Paul-Henri Nargeolet s'était exprimé dans une vidéo
Un pilote dans le sous-marin disparu: «Au bout d'un moment, on meurt de froid»

Pour les cinq personnes disparues lors d'une plongée vers l'épave du Titanic, l'espoir s'amenuise. Le capitaine du sous-marin affirmait que le véritable ennemi dans ces profondeurs océaniques, n'est pas forcément le manque d'oxygène, mais le froid.
Publié: 22.06.2023 à 08:58 heures
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Dernière mise à jour: 22.06.2023 à 10:04 heures
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L'explorateur français des profondeurs Paul-Henri Nargeolet est le pilote du sous-marin Titan, qui a disparu lors de la plongée vers le Titanic.
Daniel Kestenholz

L'explorateur français des profondeurs Paul-Henri Nargeolet est un véritable vétéran du Titanic. Au cours de 37 plongées sur l'épave depuis 1987, il a collecté plus de 5000 objets au fond de la mer. Il est fort probable que la plongée qu'il a commencée dimanche soit sa dernière.

Peu après la plongée du sous-marin Titan dans le nord-ouest de l'Atlantique, le contact avec le centre de commande flottant a été rompu. Le Français et ses quatre coéquipiers n'ont, dès lors, pas donné signe de vie. Des recherches importantes sont en cours sur l'eau et dans les airs. L'oxygène du submersible s'épuise.

Mais en cas d'accident, les plongeurs risquent davantage de mourir de froid dans les profondeurs de l'océan que du manque d'oxygène. C'est ce qu'avait dit Paul-Henri Nargeolet lui-même dans une vidéo qui vient de refaire surface. On ne sait pas quand celle-ci a été enregistrée.

«Tu es mort avant de t'en rendre compte»

On peut survivre quatre ou cinq jours au fond de l'océan, explique le pilote. «Mais cela ne t'aide pas beaucoup, car personne ne peut t'aider.» L'oxygène, la nourriture et l'eau suffiraient pour environ cinq jours, mais «nous savons très bien que nous mourrons avant à cause de la température».

Dans de telles profondeurs, le mercure se situe juste au-dessus du point de congélation. «Quand on est dans le sous-marin et que rien ne fonctionne, tout est froid, même la nourriture. Au bout d'un moment, on meurt de froid», détaille encore Paul-Henri Nargeolet sur l'enregistrement vidéo. Ce n'est «pas une mauvaise façon de mourir, rigole le chercheur. Car on s'endort et on ne souffre pas. Mais nous ne pensons jamais que cela pourrait arriver. Cela ne nous vient pas à l'esprit.»

En 2019, le pilote avait tenu des propos similaires, affirmant qu'il n'y aurait probablement pas de secours en cas de problème lors d'une plongée. «Si quelque chose de grave se produit, peu importe que vous soyez à 11 mètres ou à 11 kilomètres de profondeur, avait-il déclaré au quotidien irlandais 'IrishExaminer'. Si vous êtes en eau très profonde, vous êtes mort avant de vous rendre compte que quelque chose se passe, donc ce n'est tout simplement plus un problème.»

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