En bref
- En Alaska, le sénateur républicain Dan S. Sullivan est menacé par la démocrate Mary Peltola et par la candidature sans étiquette de Daniel J. Sullivan, républicain au nom presque identique
- Donald Trump dénonce une « triche » et son administration a déposé un recours anticipé pour mesurer, en cas de défaite républicaine, l'effet d'une éventuelle confusion entre les deux Sullivan
- Le scrutin se déroule avec un vote préférentiel inédit en Alaska, dans une course susceptible de peser sur la majorité du Sénat, dont les résultats pourraient être retardés par les votes par correspondance
Daniel J. Sullivan s'est-il présenté uniquement pour nuire à Dan S. Sullivan? C'est ce que pense Donald Trump. A moins d'une semaine des «midterms», de nombreux regards se tournent vers l'Alaska, dont le résultat pourrait s'avérer décisif pour le parti qui obtiendra la majorité au Sénat. Dans les sondages, le sénateur actuel, le républicain Dan S. Sullivan, est en moyenne deux points derrière la candidate démocrate Mary Peltola.
Mais le danger ne provient pas que de celle-ci, mais aussi d'un autre républicain: Daniel J. Sullivan. Comme le rapporte CNN, celui-ci avait (largement) perdu la primaire pour l'investiture républicaine pour la course au siège de sénateur. Or, il s'est maintenu comme candidat dans l'élection générale. Sur les bulletins de vote, son nom apparaît sans aucune affiliation de parti. Son homonyme, le sénateur actuel Dan. S. Sullivan, est justement labellisé comme «Républicain - Sortant».
Mais les Républicains craignent que des électeurs peu attentionnés se trompent et choisissent le «faux» Sullivan... offrant sur un plateau la victoire à la démocrate Mary Peltola. Donald Trump a confirmé vendredi que son administration avait déposé un recours anticipé: en cas de défaite du candidat républicain, elle exige que les autorités de l'État de l'Alaska établissent dans quelle mesure la confusion entre les candidats aura influé sur le résultat final. «C'est de la triche», a justifié le président américain.
Nouveau mode de scrutin
«C'est une menace politique méprisable pour renverser une élection», s'est insurgée la candidate démocrate Mary Peltola, une politicienne amérindienne qui s'était illustrée en 2022 en étant élue à la Chambre des représentants en battant Sarah Palin, candidate à la vice-présidence des Etats-Unis en 2008 avec John McCain.
Le siège convoité est détenu par le Républicain Dan S. Sullivan depuis plus de dix ans. Il a été élu en 2014, puis à nouveau en 2020. Cette année, l'élection a lieu selon un nouveau système de scrutin: chaque électeur ne doit pas seulement choisir à qui il donne sa voix, mais aussi qui sont ses deuxième, troisième et quatrième choix parmi les quatre candidats. Un candidat ne gagne au premier tour que s'il obtient plus de 50% des premiers choix. Si tel n'est pas le cas, le candidat arrivé dernier est éliminé et les votes qui se sont portés sur lui sont répartis vers les candidats restants selon l'ordre de préférence des électeurs qui l'avaient choisi.
Délai avant les résultats
Le 3 novembre, la majorité du Sénat, aujourd'hui républicaine, pourrait basculer vers les démocrates. L'Alaska fait partie des Etats que le parti démocrate cherche à faire basculer dans son camp. Le mode de dépouillement de plusieurs Etats, qui acceptent les bulletins par correspondance plusieurs jours après le jour de l'élection, rend peu probable que le résultat final soit connu le soir même.