Dans un livre qui paraît mardi mais qui fait les gros titres depuis plusieurs jours, le frère de la princesse Diana, Charles Spencer, règle ses comptes avec la famille royale britannique, en particulier avec le roi Charles III, près de trente ans après la mort de «Lady Di».
Voici les principales allégations contenues dans «Swan Song: Diana, My Sister» ("Diana, ma soeur: le chant du cygne"), dont des extraits, distillés depuis le 16 septembre par le «Daily Mail», ont donné lieu à un rare démenti du palais de Buckingham.
Lady Di craignait d'être «éliminée»
L'un des passages les plus troublants du livre est la «note Mishcon». L'avocat de Diana Spencer, Lord Mishcon, a consigné, après une conversation avec elle le 30 octobre 1995, que sa cliente craignait des tentatives d'«élimination» avant avril 1996.
Diana redoutait un accident de voiture dans lequel elle pourrait mourir ou être si gravement blessée qu'on la ferait passer pour mentalement instable. Charles Spencer précise toutefois que Mishcon a interprété ses craintes de l'époque comme des signes de paranoïa.
Charles III «jovial» après la mort de Diana
Charles Spencer affirme que l'ex-époux de Diana, alors prince de Galles, semblait «d'une jovialité insouciante», comme s'il «avait gagné au loto», lors d'un échange téléphonique après l'accident qui a coûté la vie à Diana, le 31 août 1997 à Paris. Le décès à 36 ans de la princesse, extrêmement populaire, a suscité une émotion mondiale.
Selon Charles Spencer, l'héritier du trône voyait dans cet évènement l'occasion «d'épouser la femme qu'il aimait», Camilla, aujourd'hui reine.
Du mépris: «Nous l'oublierons bientôt»
Dans un autre passage, il revient sur un différend qu'il a eu avec Charles sur la participation des princes William et Harry à la procession derrière le cercueil de leur mère lors de ses funérailles. Charles Spencer a qualifié d'«absolument inhumain» le fait de laisser les deux jeunes princes marcher publiquement derrière le cercueil de leur mère à travers Londres.
Il a tenté de l'empêcher, en vain. «Diana n'aurait jamais approuvé un acte aussi cruel», écrit-il. Mais le prince héritier Charles le voulait ainsi. Il accuse Charles d'avoir montré du «mépris» envers Diana et d'avoir affirmé qu'elle serait «bientôt oubliée».
Fait rarissime, cette allégation a poussé le palais de Buckingham à réagir pour contester cette version des faits. «La douleur d'un deuil fraternel peut obscurcir la raison, affecter le jugement et altérer les souvenirs», a déclaré un porte-parole de Charles III.
Dans un entretien au «Mail on Sunday», Charles Spencer, 62 ans, a maintenu ses accusations et reproché au roi de mettre en doute son témoignage.
Une remarque, puis la boulimie
Quelques jours après l'annonce de leurs fiançailles, Charles aurait touché la taille de Diana, avant de lâcher: «Oh, un peu dodue par ici, non?» Diana confia plus tard à son frère que sa boulimie avait commencé la semaine suivant les fiançailles.
Charles Spencer établit un lien direct entre cette remarque et la pression constante qu'elle subissait pour son corps, ainsi que son obsession pour son poids. Elle révéla ensuite à son frère que son tour de taille était passé de 73,6 à 60 centimètres entre les fiançailles et le mariage.
«Je ne suis pas vraiment amoureux»
La veille du mariage, Charles aurait confié à sa future épouse que, bien qu'il soit heureux de l'épouser, il n'était «pas vraiment amoureux d'elle». Diana l'a ensuite raconté à une amie proche, comme l'écrit Charles Spencer.
«Mon mari est tombé amoureux de son valet de chambre»
Lorsque Diana confia à son frère son intention de divorcer, elle lui aurait déclaré : « Mon mari est tombé amoureux de son valet de chambre. » Elle ne précisa pas l’identité de cet homme, et Charles Spencer ne chercha pas à en savoir davantage. Il admet avoir, à l’époque, jugé cette affirmation peu vraisemblable.
Pourtant, cette scène compte parmi les révélations les plus intimes du livre. Les experts de la famille royale supposent qu’il s’agit de Michael Fawcett, l’ancien valet de chambre de Charles III.
Les fausses rumeurs sur la nounou
Charles Spencer revient également sur les rumeurs de Martin Bashir autour de la liaison entre Charles III et Tiggy Legge-Bourke, la femme qui s'était occupée de William et Harry durant les fêtes. Le journaliste Martin Bashir avait même prétendu que la nounou était tombée enceinte de Charles et avait été contrainte d'avorter.
Le frère de Lady di qualifie cette histoire de partie intégrante du «gigantesque tissu de mensonges» tissé par le journaliste. Tiggy Legge-Bourke a par la suite reçu des excuses officielles et une importante compensation financière de la part de la BBC.
Elizabeth II irritée après la mort de Lady di
Selon Charles Spencer, la reine Elizabeth II, décédée en 2022, aurait d'abord réagi de manière «irritée» lorsqu'elle a appris l'accident de Diana. La souveraine aurait dit: «Qu'est-ce qu'elle a encore fait?», avant de prendre conscience de la gravité de la situation.
Après le décès de Diana, Elizabeth II aurait proposé de restituer à la princesse son titre d'altesse royale, retiré après son divorce avec le prince Charles en 1996. Une offre refusée par son frère.
A l'époque, la reine avait été critiquée pour sa froideur apparente, en décalage avec l'émotion internationale suscitée par la mort de la princesse.
La princesse dégoûtée de Mohamed al-Fayed
Charles Spencer rapporte dans son livre que Diana «n'aimait pas Mohamed al-Fayed», père de Dodi al-Fayed, son amant décédé avec elle dans l'accident de voiture.
La princesse lui aurait «raconté avec dégoût qu'au début de son idylle avec Dodi, Mohamed s'était approché d'elle, avait laissé traîner la main sur ses fesses et les avait pincées en lui disant d'un ton concupiscent: 'en Egypte, le beau-père a la primeur'».
A noter que l'ex-propriétaire de Harrods, décédé en 2023, est accusé par des dizaines de femmes d'agression sexuelle, de viol et d'exploitation sexuelle.
Le palais contre-attaque
Après sa réaction aux propos visant Charles III, le palais de Buckingham est resté silencieux sur le contenu du livre et les entretiens accordés par Charles Spencer, notamment à la BBC.
Plusieurs médias ont toutefois cité des sources proches du palais qui dénoncent «l'hypocrisie» du frère de Diana, à qui ils reprochent d'exposer l'intimité de sa soeur tout en accusant les tabloïds de l'avoir harcelée de son vivant.
Ancien journaliste, auteur d'ouvrages sur l'histoire du domaine familial d'Althorp où repose Diana, Charles Spencer a jugé qu'il était de son «devoir» de témoin d'écrire ce livre, disant aussi vouloir corriger des «contre-vérités qui se sont imposées au fil du temps».
Parallèle avec Harry et Meghan
Dans un entretien à la BBC diffusé dimanche, Charles Spencer établit un parallèle entre le traitement réservé à Diana par les tabloïds et celui subi ces dernières années par son fils cadet Harry et son épouse Meghan, récemment réinstallés au Royaume-Uni.
Il déplore «une influence délétère» et un «poison», comme il l'avait déjà fait dans son éloge funèbre remarqué aux obsèques de sa soeur. Il dit s'inquiéter pour la sécurité du prince Harry, privé de protection policière depuis sa mise en retrait de la famille royale, alors que les autorités réexaminent actuellement cette question.