«Nouvelle étape majeure»
Cinq ans après l'assassinat du président haïtien, les USA annoncent 18 nouvelles extraditions

Cinq ans après l’assassinat de Jovenel Moïse, 18 suspects, dont un ex-cadre haïtien et 17 Colombiens, ont été extradés vers les Etats-Unis. L’enquête se poursuit, avec 30 inculpations à ce jour.
Jovenel Moïse avait été assassiné par un comando en 2021 (archives).
Photo: Bloomberg via Getty Images
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AFP Agence France-Presse

Dix-huit personnes ont été extradées depuis Haïti vers les Etats-Unis pour leur implication dans l'assassinat en 2021 du président haïtien Jovenel Moïse, a annoncé dimanche le procureur fédéral américain chargé du dossier. «Aujourd'hui marque une nouvelle étape majeure dans notre quête de responsabilité pour l'assassinat du président Jovenel Moïse», a déclaré Jason Reding Quinones, dans une publication sur X.

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«Cinq ans après les faits, nous continuons à traduire les suspects devant la justice américaine, et nous n'avons pas fini», a-t-il également affirmé, ajoutant que 30 suspects ont été inculpés dans cette affaire. Parmi les personnes extradées figure l'un des principaux suspects dans l'enquête, Joseph Félix Badio, ancien cadre haïtien de l'unité de lutte contre la corruption, dépendante du ministère de la Justice, ont indiqué à l'AFP une source gouvernementale et une source policière haïtiennes.

Les autres sont des mercenaires colombiens, selon les mêmes sources. Le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé dimanche suivre «le transfert de 17 citoyens colombiens depuis la République d'Haïti vers les Etats-Unis», précisant ne pas être directement impliqué dans le processus.

Abattu par un comando

Le président Jovenel Moïse, âgé de 53 ans, avait été abattu par un commando armé dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Port-au-Prince sans que ses gardes du corps n'interviennent. Sa mort avait encore aggravé le chaos dans le pays le plus pauvre des Amériques, qui n'a pas connu d'élection depuis 2016 et n'a plus de président depuis cet assassinat.

La police haïtienne avait rapidement arrêté une quarantaine de suspects, dont une vingtaine de mercenaires colombiens. L'enquête a ensuite buté sur les défaillances du système judiciaire local. La justice américaine avait ensuite lancé des poursuites visant 11 personnes accusées d'être mêlées à l'assassinat, au motif que le complot avait été ourdi en Floride.

Déjà plusieurs condamnations

Cinq ont été condamnées aux Etats-Unis à la réclusion criminelle à perpétuité dans ce dossier et quatre autres ont été reconnus coupables en mai d'une série de chefs d'accusation, notamment de complot pour tuer ou enlever le président haïtien. Haïti traverse depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s'est largement détériorée ces dernières années.

Sur environ 11 millions d'habitants, près de 1,5 million sont déplacés dans le pays à cause des violences des gangs, selon une estimation en juin de l'Organisation internationale pour les migrations, soulignant que les attaques ne concernaient pas uniquement la capitale. Le pays doit organiser un premier tour d'élections présidentielle et législatives en décembre 2026 et le second tour en février 2027, selon un calendrier électoral publié fin juillet.

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