«Islam radical»
Marine Le Pen relaxée pour diffamation envers une femme voilée

Marine Le Pen a été relaxée par le tribunal de Paris le 19 janvier 2026, après avoir été accusée d'injure publique envers une femme voilée associée à l'«islam radical».
Marine Le Pen a été relaxée pour une affaire diffamation envers une femme voilée.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

La cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, a été relaxée mardi par le tribunal correctionnel de Paris, devant lequel une ancienne étudiante l'accusait d'injure publique pour l'avoir associée à l'«islam radical» du temps où elle était voilée.

Marine Le Pen n'était pas présente devant la 17e chambre correctionnelle mardi après-midi car, coïncidence du calendrier judiciaire, démarrait au même moment son interrogatoire devant la cour d'appel sur l'île de la Cité, où elle est à nouveau jugée dans l'affaire des assistants d'eurodéputés FN, un procès dont l'issue sera décisive en vue d'une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027.

L'affaire dans laquelle elle a été relaxée mardi remonte à mars 2019, avant les élections européennes, quand la députée RN a commenté sur le réseau social X la photo d'une ancienne étudiante de l'Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux. Cette dernière, Yasmine Ouirhane, âgée de 30 ans aujourd'hui, avait été désignée «jeune européenne de l'année 2019» par une fondation allemande et s'en était félicitée en postant une photo d'elle en voile jaune, brandissant un drapeau européen.

«Un débat d'idées»

«L'Union européenne assume ses choix. (...) Pour nous, la promotion de l'islam radical c'est NON!!», avait commenté Marine Le Pen, alors présidente du Rassemblement national, en republiant la photo.

Le tribunal correctionnel a relaxé Marine Le Pen des poursuites pour injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion, estimant dans une décision dont l'AFP a eu connaissance que ces termes ne «renvoient pas de manière évidente et objective au jihadisme, au terrorisme ou à des idéologies mortifères, mais uniquement à une pratique rigoriste de cette religion».

«Si une telle pratique fait l'objet de débats dans notre société, associer une personne à la pratique rigoriste d'une religion ne revêt (...) pas un caractère injurieux», a statué le tribunal lors du délibéré en présence de la plaignante, apparue en veste à carreaux et sans voile, qui peut encore faire appel de la décision. Le procureur avait estimé lors de l'audience en novembre que les propos de Marine Le Pen s'inséraient «dans un débat d'idées».

La plaignante a raconté qu'être «comparée à des idées mortifères» a «bouleversé (son) parcours», émaillé de «menaces de mort» depuis cette joute sur le réseau social. Se félicitant de la relaxe, Me Benjamin Gruau, membre de la défense de Marine Le Pen, a tenu à souligner que les deux affaires impliquant la responsable politique n'ont «rien à voir l'une avec l'autre».


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