraient donc être touchés par la vague qui arrive, mais de manière moindre que les non-vaccinés. En effet, une fois vacciné, la maladie est généralement moins grave et moins contagieuse. Pour éviter de surcharger le système de santé, chaque vaccination est donc utile, même maintenant.
  • La dose de rappel: La semaine prochaine, les cantons commenceront les vaccinations de rappel pour les personnes de plus de 65 ans et celles à risque. La Suisse est ici plutôt prudente. La France a déjà commencé sa campagne et permettra d’ici trois semaines à tous les plus de 50 ans de recevoir une troisième dose, comme l’a déclaré mardi Emmanuel Macron. Les personnes âgées ne recevront un certificat de vaccination que si elles ont reçu le rappel. En Italie, les personnes de plus de 40 ans y auront droit à partir du 1er décembre. Certains scientifiques demandent que l’on ne soit considéré comme pleinement vacciné qu’avec trois doses. Le virologue allemand Christian Drosten cite l’exemple d’Israël, qui a pu réduire considérablement le nombre de cas grâce à la vaccination de rappel étendue, qui permet de réduire la contagiosité du virus. L’OFSP ne veut encore rien savoir à ce sujet. Contacté par Blick, l’office affirme que selon les données actuelles, la vaccination reste très efficace même sans rappel. Par conséquent, le «booster» n’est recommandé que pour les personnes âgées. Toutefois, cela pourrait être ajusté rapidement si nécessaire.
  • La fin de l’accès au Certificat Covid par les tests: En Autriche et dans certains Länder allemands s’applique la règle des 2G. Il est nécessaire d’avoir été vacciné ou guéri pour pouvoir avoir accès aux intérieurs des restaurants, cinémas, etc. En Suisse, cette proposition est encore tabou. Sur le plan épidémiologique, la règle des 2G est parfaitement logique, car les personnes testées négatives au Covid peuvent être infectées par les personnes vaccinées, les deux ayant accès aux mêmes zones en intérieur via le certificat. Mal protégés contre les cas graves de Covid et courant un plus grand risque d’être infectés, ils risquent aussi d’alourdir le système de santé.
  • Un durcissement des mesures: Dans le modèle de phases du Conseil fédéral, un durcissement des mesures n’est prévu que pour les personnes non vaccinées. Mais si le nombre de cas continue d’augmenter et que le système de santé atteint ses limites, un renforcement des mesures pour tous est tout à fait envisageable. Le grand retour du home office? Le Conseil fédéral se gardera d’intervenir trop fortement. Contrairement à d’autres pays, la Suisse s’est toujours concentrée non seulement sur la situation épidémiologique, mais aussi sur les conséquences économiques et sociales des mesures. De nouvelles restrictions drastiques risquent d’être mal accueillies non seulement par l’économie mais aussi par la population. Et d’expérience, on peut douter que les cantons recourent à de telles mesures, même si les unités de soins intensifs sont pleines.
  • La responsabilité individuelle: On sort les grands mots. Les restrictions et la distanciation sociale ralentissent la propagation du virus, comme les périodes de confinement l’ont prouvé. Mais faut-il attendre les indications de la Berne fédérale pour reprendre un peu de distance? Peut-être n’est-il pas si nécessaire d’aller au bar, au ciné ou dans un club tous les week-ends. Et il est possible de porter des masques même où ce n’est pas obligatoire. Il est aussi possible de limiter un peu ses contacts sociaux, professionnels voire familiaux. Tous ceux qui ont un proche vulnérable connaissent déjà cette situation.

(Adaptation par Jocelyn Daloz et Alexandre Cudré)

Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la