Donald Trump avait bien tort
Une nouvelle étude le prouve: le paracétamol n'est pas risqué pour les femmes enceintes

Donald Trump avait affirmé que la prise de paracétamol durant la grossesse provoquait une hausse des cas d'autisme. Une nouvelle étude vient de clairement démentir ces déclarations, permettant de rassurer les femmes enceintes.
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Une méta-analyse regroupant 43 études chez les femmes enceintes le prouve: aucun lien n'existe entre paracétamol et le risque de TCA.
Photo: Shutterstock
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Donald Trump avait tort. Et c'est une robuste étude, publiée le 16 janvier dans la revue «The Lancet», qui le prouve, une bonne fois pour toutes: la prise de paracétamol durant la grossesse n'a aucune incidence sur l'augmentation des cas d'autisme. 

La recherche, menée en réaction aux déclarations du président américain, souligne clairement que les femmes devraient se sentir «rassurées» si elles ont pris ou prennent ce type d'antidouleur en étant enceintes. 

Pour rappel, Donald Trump avait décrété, fin septembre 2025, que la prise de paracétamol augmentait drastiquement le risque d'autisme chez les enfants et que les femmes devraient «se battre bec et ongle» pour l'éviter. Ces paroles, bien qu'immédiatement contestées par les organismes de santé internationaux, avaient tout de même créé une vague d'inquiétude et de culpabilité chez des milliers de mamans. Les médecins, croulant sous les appels affolés de leurs patientes, n'avaient cesse de répéter qu'aucune preuve scientifique de ce risque n'avait été démontrée. Mais l'angoisse avait malheureusement subsisté. 

«Le message est clair»

Afin de mettre un terme à ces craintes et clore le débat, une équipe de professionnels issus de l'Université de Londres s'est donc penchée sur un corpus de 43 prestigieuses études sur la question. 

Ils se sont focalisés, en priorité, sur les recherches comparant plusieurs grossesses vécues par une même femme, afin d'éliminer un maximum de biais. Résultat: que la mère ait pris du paracétamol ou non, durant l'une ou l'autre de ses grossesses, les risques étaient identiques pour chacun de ses enfants, dont le parcours a également été observé durant plusieurs années. 

En bref, le nombre impressionnant de cas analysés par les chercheurs, qui ont compilé les données de centaines de milliers de femmes, permet aux scientifiques d'affirmer avec certitude qu'aucun lien ne peut être établi entre le paracétamol et le risque d'autisme. 

«Quand nous avons réalisé cette analyse, nous n'avons trouvé aucun lien, ni aucune association, confirme la professeure en obstétrique Asma Khalil, l'une des responsables de la recherche, auprès de la BBC. Il n'existe aucune preuve que le paracétamol augmente les risques d'autisme. Le message est clair: ce médicament reste une option sûre durant la grossesse, lorsqu'il est utilisé de manière appropriée, selon les conseils d'un médecin.» 

Les autres antidouleurs sont plus risqués

Une autre raison qui rendait la réalisation de cette étude d'autant plus importante: le paracétamol est souvent plus sûr pour les femmes enceintes que d'autres anti-douleurs, comme les antalgiques et antipyrétiques. Ainsi, les déclarations de Trump risquaient d'encourager les femmes à se tourner vers des options plus risquées pour elles, dans un effort affolé d'éviter le paracétamol. 

«C'est très important, sachant que le paracétamol est le premier médicament recommandé pour les femmes enceintes souffrant de douleurs ou de fièvre, ajoute la professeure Asma Khalil, toujours selon la BBC. En effet, en s'empêchant de prendre des antidouleurs lorsqu'elles sont fiévreuses ou malades, les femmes enceintes sont susceptibles d'augmenter le risque de naissance prématurée ou de problèmes développementaux chez le nouveau-né. 

D'où vient l'augmentation des cas d'autisme?

Reste que l'augmentation des cas de trouble du spectre autistique (TSA) est bien réelle. En 2022, le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) soulignait qu'un enfant sur 33 était concerné, contre seulement un enfant sur 36 en 2020. 

Or, ainsi que nous l'expliquait la professeure Nadia Chabane, cheffe du Service des troubles du spectre de l’autisme et apparentés (STSA) du Département de psychiatrie du CHUV, dans un précédent article, cette hausse peut être largement expliquée par une grande amélioration dans les techniques de diagnostic. Des cas qui seraient facilement passés inaperçus auparavant sont donc mieux identifiés et pris en compte. 

Un facteur génétique, l'âge des parents, la pollution, les PFAS, les pesticides ou les perturbateurs endocriniens peuvent également jouer un rôle, bien que la question soit infiniment complexe et difficile à étudier. Vous trouverez davantage d'informations dans notre article complet, consacré à cette question

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