«Fly and vote»
Netanyahu veut bloquer le vote des expatriés israéliens

Le Premier ministre israélien Netanyahu souhaite mettre fin aux initiatives visant à aider les Israéliens vivant à l'étranger à voter aux élections du 27 octobre. Son parti, le Likoud, qualifie des projets comme «Fly and Vote» de «cadeau électoral illégal».
Netanyahu souhaite mettre fin aux initiatives visant à aider les Israéliens vivant à l'étranger à voter le 27 octobre
Photo: EPA
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AFP Agence France-Presse

Le parti du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déposé mercredi un recours devant la commission électorale pour bloquer des initiatives visant à aider les Israéliens expatriés à rentrer voter lors des prochaines législatives, qui s'annoncent serrées.

La loi électorale israélienne ne permet pas aux citoyens résidant en dehors d'Israël de voter à l'étranger, en dehors des personnels consulaires. Le bureau central de la statistique estime à 600'000 le nombre d'Israéliens expatriés.

Des opposants au gouvernement s'efforcent depuis plusieurs semaines d'encourager ces électeurs à rentrer pour voter, certains dans l'espoir de renforcer le camp anti-Netanyahu lors des législatives prévues le 27 octobre. Ces initiatives proposent par exemple des billets d'avion à tarif privilégié, d'accompagner les expatriés dans les démarches administratives pour pouvoir voter ou encore d'organiser leur transfert depuis l'aéroport.

L'avocat Ilan Bombach, qui représente le Likoud de Netanyahu, a déposé mercredi un recours auprès du président de la commission électorale centrale, le juge Noam Solberg, pour exiger l'arrêt de ces pratiques.

«L'authenticité du scrutin»

La requête vise particulièrement une organisation américaine, Aid Coalition, opposée au gouvernement sortant, et qui pilote le projet «Fly and vote» («Prendre l'avion et voter»), ainsi que le parti d'opposition Les Démocrates. Dans son recours consulté par l'AFP, Me Bombach compare ces méthodes à un «pot-de-vin électoral» et estime qu'elles contreviennent à la loi sur le financement des partis. Le Likoud soutient que si ce sont bien les passagers eux-mêmes qui paient leur billet d'avion, le programme «Fly and vote» offre des avantages illicites, comme des tarifs négociés avec les compagnies aériennes au moyen de réservations groupées.

L'organisation Aid coalition n'a pas réagi dans l'immédiat. Fin août, alors que le Likoud l'accusait de porter atteinte à «l'authenticité du scrutin», elle s'était défendue de toute approche «partisane», affirmant proposer une simple assistance logistique et bureaucratique, entièrement aux frais des voyageurs. Pour l'Aid Coalition, «le Likoud cherche à empêcher des citoyens qui sont venus se battre le 7-Octobre, qui paient des impôts et sont impliqués dans la vie de leur patrie d'exercer leur droit de décider de l'avenir de l'Etat».

Michal Dagon, responsable du projet, a récemment affirmé dans une interview au quotidien de gauche Haaretz que plus de 30'000 Israéliens se sont déjà inscrits. L'organisation s'est fixé pour objectif d'aider entre 50'000 et 70'000 électeurs de l'étranger à voter lors du scrutin. Selon les sondages, les élections du 27 octobre s'annoncent serrées entre le bloc emmené par Benjamin Netanyahu et celui de son principal opposant, le centriste Gadi Eisenkot.

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