Une application au nom pour le moins déroutant a récemment fait son apparition en Chine. Intitulée «Are you dead?» («Etes-vous mort?»), elle repose sur un concept aussi simple qu'inquiétant: vérifier que ses utilisateurs sont toujours en vie. En quelques semaines, l’application est devenue virale en Chine comme à l'étranger, révèle la BBC lundi 12 janvier.
Son fonctionnement est on ne peut plus basique. Après le téléchargement, l’utilisateur doit se connecter tous les deux jours et appuyer sur un gros bouton pour confirmer qu'il est vivant. En l’absence de réponse dans le délai imparti, l’application alerte automatiquement la personne de contact d’urgence désignée, l’informant que l’utilisateur pourrait être en danger.
Un essor faramineux
Lancée timidement en mai dernier, l'application a connu un essor fulgurant ces dernières semaines. De nombreux jeunes citadins vivant seuls en Chine l’ont téléchargée en masse, au point de la propulser en tête des applications payantes les plus téléchargées du pays.
Se présentant comme un «compagnon de sécurité», l'application cible avant tout les personnes vivant seules: étudiants éloignés de leur famille, jeunes actifs souvent en déplacement, mais aussi personnes âgées. Elle se veut également un filet de sécurité pour des profils plus vulnérables, comme les personnes souffrant de dépression, en situation de chômage ou d’isolement social.
Buzz à l'international
Selon plusieurs instituts de recherche, la Chine pourrait compter jusqu’à 200 millions de ménages composés d’une seule personne d’ici à 2030, indique le «Global Times», média d'Etat chinois. Une perspective qui alimente les craintes de nombreux utilisateurs: subir un malaise ou un accident à domicile sans que personne ne s’en rende compte, ni ne puisse appeler les secours.
Commercialisée à l’international sous le nom de «Demumu», l'application s'est hissée parmi les applications utilitaires payantes les plus populaires. Elle figure dans les deux premières places aux Etats-Unis, à Singapour et à Hong Kong, et dans le top 4 en Australie et en Espagne. Un succès qui s’expliquerait en grande partie par son adoption par des ressortissants chinois vivant à l’étranger.