En bref
- Philippe Brun, député de 34 ans, a été suspendu mercredi du Parti socialiste et exclu de la primaire social-démocrate en raison d'accusations de violence. Il affirme ne pas connaître les faits qui lui sont reprochés.
- Une ancienne collaboratrice l'aurait signalé pour des «faits pouvant être qualifiés pénalement» juste avant la clôture des candidatures. Le parti n'a pas précisé la nature des accusations.
- Le socialiste, qui avait déposé sa candidature avec les parrainages requis, ne figure pas parmi les cinq candidats validés pour la primaire annoncée mercredi.
Philippe Brun a été suspendu mercredi du Parti socialiste et exclu de la primaire social-démocrate «en raison d'accusations de violence», selon un responsable, le député assurant lui qu'il «ignore» ce qui lui est reproché. Le socialiste âgé de 34 ans comptait participer à cette primaire, pour laquelle les candidatures devaient être déposées jusqu'à mardi soir minuit. Mais, Philippe Brun a été suspendu de son parti «en raison d'accusations de violence», a affirmé mercredi Patrick Menucci, qui préside la commission d'organisation de la primaire.
Ce responsable socialiste n'a pas précisé la nature de ces violences supposées, mais indiqué que «le mot sexuel n'a pas été prononcé». Son nom ne figure pas sur la liste des cinq candidats qui ont rempli les conditions fixées pour pouvoir participer à la primaire. Philippe Brun a lui dit avoir appris «avec stupeur» mercredi matin sa «suspension conservatoire du Parti socialiste» et «son interdiction de pouvoir (se) présenter à la primaire».
«Une ancienne collaboratrice que j'ai licenciée pour faute grave aurait saisi hier à 23h50 la direction du parti de faits 'pouvant être qualifiés pénalement'», a-t-il dit dans un communiqué transmis à l'AFP. Le député de l'Eure a assuré qu'il «ignore ce qui (lui) est reproché» et n'a pas été entendu par les commissions du PS.
«Je constate que sur la foi d'un signalement envoyé hier à 23h50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat», a-t-il dit. Une source au sein du PS a indiqué que les accusations concernaient des «faits qui relèveraient du pénal». Le groupe socialiste a par ailleurs été convoqué mercredi à 11H00 pour évoquer la situation de Philippe Brun, selon une autre source.
Une «ligne populaire»
Les règles internes du Parti socialiste prévoient qu'un adhérent peut être suspendu à titre conservatoire «dans l'attente d'une décision de la commission disciplinaire compétente». Philippe Brun, venu de la gauche du parti, affirmait vouloir porter une «ligne populaire» à la présidentielle.
Il avait affirmé mardi matin qu'il avait déposé sa candidature à la primaire et disposait des parrainages requis pour y participer. Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal ont eux rempli les conditions pour participer à la primaire, selon la liste communiquée mercredi par la commission d'organisation.
Le Parti socialiste a invoqué la «défense des droits des femmes» pour justifier la suspension à titre conservatoire de Philippe Brun. «La direction nationale du Parti socialiste a été informée hier soir de faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale concernant le candidat Philippe Brun (...) Le Parti socialiste ne transige ni sur la défense des droits des femmes, ni sur l'exemplarité qui doit être la sienne», a indiqué le PS dans un communiqué, en rappelant qu'il n'entendait pas «se substituer aux instances et juridictions compétentes».