Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer, qui s'entretiendra jeudi avec le président français Emmanuel Macron, affirme qu'il souhaite «donner un nouvel élan» à la relation entre le Royaume-Uni et la France, évoquant en particulier la défense et l'immigration dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien Le Monde.
Mercredi, la présidence française avait indiqué que les deux dirigeants auraient un «premier entretien approfondi» en vue d'une «remise à plat» des relations entre les deux pays et plus largement entre Londres et l'Union européenne à l'occasion du sommet de la Communauté politique européenne (CPE) organisé au palais de Blenheim près d'Oxford. Ce sommet regroupe les dirigeants du continent au-delà de l'UE.
«Le président Macron et moi-même nous pencherons sur les questions les plus urgentes auxquelles notre continent et le monde sont confrontés, qu'il s'agisse de la sécurité européenne, de l'urgence d'un cessez-le-feu à Gaza, du changement climatique ou de l'immigration clandestine», écrit le chef du gouvernement travailliste.
Besoin de rassurer ses partenaires
Cette année marque les 120 ans de l'Entente cordiale entre les deux pays, une série d'accords bilatéraux signés le 8 avril 1904 par lesquels la France et le Royaume-Uni règlent un certain nombre de différends coloniaux. «S'il est vrai que nous ne sommes plus liés par l'Union européenne, nous le sommes encore par beaucoup de choses. En tant que partenaires au sein du G7, en tant qu'alliés au sein de l'Otan, en tant que collègues au sein du Conseil de sécurité des Nations unies et en tant que défenseurs de valeurs immuables», souligne-t-il.
Estimant que la France et le Royaume-Uni «sont des piliers en matière de sécurité et de stabilité en Europe», il assure qu'«ensemble, la France et le Royaume-Uni ont la possibilité de rendre le monde plus sûr, plus juste et plus prospère». «Nous continuerons à soutenir l'Ukraine», souligne-t-il. «C'est pour cette raison que nos troupes gardent, côte à côte, le flanc oriental de l'Otan. Et c'est pour cette raison que nous voulons approfondir la coopération entre nos industries de défense».
Le premier ministre britannique évoque aussi sa volonté de s'attaquer au «vil commerce de la traite d'êtres humains», assurant que son gouvernement travaillera avec la France et avec tous ses partenaires européens pour résoudre la crise migratoire, un sujet souvent à controverse côté britannique. Le nouveau gouvernement britannique avait confirmé mercredi, dans le discours du trône lu par le roi Charles III, sa volonté de «redéfinir» les relations entre le Royaume-Uni et ses «partenaires européens», après la phase houleuse du Brexit.