Quatre mois de lutte bureaucratique
Des Britanniques coincés dans les Caraïbes après un accouchement

Un couple voulait mettre au monde leur fille dans les Caraïbes, à 6500 kilomètres de leur domicile en Grande-Bretagne. Leur souhait tant attendu s'est réalisé, mais rien n'aurait pu les préparer à la suite de leur aventure.
1/5
Un couple britannique est bloqué sur l'île caribéenne de Sainte-Lucie. La mère y a mis au monde leur bébé fin mars.
Photo: ActionPress

De nos jours, la naissance d'un enfant peut se faire de multiples façons et est minutieusement planifiée par de nombreux couples. Qu'il s'agisse d'un accouchement à domicile, d'un «hypnobirthing» (de l'autohypnose pour gérer la douleur) ou d'un accouchement à l'hôpital, il existe une infinité de possibilités. Un couple britannique a voulu vivre ce moment marquant sur une plage de rêve des Caraïbes.

Sur l'île de Sainte-Lucie, Iuliia Gurzhii, accompagnée de son mari Clive, a donné naissance à la petite Louisa au large de la baie de Rodney Bay, après avoir perdu les eaux lors d'une promenade en bateau. Comme le rapporte le journal britannique «The Mirror» vendredi, ce qui s'est ensuivi rappelle une véritable odyssée.

Le couple voulait faire enregistrer l'enfant dans un hôpital local afin que les autorités puissent délivrer un acte de naissance. Mais cette démarche s'est avérée difficile. L'hôpital n'a pas voulu fournir de confirmation. Son motif: le bébé était déjà né depuis plus de 24 heures et l'hôpital ne pouvait donc pas confirmer officiellement sa naissance. «Personne ne veut nous aider. Je n'en dors plus la nuit», a déclaré la nouvelle maman au «Mirror».

Ni acte de naissance ni passeport

Les services de l'immigration refusent actuellement de laisser partir l'enfant non enregistré, car, outre l'absence d'acte de naissance, il ne dispose pas non plus de passeport. «Nous commençons à manquer d'argent. Bientôt, nous n'aurons plus rien à manger, poursuit le père désespéré. Nous sommes comme apatrides. Nous sommes prisonniers d'un pays que nous ne pouvons pas quitter.»

Mais ce n'est pas tout. A la maison, en Angleterre, la fille du couple, âgée de huit ans, attend sa petite sœur avec impatience depuis près de quatre mois. La lutte contre la bureaucratie a laissé des traces chez les parents: «Je ne peux pas m'arrêter de pleurer. C'est traumatisant», explique la mère de 38 ans pour décrire cette situation compliquée.

Un test ADN comme lueur d'espoir

Le consulat britannique a conseillé au couple d'effectuer un test ADN afin de prouver que le bébé est bien le leur. Les résultats ne sont pas encore disponibles. L'espoir du couple renait: la confirmation de la parentalité permettrait de délivrer un passeport à la petite Louisa. Cela pourrait être la solution pour que la famille puisse prendre enfin l'avion pour rentrer chez elle.

Le ministère britannique compétent n'a pas souhaité s'exprimer auprès du «Mirror».

Articles les plus lus