La revue «Front populaire», fondée par l'essayiste Michel Onfray, a été rachetée par Lagardère News, groupe dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré qui regroupe déjà «Le Journal du dimanche» (JDD) et «Le JDNews», selon un document dont l'AFP a eu connaissance mercredi, confirmant une information de «La Lettre».
Lagardère Media News, contrôlé par Louis Hachette Group, dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire, a pris 90% du capital des Editions du Plénïtre, qui éditent «Front populaire» et dont Michel Onfray garde 10%. Le philosophe, qui n'a pu être joint par l'AFP, reste directeur général et directeur de la publication, qu'il avait lancée en 2020 pour rallier à l'époque les souverainistes de tous bords. Sollicité par l'AFP, Lagardère News n'a pas réagi dans l'immédiat.
Promouvoir des idées d'extrême droite
Avant ce rachat, Michel Onfray est devenu une figure des médias dans l'orbite du milliardaire conservateur, avec une émission sur la chaîne CNews et des interventions régulières dans «JDD» et «Le JDNews». Michel Onfray a notamment pris la défense de la chroniqueuse pro-Kremlin de ces médias, Xenia Fedorova, qui a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du territoire par l'Etat français. Elle est accusée d'être «un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes» pour «déstabiliser l'ordre public» en France, ce dont elle se défend.
Vincent Bolloré se revendique «démocrate-chrétien» mais est accusé par ses détracteurs de promouvoir des idées d'extrême droite au sein des médias (CNews, Europe 1, «JDD»...) et des maisons d'édition (Fayard...) dans son giron. Son influence est scrutée de près à l'orée de la campagne présidentielle de 2027. Michel Onfray s'était fait connaître du grand public en fondant en 2002 l'Université populaire de Caen, qu'il a quittée depuis, et avec ses livres de vulgarisation de la philosophie.
Ces dernières années, ses interventions ont régulièrement fait polémique. Fin mars 2026, il s'est défendu d'accusations de racisme après des commentaires parlant notamment de «mâle dominant» pour désigner le maire de La France insoumise (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait appelé les agents municipaux à faire «allégeance» après son élection.