Accusé de crimes de guerre
Manifestation géante à Pristina pour la libération de Hashim Thaçi

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Pristina, au Kosovo, pour exiger l'acquittement de l'ancien président Hashim Thaçi et de trois anciens dirigeants de l'UCK. Le verdict sera rendu mercredi à La Haye.
Plusieurs milliers de personnes ont réclamé l'acquittement de l'ex-président Hashim Thaçi pour crimes de guerre
Photo: AP
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AFP Agence France-Presse

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont réclamé samedi à Pristina, la capitale du Kosovo, l'acquittement dans un procès pour crimes de guerre de l'ex-président du pays Hashim Thaçi et trois autres figures de la guérilla kosovare dans les années 1990, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le verdict très attendu dans ce procès de première instance, qui avait commencé en avril 2023, sera énoncé mercredi devant les Chambres spécialisées sur le Kosovo, basées à la Haye (Pays-Bas). Rassemblés sur la place centrale de Pristina, les participants à cette «Marche pour la liberté» ont agité de nombreux drapeaux rouges de l'Armée de libération du Kosovo et ont régulièrement scandé l'acronyme «UCK» de cette ancienne force de rébellion kosovare albanaise.

Des discours ont été prononcés par plusieurs personnes sur une estrade placée au milieu d'immenses portraits de quatre accusés et au pied d'un écran géant affichant depuis plusieurs semaines un compte à rebours jusqu'au jour du verdict. «La libération du Kosovo a été acquise au prix de sacrifices (...) Aucun tribunal ne pourra effacer cette vérité», a lancé depuis la tribune Hysni Gucati, chef de l'association des vétérans kosovars.

Hashim Thaçi, 58 ans, ancien chef politique de l'UCK, était le président du jeune pays au moment de son inculpation en novembre 2020. Il avait alors démissionné et s'était rendu à La Haye où il a été placé en détention. L'accusation a requis une peine de 45 ans de prison contre lui, ainsi que contre trois autres ex-hauts gradés de l'UCK, jugés dans le même procès. Il s'agit du porte-parole de l'UCK, Jakup Krasniqi, du patron du renseignement de la guérilla, Kadri Veseli, ainsi que de son chef des opérations Rexhep Selimi.

«Il y aura des troubles»

Les quatre hommes ont été inculpés d'avoir mené une «entreprise criminelle» d'assassinats, de torture, de persécution et d'avoir détenu illégalement des personnes dans des dizaines de sites au Kosovo et en Albanie, pendant et après le conflit contre les forces serbes (1998-1999). Ils ont plaidé non coupables.

Selon l'acte d'accusation, des membres de l'UCK ont commis des crimes contre des centaines de civils et de non?combattants, des Serbes, des Roms et des Albanais du Kosovo considérés comme des opposants politiques. Environ 13'000 personnes ont été tuées dans ce conflit, dont 11'000 Albanais kosovars, pour la plupart des civils. Cette guerre a pris fin avec une campagne de bombardements de l'Otan emmenée par les Etats-Unis qui a contraint les forces serbes à se retirer du Kosovo.

«Nous attendons pour mercredi la liberté pour les libérateurs. Ce procès était purement politique contre l'UCK. Ils sont tous innocents. J'espère qu'ils seront libérés le plus rapidement possible et qu'ils rentreront dans leur pays en hommes innocents», a dit à l'AFP Limon Dervishaj, 40 ans, arrivé depuis la Suisse pour participer au rassemblement. «S'ils ne sont pas libérés, il y aura des troubles dans tous les espaces albanais (dans les Balkans, ndlr), mais aussi dans la diaspora», a-t-il ajouté, relayant des menaces qui ont circulé ces derniers jours.

Les quatre accusés sont largement considérés au Kosovo comme des héros de guerre, Hashim Thaçi en particulier comme l'une des figures clés de l'indépendance, proclamée en 2008 par l'ancienne province serbe et jamais reconnue par Belgrade. Il était a été le premier chef de gouvernement kosovar après la proclamation d'indépendance (2008-2014), puis son président (2016-2020).

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