Un risque pour l'humanité?
Les dangers de l'IA ne sont qu'un canular, dit Trump

Donald Trump a qualifié de «canular» les inquiétudes concernant le potentiel destructeur de l'humanité que représente l'intelligence artificielle. Des experts du monde entier réclament des contrôles plus stricts, tandis que la Chine a soulevé des questions de sécurité.
Donald Trump a qualifié lundi de «canular» l'hypothèse selon laquelle l'intelligence artificielle pourrait anéantir l'humanité
Photo: AP

En bref

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  • Donald Trump qualifie les craintes liées à l'IA de «nouvelle supercherie».
  • Il compare les scénarios concernant l'IA au «canular du changement climatique» et à l'enquête russe.
  • Le Conseil de sécurité de l'ONU discutera des risques mondiaux liés à l'IA la semaine prochaine.
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AFP Agence France-Presse

Donald Trump a qualifié lundi de «canular» l'hypothèse selon laquelle l'intelligence artificielle pourrait anéantir l'humanité, alors que les inquiétudes ne cessent de croître dans le monde autour des risques posés par l'essor rapide de cette technologie. De nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours, dont celles de dirigeants du secteur, pour appeler à encadrer le développement de l'IA.

«Je suis le démolisseur de canulars», a affirmé le président américain dans l'un des six posts publiés lundi sur le sujet sur sa plateforme Truth Social. «Je suis en train de casser un autre canular: celui selon lequel l'IA va prendre le pouvoir, dévorer et détruire le monde, et que les robots vont envahir nos villes pour nous éliminer tous!».

Donald Trump a comparé les craintes liées à la prise de contrôle par l'IA aux avertissements sur le changement climatique, qu'il rejette en dépit des preuves scientifiques, ainsi qu'aux enquêtes menées au cours de son premier mandat sur ses liens avec la Russie. «C'est encore plus fou que le CANULAR 'RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE' ou que l'arnaque du réchauffement climatique», a-t-il asséné.

Le président de 80 ans s'est présenté comme la meilleure protection face à l'IA, déclarant que la seule garantie nécessaire est un «PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT (Q.I. élevé!)». Dario Amodei, PDG d'Anthropic, dont la société développe le modèle Claude, a ouvert le débat samedi en appelant les entreprises du secteur à ralentir leur développement pour mieux appréhender les risques découlant des nouvelles capacités de l'IA.

Libérer «la bête»

Il a reçu le soutien de Sam Altman, d'OpenAI, et d'Elon Musk. Microsoft a lui publié lundi un «code de conduite humaniste en matière d'IA». «L'IA ne doit pas échapper au contrôle humain. Les modèles doivent rester subordonnés à l'humanité», peut-on y lire. Plusieurs incidents ont fait craindre récemment que les concepteurs d'agents d'IA ne perdent le contrôle de leur création. Et Donald Trump est confronté à une levée de boucliers des électeurs américains qui s'opposent aux centres de données dédiés à l'IA, très énergivores, devenus un enjeu majeur des élections de mi-mandat prévues début novembre.

«La réalité, c'est que l'IA est là. Nous avons libéré la bête», a déclaré à l'AFP Maliyka Muhammad, une New-Yorkaise de 46 ans. «Nous devons désormais nous concentrer sur les mesures à prendre pour la maîtriser, afin qu'elle ne devienne pas folle». Mais le président américain a déclaré que les Etats-Unis ne pouvaient pas se permettre de perdre la course à l'intelligence artificielle face à leur rivale, la superpuissance chinoise. Le président Xi Jinping se rendra à la Maison Blanche la semaine prochaine.

Inquiétudes de la Chine

Le milliardaire républicain a également dénoncé «une conspiration malsaine» contre l'IA et les centres de données, accusant les opposants d'être des «traîtres». Il s'en est pris de manière particulièrement virulente à Dario Amodei, l'accusant de «faire semblant d'être un 'parfait petit ange'», avant de s'interroger sur les raisons qui poussent certains géants de la tech à réclamer davantage de réglementation, au risque, selon lui, de conduire le secteur «à la disparition et à la faillite».

Il a aussi appelé Google à revenir sur un plan d'investissements de 15 milliards de dollars dans l'IA en Finlande. La Chine s'inquiète aussi de l'impact potentiel de l'intelligence artificielle. Le chef du renseignement chinois Chen Yixin a averti dimanche que l'IA représentait une menace pour la sécurité nationale de son pays, estimant que des puissances étrangères pourraient utiliser cette technologie pour le déstabiliser.

Il a souligné dans un article publié en ligne que l'IA constituait désormais «le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale et une nouvelle piste pour la rivalité stratégique entre grandes puissances». Dans ce contexte, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra la semaine prochaine une réunion consacrée à l'IA, selon une source diplomatique française.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a exhorté lundi à une «action urgente» pour encadrer l'IA, face aux «risques sans précédent» posés par les systèmes les plus avancés. Au Royaume-Uni, le roi Charles III a convoqué un sommet qui doit réunir prochainement en Ecosse des représentants des grandes entreprises d'intelligence artificielle, dont Google DeepMind ou OpenAI.

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