Un tribunal spécial pour le Kosovo établi à La Haye a condamné mercredi l'ex-président du Kosovo, Hashim Thaçi, à 25 ans de prison pour des crimes de guerre commis par la guérilla kosovare des années 1990. Le panel de juges internationaux des Chambres spécialisées sur le Kosovo ont notamment reconnu Hashim Thaçi coupable «d'arrestation illégale, de torture, de meurtre et de traitement cruel».
«La Chambre vous condamne à une peine unique de 25 ans d'emprisonnement, sous déduction de la période de détention déjà effectuée", a déclaré le juge président Charles Smith pendant la lecture du verdict. Hashim Thaçi, vêtu d'un costume sombre, d'une chemise blanche et d'une cravate, a écouté impassiblement le verdict.
13'000 victimes
Plus de trois ans après le début de ce procès de première instance, les Chambres spécialisées sur le Kosovo ont déclaré Hashim Thaçi, ancien chef politique de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), coupable de crimes commis par cette guérilla pendant la guerre contre les forces serbes, et immédiatement après ce conflit, en 1998 et 1999. Président du Kosovo au moment de son inculpation en novembre 2020, Hashim Thaçi avait démissionné et s'était rendu à la Haye, où il avait été placé en détention.
L'accusation a évoqué lors du procès des assassinats, tortures, persécutions et détentions illégales de personnes dans des camps au Kosovo et dans le nord de l'Albanie. Ces crimes ont été commis par des membres de l'UCK à l'encontre de centaines de civils, des Serbes, des Roms et des Albanais du Kosovo considérés comme des opposants politiques, selon l'acte d'inculpation.
«Une injustice inacceptable»
Environ 13'000 personnes ont été tuées dans le conflit au Kosovo, dont 11'000 Albanais kosovars, pour la plupart des civils. Cette guerre a pris fin avec une campagne de bombardements de l'Otan qui a contraint les forces serbes à se retirer de ce territoire. Pour la plupart des habitants du Kosovo d'origine albanaise, Hashim Thaçi et l'UCK sont les symboles de la lutte pour l'indépendance de la Serbie.
Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a qualifié mercredi cette condamnation d'«injustice inacceptable». «La condamnation et l'ampleur des peines infligées à quatre anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo représente une injustice inacceptable», a-t-il écrit sur Facebook.