Les femmes moins concernées
Le football est un outil d'intégration sociale important en Suisse

Le football apporte une contribution importante à l'intégration sociale des migrants en Suisse, selon une étude. Il offre un accès à des activités sociales et à des réseaux qui dépassent le cadre du club. La situation est toutefois plus difficile pour les femmes.
Publié: 17.08.2022 à 10:30 heures
Les clubs de foot permettent aux joueurs de nouer de multiples relations sociales et d'améliorer leurs connaissances linguistiques (image d'illustration).

L'étude menée par l'Institut des sciences du sport de l'Université de Berne révèle une grande diversité au sein des clubs de football, souligne l'Association suisse de football (ASF) mercredi dans un communiqué: pas moins de 179 nationalités sont représentées dans les quelque 1400 clubs de l'ASF.

Dans l'ensemble, l'étude constate une forte intégration sociale de tous les membres des clubs, et ce indépendamment de la génération de migration. Les footballeurs connaissent les normes et les habitudes centrales dans les clubs et s'identifient à leurs couleurs.

L'enquête souligne que l'intégration sociale des femmes issues de l'immigration est réussie, comme pour l'ensemble des membres des clubs. Cependant, les femmes qui ont elles-mêmes immigré en Suisse trouvent plus rarement le chemin des terrains de foot.

Amélioration des connaissances linguistiques

Selon les chercheurs bernois, «les capacités linguistiques, la biographie individuelle du club et la convivialité au sein des clubs revêtent une grande importance pour l'intégration sociale». C'est précisément dans les équipes que se nouent de multiples relations sociales, qui dépassent souvent le cadre du club en tant que réseau social.

De nombreuses personnes interrogées ont indiqué participer à des événements conviviaux. Des événements d'équipe, des réunions régulières après les entraînements ou une ambiance d'équipe détendue, sont liés à une meilleure intégration sociale de tous les membres.

L'appartenance à un club permet à de nombreuses personnes d'améliorer leurs connaissances linguistiques. La barrière de la langue n'est pas considérée comme un obstacle à la participation aux entraînements. En revanche, elle empêche parfois de participer aux événements conviviaux.

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Les joueurs issus de l'immigration restent par ailleurs moins longtemps membres d'un club et sont plus rarement impliqués dans des fonctions honorifiques. Ils sont en outre plus souvent victimes de discrimination. Un membre immigré sur dix en a fait état dans le cadre de l'étude, selon l'ASF. Ces expériences sont liées à une moins bonne intégration.

Un rôle clé

«Cette étude est la preuve que le football est une clé pour la société et pour une intégration réussie», se félicite le président de l'ASF Dominique Blanc, cité dans le communiqué. Soulignant le rôle central des entraîneurs, l'association entend promouvoir les compétences sociales et interculturelles dans la formation de base des coachs.

L'étude se base sur des données qualitatives et quantitatives, précise l'ASF. Elle tient compte des déclarations des principaux fonctionnaires et des membres des clubs issus ou non de la migration. L'étude quantitative se base sur des enquêtes menées auprès de 42 clubs de football en Suisse alémanique et en Suisse romande, de 145 équipes et de 1839 membres de clubs.

L'étude partielle qualitative se base, elle, sur onze interviews de groupes de discussion avec 22 personnes issues de la migration sur l'intégration sociale dans le club et dans la société. Les chercheurs ont aussi mené 18 études de cas avec 44 interviews d'experts sur l'émergence et la mise en oeuvre d'efforts intégratifs dans les clubs

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(ATS)

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