«La négrophobie tue»
La France rend hommage aux victimes de l’attentat de Trappes

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundidans différentes villes de France après l’attentat raciste de Trappes. Les participants ont rendu hommage aux victimes et dénoncé la banalisation des discours racistes.
La France a rendu hommage aux victimes de l’attentat de Trappes lundi soir, comme ici à la Place des Droits de l'Homme à Paris.
Photo: Dukas
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AFP Agence France-Presse

Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi soir, notamment à Lyon, Marseille et Paris, en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes (Yvelines) vendredi, ont constaté des journalistes de l’AFP.

«Celui qui tue est responsable de son crime, ceux qui banalisent la haine ne peuvent s’exonérer de la leur. Il faut refuser que la haine devienne une opinion comme une autre», a déclaré le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet (Les Ecologistes), avant une minute de silence.

Le racisme «conduit des Français à se sentir étrangers chez eux. Nous devons lui répondre et répondre à toutes celles et ceux qui vivent avec cette peur: “Vous êtes ici chez vous, votre place dans ce pays ne se discute pas”», a poursuivi Grégory Doucet lors d’un rassemblement devant la mairie.

«L’extrême droite tue»

«Depuis le 23 octobre, cette peur», née après l’attentat du Bataclan, «prend pour moi une dimension plus intime, celle d’être visée parce que je suis noire», a aussi lancé, dans une prise de parole très applaudie, Agnès Maemblé, représentante du mouvement citoyen «Lyon respirable-faisons PACTE», entourée de deux jeunes femmes brandissant deux pancartes «La négrophobie tue». «Siamo tutti antifascisti!» ou «La jeunesse emmerde le Front national», a scandé la foule après ce dernier discours, sous une grande banderole «L’extrême droite tue».

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A Marseille, l’hommage s’est tenu sur le Vieux-Port. «C’est un événement qui nous touche personnellement. En tant que Noirs, en tant qu’Arabes, on se sent complètement concernés, et surtout en tant que Français», explique Awa Kone, mère de famille de 39 ans, venue avec ses enfants.

«On n’en peut plus»

Au micro, quelqu’un crie sous les applaudissements: «L’assassin a été armé par les groupes médiatico-politiques.» «Ce n’est pas possible qu’on continue à avoir des paroles racistes libérées en continu sur les chaînes d’information», reprend Imrane Trocmé, élu local LFI.

Myriam Benahmed, militante antiraciste et décoloniale de 31 ans, rejette la position d’Emmanuel Macron, qui explique que «c’est un tournant et une exception. (...) Ce n’est pas la première fois que ça arrive, et on n’en peut plus».

Avec Raphaël Glucksmann

A Paris, derrière des pancartes clamant «Non à la haine de l’autre, oui à la démocratie», 3000 personnes, selon la préfecture de police, se sont rassemblées dans le nord de la capitale, en présence notamment du candidat social-démocrate à l’élection présidentielle Raphaël Glucksmann et du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

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Membre du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (Raar), Paul Levy, 76 ans, est «là pour dénoncer un assassinat raciste odieux». «C’est très important de se mobiliser, surtout quand l’extrême droite est aux portes du pouvoir», a-t-il affirmé à l’AFP.

«Il faut s’élever contre ça»

«La tragédie de Trappes nous a touchés. C’est violent, ce qu’il s’est passé. On a l’impression qu’avec l’actualité politique, il y a de plus en plus de tensions. Il faut s’élever contre ça, c’est essentiel. Se mobiliser avant que d’autres cas similaires ne se produisent», a estimé Dereck Zaté, 32 ans, assistant administratif.

«Avec les élections, c’est très important de montrer aux personnes racisées qu’on est là et que si l’extrême droite prend le pouvoir, on ne va pas leur faciliter la tâche», a affirmé Kadiatou Coulibaly, conseillère de Paris, adjointe au maire du 18e arrondissement.

Des rassemblements similaires sont organisés dans d’autres villes dans la soirée de lundi. Kévin T., 39 ans, auteur présumé des faits, a tué une personne, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine, et en a blessé cinq autres gravement vendredi dans les Yvelines, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon une source policière.

L’homme suit un traitement médical pour schizophrénie, selon une source proche de l’enquête, et les analyses sanguines ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne, d’après le Parquet national antiterroriste.

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