Touristes, prenez garde!
Des reptiles géants submergent la ville de Bangkok

A Bangkok, les varans malais occupent parcs, canaux et plusieurs quartiers urbains. Autrefois chassés, ces gros reptiles sont désormais une composante majeure de l'expérience des touristes.
1/2
Autrefois chassé de la capitale thaïlandaise, le varan malais est désormais de retour.
Photo: Shutterstock
DIMITRI_FACE.jpg
Dimitri FaravelJournaliste Blick

Autrefois confiné aux périphéries de la capitale thaïlandaise, une espèce de varan géant a reconquis son territoire. Comme le rapporte la BBC jeudi 22 janvier, il se niche désormais dans les parcs, les canaux et même dans certains quartiers résidentiels ou commerciaux.

Ce conquérant porte un nom: le varan malais. Aussi appelé «dragon noir», il est le troisième plus grand lézard au monde. Les spécimens les plus imposants peuvent mesurer jusqu'à trois mètres de long et peser jusqu'à 60kg. S'il est difficile de déterminer leur nombre exact à Bangkok – les derniers chiffres parlent de milliers d'individus –, on sait en revanche que plus de 400 d'entre eux vivent dans le seul parc Lumphini, l'un des plus grands espaces verts du centre-ville.

D'après Michael Cota, ancien collaborateur du Musée national des sciences de Thaïlande, la population des varans malais est dorénavant plus importante dans les rues de Bangkok que dans l'ensemble de leurs habitats naturels d'origine. En éternel opportuniste, cet animal mange tout ce qu'il trouve – vivant ou mort – et, par chance, Bangkok produit 15'000 à 16'000 tonnes de déchets par jour.

Un saurien dans la maison

Bien que l'impressionnant reptile ait pu effrayer certains touristes, sa présence ne semble pas poser de nuisances majeures à Bangkok. La cohabitation n'est toutefois pas toujours paisible. A la caserne des pompiers de Golden Mount (Montagne dorée), située dans le centre historique de Bangkok, les équipes interviennent jusqu'à quatre fois par jour pour s'occuper de varans malais qui s'aventurent dans les maisons ou sur certains lieux de travail.

L'animal n'est pas venimeux, mais en raison des bactéries présentes dans sa salive, sa morsure peut entraîner des infections graves. Néanmoins, le varan malais n'est pas agressif envers l'homme et préfère fuir si on l'approche de trop près. Il est donc conseillé de garder ses distances et de ne pas le perturber pour éviter tout comportement défensif.

Sale et portant malheur

Pour son plus grand malheur, le varan se traîne une mauvaise réputation en Thaïlande. Dans le folklore, son nom commun, hia, est devenu l'une des insultes les plus graves de la langue, synonyme de saleté et de malchance. En 2016, les autorités thaïlandaises, excédées par la présence de ces sauriens dans le parc Lumphini, ont lancé une grande opération pour les capturer et les expulser définitivement hors de la capitale. En vain.

Aujourd'hui, le blason du varan malais est redoré. TikTok et Instagram regorgent de vidéos de spécimens se promenant dans les rues et les canaux de Bangkok. De nombreux internautes disent les trouver attachants et expriment leur envie de se rendre à Bangkok juste pour pouvoir les observer.

Contenu tiers
Pour afficher les contenus de prestataires tiers (Twitter, Instagram), vous devez autoriser tous les cookies et le partage de données avec ces prestataires externes.

Ce grand reptile fait aujourd'hui partie intégrante du paysage de la capitale thaïlandaise, et sa popularité sur les réseaux sociaux a fini par en faire une véritable icône de la ville. Interrogé par la BBC, le scientifique Michael Cota interprète cette évolution de manière positive. Plutôt que de le chasser sans fin pour recommencer toujours à la case départ, pourquoi ne pas le reconnaître comme un habitant à part entière et apprendre à coexister avec lui, suggère-t-il.

Articles les plus lus