Une pétition appelant à «supprimer CNews de l'audiovisuel français» a dépassé le million de signatures dimanche, à deux jours d'un vote de députés sur le classement sans suite ou l'examen de cette demande.
La pétition sur le site de l'Assemblée nationale, qui compare CNews à «une machine de propagande» ou à la chaîne américaine Fox News, a été lancée en juin par un particulier et a décollé après l'attentat raciste de Trappes le 23 octobre, atteignant 500’000 signatures lundi dernier.
Le passage de ce seuil a déclenché une réunion mardi dernier du bureau de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, compétente sur le sujet. Cette dernière se réunira de nouveau, mardi prochain à 13h, pour voter soit sur le classement sans suite de la pétition, soit sur l'organisation d'un débat dans l'hémicycle, conformément au règlement de l'Assemblée.
Des trois pétitions ayant précédemment franchi le seuil requis des 500’000 signatures, seule celle contre la loi Duplomb a débouché sur un débat dans l'hémicycle. A sa clôture, elle avait recueilli plus de deux millions de signatures.
Les deux autres ont été classées: la commission des Lois a écarté en avril une pétition contre la proposition de loi Yadan sur l'antisémitisme, jugeant notamment qu'un débat ferait doublon avec l'examen du texte au Parlement.
Avec ce même argument, les députés ont classé en juillet une autre pétition ayant dépassé les 700’000 signatures, contre une proposition de loi instaurant une présomption d'usage légitime des armes à feu par les forces de l'ordre.
Le syndicat se distancie
Le syndicat Libres de Canal, groupe auquel appartient CNews, a déploré «les dérives» de la chaîne, vendredi dans un communiqué. Conformément à la mission syndicale de défense des salariés, «nous accompagnons et soutenons au quotidien les équipes de CNews», a souligné Libres. Mais «ce soutien aux salariés ne saurait être interprété comme une adhésion aux orientations de la chaîne», a précisé le syndicat.
«La ligne éditoriale actuelle de CNews ne correspond ni aux valeurs que nous défendons, ni à celles que le groupe Canal+ devrait selon nous incarner», a-t-il ajouté, en appelant la direction du groupe à «prendre ses responsabilités».
La chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré est régulièrement accusée de promouvoir les opinions et les thèmes d'extrême droite, ce qu'elle conteste en assurant défendre la liberté d'expression. Elle a été sanctionnée à plusieurs reprises par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), le régulateur de l'audiovisuel.