A l'approche des élections
L'opposition indienne se rassemble

Des chefs de file de l'opposition en Inde se sont rassemblés dimanche avec des milliers de leurs sympathisants dans la capitale New Delhi pour dénoncer l'arrestation d'un de leurs dirigeants, à un peu plus de deux semaines des élections générales.
Publié: 31.03.2024 à 18:15 heures
Des milliers de sympathisants de l'opposition indienne se sont rassemblés dimanche à New Delhi pour dénoncer l'arrestation d'un de leurs dirigeants, Arvind Kejriwal, qui est en détention provisoire dans le cadre d'une enquête pour corruption.

«Il s'agit d'un combat pour sauver l'Inde», a lancé devant la foule Rahul Gandhi, membre du parti du Congrès, principal parti d'opposition et descendant d'une dynastie qui a dominé la politique indienne pendant des décennies.

Sous les yeux de nombreux policiers, nombre de participants brandissaient des affiches d'Arvind Kejriwal, figure de l'opposition en détention provisoire, représenté derrière des barreaux. Ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, est l'un des responsables de la coalition d'opposition indienne, INDIA, formée pour rivaliser avec le Premier ministre Narendra Modi.

Présente au rassemblement, son épouse Sunita, a lu ce qu'elle a présenté comme un message du leader en prison: «Je veux que nous construisions ensemble une nouvelle Inde avec de la justice pour tout le monde».

«Si le BJP (le Bharatiya Janata Party de Narendra Modi, ndlr.) revient au pouvoir, il se débarrassera de la Constitution», a averti Rahul Gandhi, qui a été reconnu coupable de diffamation l'an dernier à la suite d'une plainte déposée par un membre du BJP.

«La démocratie en Inde est menacée»

«Le pays se dirige vers l'autocratie», a de son côté déclaré devant la foule Uddhav Thackeray, chef du parti extrémiste hindou Shiv Sena et ancien ministre en chef de l'Etat du Maharashtra. «Ce gouvernement d'un seul homme mène le pays vers la ruine».

Dans la foule, de nombreux sympathisants du parti de Arvind Kejriwal, l'Aam Aadmi Party (AAP), en brandissait le drapeau et portaient des hauts jaunes à l'effigie de leur leader en prison. «Nous sommes ici pour exprimer notre soutien à Kejriwal, qui est victime d'une conspiration», a déclaré Sandeep Singh, 45 ans, qui est venu en voiture du Pendjab, l'Etat à majorité sikh situé au nord de Delhi et contrôlé par l'AAP.

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Pour S.K. Vidhyarthi, 70 ans, enseignant à la retraite de Delhi et sympathisant du Congrès, «la démocratie en Inde est menacée». «Ce qui est arrivé à Kejriwal aujourd'hui peut nous arriver demain», estime-t-il.

Arvind Kejriwal a été arrêté le 21 mars dans le cadre d'une longue enquête pour corruption. Selon ses partisans, cette procédure vise à écarter les adversaires de Narendra Modi avant les élections générales du mois prochain.

Le plus long scrutin du monde

Le gouvernement de Arvind Kejriwal est accusé d'avoir reçu des pots-de-vin de la part d'entreprises privées contre des licences pour vendre de l'alcool. Arvind Kejriwal, 55 ans, rejette ces allégations.

La principale agence indienne d'enquête sur les malversations financières, qui l'a arrêté, a également ouvert des enquêtes contre au moins quatre autres ministres d'Etat en chef ou des membres de leur famille. Toutes les investigations visent des opposants au parti de Narendra Modi.

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Près d'un milliard d'Indiens sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau parlement à partir du 19 avril, et pour six semaines, le plus long scrutin au monde. De nombreux analystes prédisent une réélection de Narendra Modi, notamment en raison du succès de sa politique nationaliste hindoue auprès de cette majorité religieuse.

Le groupe de réflexion américain sur la démocratie Freedom House a estimé cette année que le BJP avait «de plus en plus instrumentalisé les institutions gouvernementales pour cibler ses opposants politiques».

(ATS)

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