Israël s'est dit prêt vendredi à poursuivre les frappes contre le Hezbollah après avoir détruit un vaste complexe souterrain utilisé par le mouvement pro-iranien dans le sud du Liban. «Nous sommes prêts à poursuivre la campagne, à continuer de frapper le Hezbollah, y compris dans d'autres lieux», a déclaré le ministre israélien de la Défense Israël Katz dans un communiqué.
Jeudi soir, l'armée israélienne a dynamité des installations souterraines aménagées par le Hezbollah sous la stratégique crête d'Ali Taher, dans la région libanaise de Nabatiyé. L'explosion a été si puissante que l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), référence mondiale dans la détection des séismes, a relevé une secousse de magnitude 4,1. Soit l'équivalent d'un petit tremblement de terre.
Des vidéos diffusées par les autorités israéliennes et sur les réseaux sociaux montrent un mur de feu sortir de terre dans un immense fracas. La crête d'Ali Taher se trouve dans une région du sud du Liban occupée par l'armée israélienne, qui dit vouloir y établir une «zone de sécurité» pour empêcher toute attaque du Hezbollah sur les localités du nord d'Israël, de l'autre côté de la frontière. Après la destruction des tunnels jeudi, «il y a désormais une zone de sécurité solide, plus solide que jamais, qui protège nos communautés», a déclaré Katz vendredi.
«Garder le contrôle»
Cette zone permet aussi à l'armée israélienne de «garder le contrôle et de menacer le Hezbollah en profondeur» en territoire libanais, a ajouté Katz. L'armée israélienne avait annoncé la semaine passée la prise de cette crête d'Ali Taher, située au nord du fleuve Litani, et qui se trouve à la lisière de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban.
Israël affirme que le Hezbollah avait creusé des tunnels dans ce secteur lui permettant de lancer des drones et des missiles contre les positions militaires israéliennes dans le sud du Liban, ainsi que sur le nord d'Israël de l'autre côté de la frontière. Jeudi soir, l'armée israélienne a indiqué avoir cartographié quelque cinq kilomètres de tunnels et de routes aménagés dans cette zone montagneuse.
A l'approche d'élections législatives fin octobre en Israël, la prise de la crête d'Ali Taher est présentée comme une grande victoire stratégique par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui cherche à rebâtir son image de garant de la sécurité d'Israël écornée par les attaques du Hamas le 7 octobre 2023.
Le Hezbollah a entraîné en mars le Liban dans la guerre régionale en solidarité avec l'Iran, mais les violences ont baissé d'intensité depuis l'entente entre l'Iran et les Etats-Unis en juin, parallèlement à un accord entre le Liban et Israël.
Pendant les négociations entre le Liban et Israël, les Etats-Unis, parrains des pourparlers, ont proposé que l'armée libanaise prenne le contrôle de la crête d'Ali Taher, mais le Hezbollah a refusé, avait indiqué à l'AFP une source proche des participants.