Haut lieu culturel de Washington
Interdit d'y apposer son nom, Trump laisse mourir le Kennedy Center

Donald Trump a annoncé que la Kennedy Center avait voté sa fermeture immédiate. Un juge avait interdit peu avant que le nom du président américain soit réinscrit sur ce haut-lieu culturel de Washington.
Donald Trump a annoncé que la Kennedy Center avait voté sa fermeture immédiate.
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AFP Agence France-Presse

Donald Trump a annoncé que le conseil d'administration du Kennedy Center, haut lieu culturel de Washington, avait voté mardi sa fermeture «immédiate», peu après qu'un juge américain a statué que son nom ne pouvait pas y être réinscrit.

Le président américain, qui a avancé des «raisons de sécurité» pour expliquer cette fermeture, a conditionné les travaux de rénovation à une décision de justice favorable en ultime ressort à ce que son nom soit affiché sur le bâtiment. Sans quoi, «la reconstruction et la rénovation du Kennedy Center n'auront pas lieu», a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

Quelques heures plus tôt, à l'issue d'une audience en référé, le juge Christopher Cooper avait statué qu'il était «interdit à la défense d'inscrire 'Rénové et restauré par Donald Trump' sur le bâtiment principal».

«Pour faire simple, la défense ne peut pas installer de référence au président Trump (...) au Kennedy Center sans l'accord du Congrès», avait-il tranché.

Contrôle de Trump pour du «pas woke»

Donald Trump a pris le contrôle du Kennedy Center – baptisé en souvenir de l'ancien président démocrate assassiné John F. Kennedy – peu après son retour à la Maison Blanche en 2025 en plaçant largement des fidèles dans son conseil d'administration, avec la volonté de «le remettre dans le droit chemin» et la promesse d'une programmation «pas woke».

Son nom avait été accolé à celui de JFK sur la façade en décembre dernier. Mais une première décision du juge Cooper fin mai avait ordonné au conseil d'administration du Kennedy Center de retirer toute référence «au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy» sur le bâtiment lui-même, son site internet et ses marques déposées.

Le Kennedy Center avait annoncé en juin s'être exécuté. Son conseil d'administration est toutefois revenu à la charge au cours de l'été avec un nouveau projet visant à rendre hommage, par une inscription sur l'édifice, à l'engagement de Donald Trump pour la rénovation de l'institution culturelle.

Ses membres arguent que, face à l'état précaire des finances du Kennedy Center et de son bâtiment, seul Donald Trump est en mesure de lever des fonds et de mettre sur pied une réhabilitation d'envergure, et qu'à ce titre il est légitime que son nom figure sur la salle de spectacle.

Salle boudée

Le juge Cooper y a de nouveau fait obstacle mardi. Dans sa décision de mai, ce même magistrat avait également suspendu à titre provisoire la fermeture pour deux ans de la salle, considérant que le conseil avait manqué à son «devoir de prudence» en ne tenant pas compte des retombées négatives de cette fermeture.

Il avait néanmoins autorisé la poursuite des travaux de réparation prévus au Kennedy Center, dont «le besoin apparaît criant» et précisé qu'il ne s'opposerait pas à une nouvelle décision de fermeture si elle était prise au terme d'une évaluation plus approfondie.

Depuis qu'elle est passée sous la coupe de Donald Trump, nombre d'artistes – par exemple, la très populaire comédie musicale «Hamilton sur la naissance de la démocratie américaine – boudent la salle de spectacle. Selon la presse américaine, les ventes de billets et les collectes de fonds se sont effondrées.

S'il ne s'est prononcé que sur sa fermeture, le conseil d'administration devait initialement examiner dix propositions visant à faire référence à Donald Trump, allant de variations autour de «rénovation et financement supervisés par le président Donald J. Trump et le fonds Trump Kennedy Center» à «un héritage préservé grâce à la générosité du président Donald J. Trump».

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