Déjà sous protection judiciaire
Le maire d'Alès exfiltré de son domicile après des menaces de mort de la DZ Mafia

Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été exfiltré lundi soir après de nouvelles menaces du groupe criminel DZ Mafia. Sous protection policière depuis vendredi, il avait déjà reçu des balles et des graffitis menaçants chez lui.
Un groupe d'intervention du RAID est intervenu au domicile de l'élu. (image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le maire Les Républicains (LR) d'Alès, Christophe Rivenq, sous protection policière depuis vendredi après des menaces du groupe criminel DZ Mafia, a été exfiltré de son domicile lundi soir par le RAID après la remontée d'une nouvelle menace, a-t-on appris mardi de source proche du dossier, confirmant une information du «Parisien». Lundi soir, des mesures de protection renforcées du maire ont été prises, à la suite de menaces réitérées, à la demande de Laurent Nuñez, a indiqué de son côté à l'AFP l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Le maire avait reçu jeudi dans une enveloppe deux balles de calibre 9 mm, signées du groupe criminel marseillais DZ Mafia, et des tags menaçants ont été écrits sur les murs de la clôture de sa maison. Ni le maire d'Alès ni le procureur de la ville du Gard n'ont répondu mardi aux sollicitations de l'AFP. Interrogé par l'AFP sur les intimidations de la semaine dernière, Christophe Rivenq avait confié n'avoir «jamais reçu des menaces de ce niveau». «Cela montre que les actions que nous portons contre la DZ et le trafic de stupéfiants portent leurs fruits», avait estimé le maire, assurant: «je ne me laisserai pas intimider».

Territoire convoité

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué lundi «prendre très au sérieux les menaces visant l'élu», jugeant «très probable» qu'elles émanent effectivement de la DZ Mafia. «Alès, c'est un territoire qui est très convoité» par ce groupe criminel qui contrôle le narcotrafic à Marseille, avait ajouté le ministre sur France Inter. Il avait précisé qu'une protection du maire avait été mise en place, notamment via un bouton d'alerte lui permettant de prévenir les forces de sécurité en cas de besoin.

Depuis l'été 2025, la DZ Mafia a fait irruption à Alès, où elle tente, comme ailleurs, de supplanter les réseaux locaux. Le 3 juin, un jeune de 18 ans a été tué par balle dans le quartier des Prés-Saint-Jean, proche du centre-ville. C'est déjà dans ce quartier que mi-janvier, un homme de 54 ans avait été tué par balles et un trentenaire blessé, près d'un point de deal. Quelques jours plus tôt, quatre jeunes débarqués le jour-même de Seine-Saint-Denis avaient été la cible d'une rafale d'arme automatique dans le même quartier. L'un d'entre eux, âgé de 15 ans, avait reçu une balle dans une jambe.

En octobre 2025, un Alésien de 22 ans avait été abattu sur le parking d'un fast-food à l'entrée de la ville, dans le cadre d'un règlement de comptes. Dans cette affaire, trois hommes, dont un mineur de 16 ans, ont été mis en examen le 10 juillet pour assassinat en bande organisée. Ils «pourraient avoir agi pour le compte de la DZ Mafia», avait déclaré à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le parquet anti-criminalité se saisit de l'enquête

Le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) s'est saisi «des faits commis» à l'encontre du maire Les Républicains (LR) d'Alès Christophe Rivenq, exfiltré de son domicile lundi soir après une nouvelle menace, a indiqué mardi le PNACO à l'AFP.

«Nous nous sommes saisis des faits commis le 16 juillet (tags et cartouches retrouvées) et de l'exfiltration de cette nuit aux fins de protection de cet élu», a précisé le parquet spécialisé. Le maire avait reçu jeudi dans une enveloppe deux balles de calibre 9 mm, signée du groupe criminel marseillais DZ Mafia, et des tags menaçants ont été écrits sur les murs de la clôture de sa maison.

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