La gauche s'insurge
Le RN propose d'infliger des amendes aux femmes voilées

Marine Le Pen relance l'idée d'un référendum pour interdire le port du voile islamique dans l'espace public en France. La candidate du RN veut pénaliser cette pratique pour lutter contre les idéologies islamistes.
Marine Le Pen, à Oignies, dans le nord de la France, le 8 mai 2026.
Photo: IMAGO/ABACAPRESS

En bref

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  • Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, propose un référendum pour interdire et pénaliser le port du voile islamique dans l’espace public en France. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la lutte contre les «idéologies islamistes».
  • La faisabilité de cette interdiction suscite des doutes en raison de contraintes constitutionnelles et juridiques. Jean-Luc Mélenchon a qualifié la proposition «d'ignoble», tandis qu'Edouard Philippe appelle au respect des lois actuelles sur la laïcité.
  • En cas de victoire en 2027, le RN prévoit deux référendums: l’un sur l’immigration et l’autre sur l’idéologie islamiste. La proposition comprendrait potentiellement des amendes pour les femmes portant le voile, mais son application reste floue.
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AFP Agence France-Presse

Proposition historique de Marine Le Pen, l'interdiction du port du voile islamique en public est remise sur la table par la candidate du Rassemblement national qui promet, si elle accède à l'Elysée, un référendum qui déboucherait sur une sanction pénale.

«Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public», a déclaré lundi soir sur X Marine Le Pen.

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La promesse, dont la faisabilité pose question sans changement constitutionnel, avait été relancée dimanche par l'un de ses proches, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy. «S'il y a des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende», au même titre que «les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité» en voiture, avait-il affirmé sur BFMTV. «Derrière ce symbole, ce n'est pas seulement une liberté vestimentaire, c'est une idéologie qui est contraire à ce que la France a porté depuis des années».

«Il s'agit de libérer les femmes»

La proposition d'interdire le voile dans l'espace public est loin d'être nouvelle pour Marine Le Pen, qui s'y était montrée favorable dès sa première campagne présidentielle en 2012. Elle la soutenait toujours dix ans plus tard lors du débat de l'entre-deux-tours face à Emmanuel Macron. «Il s'agit de libérer les femmes, de faire reculer l'idéologie islamiste», avait-elle assuré.

Son propre camp s'est néanmoins montré assez prudent dans le passé sur l'applicabilité de la mesure, dont la constitutionnalité interroge: «ça ne se fait pas du jour au lendemain», avait estimé le patron du RN Jordan Bardella en 2025, reconnaissant que «l'application est compliquée». Marine Le Pen avait aussi fini par concéder qu'il s'agissait d'un «problème complexe» nécessitant une mise en place progressive.

«Ignoble», dit Mélenchon

Le retour de cette question dans le débat politique intervient alors que la candidate du RN développe ces derniers jours plusieurs marqueurs du lepénisme, tel que la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler très tôt. L'instauration potentielle d'amendes pour les femmes portant le voile islamique en public a en tout cas suscité les critiques du bloc central et de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon a qualifié la proposition «d'ignoble». Ce parti «fait une fois de plus la démonstration qu'il n'a pas changé et déverse ses obsessions sexistes et islamophobes», a écrit sur X le candidat de La France insoumise. Le banquier d'affaires et homme de gauche revendiqué Matthieu Pigasse a lui accusé le RN de créer une «police des religions». «Il y a des réserves évidentes tant sur la constitutionnalité que l'applicabilité d'une telle mesure», a pour sa part dit la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à l'issue du Conseil des ministres à l'Elysée lundi.

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Candidat d'Horizons à la présidentielle, Edouard Philippe a lui appelé à «respecter» les lois actuelles sur l'interdiction du voile à l'école et l'interdiction du voile intégral, estimant que le «principe de liberté religieuse» présent dans la Constitution ne se changeait pas «au fur et à mesure des envies des uns et des autres». Interrogé en début d'après-midi aux abords du siège du RN, Jordan Bardella a réagi avec une certaine prudence. En cas de victoire en 2027, le RN soumettrait plusieurs référendums: le premier sur l'immigration, puis, «au cours du quinquennat, un deuxième sur la question de l'idéologie islamiste», a-t-il déclaré.

Ce second référendum contiendra «beaucoup» de mesures et pas seulement l'interdiction du voile, a-t-il précisé, sans évoquer clairement si cela passerait par l'instauration d'amendes forfaitaires. «Il ne s'agit pas de mettre en place une police du vêtement», a encore affirmé Jordan Bardella, tout en assurant qu'il restait favorable à ce que l'interdiction, actuellement en vigueur, des signes religieux ostensibles à l'école, soit étendue à toute «la sphère publique». Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, avait tenu un discours similaire dans la matinée sur LCI, estimant que «pour freiner l'islam radical, effectivement, nous considérons que les policiers sont le bras de l'Etat».


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