L'ONU a documenté plus de 1000 cas de violences sexuelles depuis le début de la guerre en Ukraine il y a quatre ans. La Russie est responsable de 89% d'entre eux, selon un rapport publié vendredi à Genève. L'armée, le personnel pénitentiaire et les forces de sécurité sont en cause, affirme la mission des droits humains en Ukraine du Haut-Commissariat aux droits de l'homme. Le reste des violations est attribué aux autorités ukrainiennes.
Des centaines de victimes ou de rescapés de ces violences ont été entendus pour ce rapport qui porte du début de la guerre à fin juin dernier. Des documents d'audience ou officiels ont été analysés. «Je suis très alarmé par la prévalence des actes horribles», insiste le haut commissaire Volker Türk.
Le problème est «répandu» et ne s'est pas amélioré avec la poursuite de la guerre, a affirmé à la presse à Genève la cheffe de la mission de l'ONU Danielle Bell depuis la région. Et le nombre est «probablement bien plus élevé» que celui documenté par l'ONU, a-t-elle insisté. Des violations ont été identifiées dans plus de 160 sites de détention. Près des trois quarts des prisonniers ukrainiens de guerre interrogés et la moitié des civils ont affirmé avoir subi plus d'une fois de telles violations.
Demande pour une investigation
La plupart des victimes sont des détenus masculins. Des femmes et des enfants ont été affectés surtout dans les régions annexées par la Russie dans l'Est de l'Ukraine. Les cas vont d'un enfant de 4 ans, une fille, à une femme de 82 ans. Des viols, des viols collectifs, des mutilations, des chocs électriques ou encore des coups ont été observés.
De nombreux hommes ont expliqué avoir reçu des décharges d'appareils datant de l'époque soviétique, les «tapik». Au moins un quart des prisonniers de guerre ou du personnel médical retenu en a été victime au moins une fois. Près de la moitié des actes attribués aux autorités ukrainiennes contre des Russes et des ressortissants de pays tiers portent sur des menaces de violences sexuelles. Le reste est lié à deux tentatives de viols, le même nombre d'agressions sexuelles, des coups et des chocs électriques.
Les violences sexuelles «doivent s'arrêter immédiatement», ajoute le haut commissaire. Même si les violations sont observées dans les deux camps, la prévalence de celles perpétrées par la Russie demande des «étapes concrètes» pour protéger les civils et les prisonniers de guerre contre la torture, dont font partie les violations sexuelles, selon lui. Des investigations rapides doivent être menées, répète-t-il. Les responsables doivent être poursuivis, ajoute aussi le haut commissaire.